MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz
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lundi 29 juillet 2013

P. 252. "Le Grand' Tour" se balance des frontières entre le documentaire et la fiction...


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Site du film ? Cliquer : ICI.

Synopsis


- "Un week-end du mois d’août, une fanfare amateur emmenée par son Président s'est donné rendez-vous sur la place d’un petit village ardennais. Ils sont 10 hommes de la quarantaine, 10 amis. Ils ont décidé de se rendre au «carnaval du monde» de Stavelot qui n’a lieu qu’une fois tous les dix ans. Une belle occasion de sortir le drapeau en somme. Une marche de 4 jours à travers bois, à la boussole, sac au dos et instruments en bandoulière, en rang par trois derrière leur étendard.
Initialement, le projet de randonnée ne comportait qu'une seule étape, mais l’ivresse est trop forte et trop belle et les 10 camarades décident de la prolonger, parcourant des centaines de kilomètres et traversant toutes les fêtes, des joyeuses et des plus glauques.
Néanmoins, au fil des semaines le groupe se disloque dans cette interminable marche. Un climat différent s'installe, moins festif, plus profond. Les excès font place à l'eau et au pain sec. L'insouciance à la conscientisation.
Au début du printemps, ils ne sont plus que trois sur les routes et le président, qui semble ailleurs, n’a visiblement pas l’intention de s’arrêter…"

Le réalisateur, Jérôme le Maire


- "Quarante ans…
Ce sentiment d’avoir déjà bouclé un premier « tour de piste », d’être à un tournant, je le partage avec les gars du Grand’Tour.
Il y a trois ans, Vincent Solheid m’a proposé de le filmer, lui, et sa fanfare bidon : la « Prînten ». Fanfare d’amour et d’amitié comme le dit fièrement sa bannière. Cette bande de Valeureux voulait partir, sortir, dormir dans les bois, marcher à travers champs. Boire, chanter. Peut-être rentrer, peut-être mourir mais avant tout se sentir vivant. Alors, j’ai attrapé ma caméra et je les ai suivis sans me poser de question.
Ce long-métrage est né de cette simple invitation et de ce geste spontané pour déboucher sur un projet de vie fou, démesuré. Un road-movie intérieur, un film organique ou plus simplement un Grand'Tour...
Je ne sais toujours pas si on est plus sage à quarante ans."
(La Parti Production).

La Libre Belgique


- "Un faux docu façon "Strip Tease", comme on en voit beaucoup tournés "près de chez vous", mais inspiré et bourré de moments de grâce. Un de ces films "ovni" dont le cinéma belge a le secret, porté par une poignée de comédiens amateurs, mais vrais amis (et vrais musicos amateurs)."
(26 septembre 2012).


Halte en forêt ardennaise de la Fanfare Royale du Printemps (bannière en Wallon).

Sébastien Chapuys

- "Le Grand’Tour est un film étonnant, dont les détours inattendus entre documentaire et fiction, farce et drame, empêchent toute lecture univoque (…).
Documentaire et fiction se retrouvent inextricablement entremêlés jusqu’à ce que les auteurs eux-mêmes ne semblent plus en mesure de les distinguer l’un de l’autre. Le Grand’Tour est une sorte de jeu de rôle grandeur nature dans lequel se perdent les participants. Totalement impliqués dans le projet, ils créent l’histoire au fur et à mesure qu’elle se déroule, jusqu’à ce que leur imagination ait entièrement remodelé leur réalité.
La frontière entre le vrai et le faux s’en retrouve brouillée, incertaine, et cette ambiguïté produit des effets d’une grande richesse."
(Critikat.com, 4 juillet 2013).

Fanny Deschamps

- "Un petit tour et puis s’en vont, les quarantenaires débraillés, assoiffés de liberté, avinés de fanfare et de rires. Un petit tour et puis s’en vont les hommes, quittant ville, travail, femme et enfants, pour devenir mercenaires de l’abandon, étendards du dérisoire. Non, la fête ne s’arrêtera pas. Ils vont la boire jusqu’à la lie. Ils marcheront, résisteront. De leurs obligations, de leurs attributs, ils se délesteront. Ils avaient rendez-vous avec le carnaval du monde, et c’est avec eux-mêmes démasqués qu’ils se retrouvent. Ici, réside le grand tour illusionniste du film, glissant incidemment du documentaire potache vers la fiction dont la puissance désespérée évoque La Grande bouffe de Ferreri, l’union subversive du baroque et de la télé réalité."
(ACID).

Quentin Chirol


- "Bien amené par des interviews des différents protagonistes venant couper le récit, on suit avec attention l’effet du « Grand’Tour » sur chacun. Que ce soit une prise de conscience, un changement de vie ou alors simplement des bons souvenirs. On est alors touché par la vérité qui se dégage et on devient une partie de ce groupe de joyeux lurons. Cette liberté qui ressort du voyage et les aventures qui en découlent viennent alors s’inscrire dans nos cerveaux comme des souvenirs nous étant propres. Au final, on regarde ce film comme on regarderait un film de vacances.
Et puis, la deuxième partie arrive, avec son côté plus introspectif grâce à ce personnage de Vincent, centre du groupe, qui s’étiole petit à petit. Les gros bourrus deviennent alors plus poétiques et commencent à parler de la vie. Car, au final, c’est le sujet principal de ce film, la vie. « Le Grand’ Tour » a donc su capter l’humain autant dans ses excès que dans ses silences, sans fioritures ni artifices de quelques sortes..."
(Abus de Ciné.com, 16 juillet 2013).


Le Grand' Tour passe par... quarante brouillards.

Bruno Icher


- "Bivouac. Road et buddy-movie alcoolisé et déjanté dans une Belgique carnavalesque.
Toute l’astuce du premier long métrage réalisé par Jérôme Le Maire repose sur une navigation dans les eaux troubles du faux documentaire et de la fiction bricolée à partir de vidéos amateur. Le prétexte de cette affaire se présente sous forme d’une dizaine de quadragénaires solidement déjantés, dont l’essentiel des loisirs consiste à se déguiser en diables rouges, avec costumes grotesques et instruments à percussions, pour participer aux innombrables carnavals et fêtes de village que compte la Belgique, leur pays natal."
(Libération, 23 juillet 2013).

Sur la route du cinéma

- "Le voyage qui ne devait durer que quatre jours s’est finalement prolongé sur plusieurs mois. L’aventure festive très singulière s’est transformée en une histoire humaine unique, d’amitié, d’amour, d’intenses et profondes réflexions sur soi et sa place dans le monde. Le délire initial se charge peu à peu de mélancolie voire de métaphysique. Commencé dans le bruit et la fureur des instruments à percussion, copieusement arrosé de bière dès le réveil, rehaussé de toutes sortes de substances qui se fument et se sniffent, la folle équipée un peu sauvage évolue vers une forme de quête du silence. Le film qui offre mille occasions de hurler de rire avance peu à peu vers une mélancolie inattendue et finit par serrer le cœur."
(31 janvier 2012).

Jacques Mandelbaum


- "Une simple partie de campagne se transforme ainsi insensiblement en Graal métaphysique, le défi étant de voir combien de temps le groupe va tenir sur cette trajectoire enfumée et funambulesque avant de craquer, de se disloquer collectivement, et de revenir tout simplement au bercail. Une sorte de Délivrance burlesque, sauce wallonne. Tout cela filmé sur le vif, mais aussi dans l'après-coup, chacun des participants de l'aventure revenant a posteriori sur son expérience. Le caractère assez primitif du programme, la narration très démembrée et lacunaire plongent le spectateur dans l'incertitude profonde de ce qui appartient ici au spontané du documentaire ou à la concertation de la fiction. Mais la question se révèle rapidement hors sujet : il est clair que le vrai sujet du film est celui de l'utopie et qu'il en offre une perspective assez actuelle."
(Le Monde, 23 juillet 2013).




Beatrice Moreno


- "Ce film est un ovni qui semble trouver son inspiration dans des œuvres telles que « Les Idiots » de Lars von Trier ou « C’est arrivé près de chez vous » de Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde… Sans doute un style qui n’a pas fini de faire des petits…
En définitive, même sans être sous l’emprise d’une substance illicite, on sort de la salle partagé entre l’envie de tenir des propos du plus grand sérieux et celle de réprimer un immense fou rire.
Mener le spectateur à l’incohérence du ressenti à ce point, le mener littéralement « en bateau » avec une telle force de persuasion, là est la prouesse. Pour parvenir à ce ressenti, le meilleur moyen reste de se laisser faire docilement par l’aspect documentaire de ce « funny trip »."
(Rue 89, 24 juillet 2013).


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lundi 21 janvier 2013

P. 217. "Les pâtissières" de J-M Piemme


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Les pâtissières.
Auteur : Jean-Marie Piemme.
Metteur(s) en scène : Nabil El Azan assisté de Théo Zachmann.
Production Co-Réalisation : Les Déchargeurs / Compagnie La Barraca, théâtre monde.
La compagnie La Barraca est conventionnée DRAC Ile de France. Le spectacle bénéficie du soutien de l'Adami et de la copie privée. En partenariat avec le Figaroscope.
Les Déchargeurs, salle Vicky Messica du 08 janvier 2013 au 02 mars 2013 à 19h30.
Lumières : Philippe Lacombe.
Durée : 1h25.
Avec : Chantal Deruaz, Christine Guerdon, Christine Murillo.
Scénographe(s) : Sophie Jacob.
Costumier : Daniéle Rozier.


Nabil El Azan, metteur en scène

- "Comme chez Tchekhov, comme chez Beckett, le temps est à l’œuvre dans Les Pâtissières. Le temps qui passe, le temps suspendu du rêve, et tous ces temps qui changent… Si bien que le discours des personnages s’en trouve modelé, malaxé, détourné, jusqu’au brouillage parfois ! Malin en effet qui puisse affirmer à quel moment exact de leur vie de retraitées ces pâtissières en sont quand elles parlent. Mais on n’est pas chez Tchekhov, ici ; encore moins chez Beckett. Avec un cadavre dans le placard et une enquête policière en cours, faut regarder plutôt du côté de chez Capra, de chez Audiard pourquoi pas, ou encore, en poussant un peu loin la fantaisie (comme j’ai envie de le faire), de chez Tim Burton.
De trompe-l’œil en faux-semblants, de simulacres en jeux de piste, la pièce avance pourtant sur des réalités familières, douloureuses même, de la vie. Ce qui me séduit particulièrement dans cette comédie grinçante c’est que les choses ne sont tout à fait pas ce qu’on croit qu’elles sont. On est bien au théâtre, au fond, avec ces Pâtissières-là. Vu sous cet angle, l’espace de la pièce, cette terrasse d’une maison de retraite où Mina, Flo et Lili « papotent », ne serait alors qu’un immense dispositif de jeu. Jeu de rôles, de miroir en abîme, jeu de massacre. Alors jouer, avec les deux Christine et la Chantal, on ne va pas se priver."

Francis Dubois

- "La première qualité de ces " Pâtissières" c’est le texte de Jean-Marie Piemme dont la structure échappe à la chronologie des événements et le ton entre la comédie, le drame en demi-teinte, la nostalgie sans excès et l’histoire policière.
Le récit jongle avec le temps, avec les époques et avec les différents genres pour le plus grand bonheur du spectateur qui s’y perd, mais s’y retrouve toujours et subit le charme d’une interprétation de haut niveau, solide et malicieuse, parfois farceuse, toujours jubilatoire."
(SNES-edu).

Gilles Costaz


- "Le dialogue semble quotidien, pas littéraire pour un sou et cache longtemps sa nature : est-ce de la rigolade ou une cuisson haut de gamme à plusieurs saveurs ? C’est tout l’art de Jean-Marie Piemme – le plus grand auteur du théâtre belge aujourd’hui – de bricoler le langage pour qu’il ait l’air de la parole gouailleuse en allant, en réalité, beaucoup plus loin que les bons mots chers aux dialoguistes de cinéma. L’air de rien, il saisit trois destins et, sans nostalgie, toute une société qui implose à travers ses trois personnages."
(Webthea).

Armelle Heliot

- "Aux Déchargeurs, viennent de débuter les représentations d'une comédie cocasse, féroce, malicieuse.
Cette création, modeste dans ses moyens financiers, mais d'une perfection formidable, bénéficie de la qualité d'une équipe remarquable.
On ne vous racontera pas l'argument d'une manière trop précise : disons qu'il y a trois soeurs, les Pâtissières. Elles avaient hérité l'affaire et l'art de petits gâteaux de leur père. Elles ont bien tenu la maison, mais voici qu'elles doivent vendre...Elles ont l'âge d'une sage retraite. Mais...
Chut ! Il y a dans ce thriller domestique, un vrai suspens...Un suspens pour rire, car l'essentiel est donné d'entrée...mais raison de plus pour ne pas en dire trop...
Jean-Marie Piemme a un excellent sens du théâtre et sa comédie est très bien construite. Ici, le plus, c'est une mise en scène précise, ludique, intelligente, tout en finesse de Nabil El Azan. Il a ici déployé un art fluide et précis, tout en détails subtils."
(Le Figaro, 11 janvier 2013).

Sylviane Bernard-Gresh

- "Le texte de Jean-Marie Piemme, sous des dehors pas très sérieux, porte un regard caustique sur notre époque. Christine Murillo est Mina, la généreuse ; Christine Guerdon, Flo, l'emmerdeuse, et Chantal Déruaz est Lili, l'enfant gâtée. Les trois comédiennes sont délicieuses, complices, drôles, acides et très bien dirigées par Nabil El-Azan."
(Télérama).


Jean-Marie Piemme,
Les Pâtissières,
Lansman Editeur, Carnières-Morlanwez, 2013, 48 p., 10 Euros.


915e ouvrage publié chez Lansman Editeur.
199e de la collection "Théâtre à Vif".

Prix des Metteurs en scène étrangers 2011-2012 décerné par le Centre des Ecritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles.

Synopsis

- "Confrontées à des revers financiers qui les poussent à cesser leur commerce ancestral, les pâtissières - trois soeurs âgées de 60 à 70 ans - veulent entrer droites et fières dans l'éternité..."

Extraits

- "Flo : Dieu dit "l'Europe a fait son temps, c'est une volaille, je la coince entre mes genoux, je lui plume le cul". Comment être encore la reine de la basse-cour quand on a le cul plumé ? Sur ce, la pendule a sonné onze heures et j'ai pensé : la pendule aussi, il faudra la vendre."
(P. 12).

- "Flo : Je suis moche, ce matin. Mon visage est une vieille boîte en carton, les bords en sont déchirés, quelques papiers y traînent, je ne sais pas à qui ils appartiennent, le fond est humide et pour tout dire quasi percé. J'ai encore mille choses à y déposer, mais tout s'effondrera bientôt."
(P. 24).

- "Flo : On vit dans une société sale.
Mina : Pourquoi dis-tu ça ?
Flo : Perce que seule la cruauté a de l'avenir."
(P. 26).

- "Flo : Les caresses des êtres qu'on aime sont parfois douloureuses, elles pèsent sur votre peau comme une prison."
(P. 28).

- "Lili : Celle ou celui qui se résigne s'inflige une mort avant la mort."
(P. 31).

- "Flo : Les souvenirs sont plus vivants que les décombres."
(P. 44).

- "Mina : Dans cent ans, ici quelque chose enchantera les gens. Quoi ? Nous ne savons pas. Ils capteront des vibrations anciennes (...). Leur curiosité sera infinie. Ils nous imagineront. Ils nous seront reconnaissants d'avoir été là. Ils comprendront ce que nous avons voulu être. Ils diront que nous sommes une partie d'eux-mêmes enfouie dans le temps. Et dans l'éclat des yeux qui se souviennent, nous n'aurons jamais été aussi vivantes..."
(P. 46).


Simiane-la-Rotonde (Ph. JEA/DR).

La couverture de ces "pâtissières" chez Lansman Editeur, vous aura peut-être donné une vague impression de déjà vu. Et pour cause, l'illustration fut publiée sur la page 80 de ce blog (le 13 octobre 2011), page rassemblant quelques "Enseignes" rurales de France.
Loin de participer aux festins auxquels s'invitent les requins chagrins qui plagient à tort et à travers les blogs, l'éditeur espéra que cette photo pourrait lui être offerte pour la présente édition. Aussitôt demandé, aussitôt fait.

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jeudi 1 novembre 2012

P. 194. "Ein deutsches Requiem" de Johannes Brahms : Malonne, les 17 et 18 novembre


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Brahms et la partition de son Requiem (Mont. JEA/DR).

Edith Weber

- "Johannes Brahms, musicien protestant, allie, dans le contexte du 19e siècle, tradition et modernité. Il apparaît aussi comme un humaniste tendant vers l’universalité, comme un croyant libéral à la recherche d’intériorité, enfin comme un penseur qui a réussi à faire passer son message spirituel. Ses œuvres traduisent les drames de l’existence, la résignation, mais aussi la consolation et l’espérance. Il est un romantique d’inspiration évangélique et selon la formule de Matthias Claudius, l’auteur bien connu des chorals, il symbolise « la réconciliation de l’ordre savant et de la spontanéité populaire. »"
(Professeur émérite à la Sorbonne).

Ein deutsches Requiem

- "En 1863, le compositeur espérait être nommé à la direction de la Société Philharmonique de Hambourg, sa ville natale, mais il n’obtint pas le poste. La mère de Brahms meurt en février 1865. Plusieurs relations amoureuses avec des jeunes filles sont vouées à l’échec. Toutes ces déceptions et ces deuils intimes vécus durant cette période ont affecté son moral. Il vient de s’installer à Vienne et trouve le moment propice à reprendre son projet d’un Requiem dont il avait déjà écrit quelques mouvements.
Ce ne sera pas un Requiem liturgique, composé à partir des chants en latin de la messe des défunts, mais un Requiem composé à partir des saintes Écritures, notamment de la traduction en allemand de la Bible. Les six mouvements alors existants furent joués à la cathédrale de Brême pour le Vendredi Saint 1868 avec Brahms en chef d’orchestre et Julius Stockhausen en soliste baryton. Le septième fut créé à Leipzig le 18 février 1869 par Carl Reinecke et l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig."
(Centre Polyphonique du Pays de Gex).

Gil Pressnitzer

- "Brahms n'a rien à voir avec cette Mort Baroque et superbe contre laquelle lutte l'homme dans sa terreur sacrée du jugement. La mort ne vient pas, elle est déjà là, tapie en nous, c'est elle qui « ose soudain rire en nous quand nous nous croyons au milieu de la vie » ( Rilke).
Dans cette conception, il n'y a pas de combat, de fuite dans l'amour - et Brahms n'était pas porté vers l'amour mais vers la charité -, aussi la mort devient quasiment douce et fraternelle et l'angoisse ne peut se résoudre que dans une sorte de consolation maternelle comme une voix de soprano séchant toutes les larmes et apaisant l'enfant affolé que nous ne cessons d'être."
(Esprits Nomades).


Ein deutsches Requiem, Un requiem allemand, Op. 45 de Johannes Brahms, composé de 1865 à 1868.

Invitation pour le samedi 17 novembre à 20h
et le dimanche 18 novembre à 17h
en la Chapelle de l'Abbaye Saint-Berthuin à Malonne


Interprétation : Orchestre Aria
et les Compagnons du Champeau

Présentation des Compagnons du Champeau


- "Empruntant son nom à une confrérie musicale du Moyen-Age ayant effectivement existé à Namur et rappelant une section de la colline sur laquelle se dresse la Citadelle, le chœur "Les Compagnons du Champeau" fut fondé en 1959 par Emmanuel Poiré, fondateur également du Centre de Chant Choral de la Communauté Française de Belgique.

Il s’est produit depuis de nombreuses années, à l’étranger (France, Espagne, Luxembourg) lors de manifestations comme Europa Cantat, Europalia España, les Rencontres Internationales de Chorales francophones, … mais principalement dans sa ville natale, Namur, en la magnifique église Saint-Loup.

Depuis 1989, le chœur est dirigé par Bernard Coulon.

Sous sa direction, il a produit de nombreux concerts, avec orchestre et solistes, mais également a capella.

La liste détaillée de tous les concerts produits depuis 1989 est reprise sur son site.

En mai 2009, le choeur "Les Compagnons du Champeau" a fêté son cinquantième anniversaire, recevant ainsi l'appellation "choeur royal".
A cette occasion, le programme fut à la hauteur des festivités avec des œuvres de Schütz, Monteverdi, Haendel et Bach, dont le Dixit Dominus de Haendel et le Magnificat de JS BACH.

Le chœur « Les Compagnons du Champeau » est actuellement composé d'une cinquantaine de choristes, tous plus motivés les uns que les autres à participer aux répétitions hebdomadaires et à produire des concerts visant sans cesse à une qualité plus grande."


Les versions de Bernard Haiting et de Philippe Herreweghe (Mont. JEA/DR).

Essai de traduction du livret original


I
Bienheureux ceux qui souffrent car ils seront consolés (Matthieu, V, 4)
Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie.
Ils s'en vont en pleurant et emportent la noble semence.
Ils s'en retournent dans la joie et rapportent les gerbes de leur moisson.
(Psaume CXXVI, 5, 6)

II
Car toute chair est comme l'herbe,
et toute la gloire de l'homme est comme la fleur de l'herbe,
L'herbe sèche et la fleur tombe.
(I Pierre I, 24)

Prenez donc patience, mes chers frères, jusqu'à l'avènement du Seigneur.
Voyez, un laboureur attend le précieux fruit de la terre
et prend patience jusqu'à ce qu'il reçoive la pluie du matin et la pluie du soir.
(Jacques, V, 7)

Mais la parole du Seigneur demeure éternellement.
(I Pierre 1 25)

Ceux que l'Éternel aura rachetés reviendront à Sion
avec des chants de triomphe.
Une joie éternelle sera sur leur tête : joie et allégresse s'empareront d'eux; douleur et gémissements devront s'enfuir.
(Isaie XXXV,10)

III

Seigneur, fais-moi savoir que mon existence doit avoir une fin,
que ma vie a un terme et que je dois partir d'ici-bas.
Vois, mes jours sont de la largeur d'une main face à toi,
et ma vie est devant toi comme un rien.
Ah, tous les hommes, pourtant si sûrs d'eux, ne sont que néant.
Ils marchent comme des ombres et s'agitent en vain ;
ils amassent des biens et ne savent pas qui les recueillera.
Seigneur, que dois-je attendre ?
Mon espérance est en toi.
(Psaume XXXIX 5, 6, 7, 8)

Les âmes justes sont dans la main de Dieu,
et nul tourment ne les atteint.
(Livre de la Sagesse III, 1)

IV
Que tes demeures sont aimables, Seigneur des armées !
Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur;
mon corps et mon âme se réjouissent dans le Dieu vivant.
Heureux ceux qui habitent dans ta maison !
Ils te louent sans cesse.
(Psaume LXXXIV, 2, 3, 5)

V
Vous êtes maintenant dans la tristesse,
mais je vous reverrai et votre coeur se réjouira
et personne ne vous ravira votre joie.
(Jean XVI, 22)

Voyez : pendant peu de temps la peine et le travail ont été mon lot,
et j'ai trouvé une grande consolation.
(Ecclésiastique LI, 35)

Je vous consolerai comme une mère console son enfant.
(Isaïe LXVI, 13)

VI
Car ici-bas nous n'avons pas de cité permanente,
mais nous cherchons celle qui est à venir.
(Hébreux, XIII, 14)

Voyez, je vous dis un mystère :
nous ne mourrons pas tous,
mais nous serons tous changés,
en un moment,
en un clin d'oeil,
au son de la dernière trompette.
Car la trompette sonnera et
les morts ressusciteront incorruptibles
et nous serons changés.
Alors cette parole de l'Écriture sera accomplie :
« La mort est engloutie dans la victoire ».
0 mort ! Où est ton aiguillon?
0 enfer ! Où est ta victoire?
(I Corinthiens XV, 51 à 55)

Seigneur, tu es digne de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance
car tu as créé toutes choses,
et c'est par toi qu'elles ont été créées.
(Apocalypse, IV, II)

VII
Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur!
Oui, dit l'Esprit, ils se reposent de leurs travaux
car leurs œuvres les suivent.
(Apocalypse, XIV, 13).



Version du New Philarmonia Orchestra dirigé par Lorin Maazel.

NB : Dédicataire de cette page, Albert Macours grâce à qui Latin et Grec ne sont des langues mortes que pour les fossoyeurs de l'humanisme...


lundi 27 août 2012

P. 176. (Im) - Mobile home, le film

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Site du film ? Cliquer : ICI.

Synopsis

- "Simon a quitté son travail et son amie en ville pour rentrer dans son village natal où vivent ses parents retraités. Il y retrouve Julien, son copain d'enfance, lequel vit avec son père qui se relève d'une grave maladie.
Un soir, sur un coup de tête, ces deux trentenaires décident de réaliser un rêve d'adolescence : partir à l'aventure sur les routes. Ils achètent un camping-car, et se lancent dans leur projet avec enthousiasme, mais une panne les retarde. Qu'à cela ne tienne, ils commenceront leur voyage... sur place.
Cette première étape qui s'éternise, les petits boulots qu'ils doivent trouver pour survivre et les rencontres qui s'ensuivent leur ouvrent d'autres perspectives sur leurs désirs réels et sur cet avenir qu'ils ont, un peu vite, rêvé..."

François Pirot

- "Mobile Home pose la question du choix. Une interrogation, qui, à un certain moment de la vie, est inévitable et un peu angoissante quand, justement, on refuse d’avoir à choisir. À un certain âge, il devient nécessaire de se positionner, donc de faire certains choix, si on veut avancer plus loin et se donner la chance de construire quelque chose. Bien sûr, cela est angoissant, parce que le cadre qui définit notre vie se précise, et se réduit. Simon, angoissé à l’idée de se positionner, préfère «ouvrir toutes les portes» à nouveau. Dans le film, on découvre les deux personnages principaux, Simon et Julien, à ce moment charnière de leur vie, dans cet entre-deux où tout peut basculer. Ils préfèrent, dans un mouvement assez régressif, s’accrocher tant qu’ils peuvent aux dernières branches de l’enfance.

AFP

- "Simon et Julien font le voyage dans leur tête, dès qu'ils décident de partir", a indiqué pour sa part Arthur Dupont. La grande complicité des deux acteurs dans le film s'explique par le fait qu'ils sont aussi copains dans la vie. "On se connaissait déjà avant, et on a découvert avoir été sélectionnés tous les deux par le casting", a ajouté Arthur Dupont."
(4 août 2012).

Hugues Dayez

- "Une comédie pleine d'auto-dérision et légèrement désenchantée….un road movie totalement immobile. Extrêmement casse-gueule mais c'est écrit avec tellement de tendresse et tellement de justesse, c'est admirablement joué par deux comédiens, français, Arthur Dupont et Guillaume Gouix, mais malgré tout on a le sentiment d'être pleinement dans un film belge parce que j'y vois une allégorie de beaucoup de jeunes artistes en Belgique : qu'est-ce que je vais faire? Est-ce qu'on reste? Est-ce qu'on s'accroche à ses racines ou on ose la grande aventure, on ose partir, on ose s'exporter, quitte à y perdre complément son âme et se diluer comme ça dans un voyage vers un but incertain. Donc c'est très très profond et en même temps c'est souvent très drôle. C'est très très juste. C'est une très jolie découverte. Je suis tout à fait réjoui de pouvoir dire tout mon enthousiasme pour ce film. Retenez ce titre et retenez le nom du réalisateur parce que c'est une très belle entrée dans le cinéma…"
(RTBF).


"Simon et Julien font leur voyage dans leur tête..."

Waltraud Verlaguet

- "Un road movie sans road. Ou plutôt une route qui se limite aux détours et retours entre départs manqués et départs différés. Aucun drame n'entrave la vie des deux jeunes anti-héros, Julien, le tendre, et Simon au désarroi fanfaron, parfaite illustration d'une génération qui a du mal à trouver sa place dans la vie, emmêlée dans des bouts de rêves non assumés et des attentes.
Julien, par amour pour son père et celui, naissant, pour Valérie, finit par rester. Simon, trop abîmé par la succession de frustrations, finit quand-même par partir, le mobile home rempli de toutes ses affaires que son ex lui a collées devant la maison de ses parents - à l'image de tout ce qui encombre sa vie et qu'il n'arrive pas à ranger. Mais le jour se lève sur sa route."
(Pro-Fil).

Jean-Pierre Ricard

- « La sortie d’un film est parfois trompeuse et même cruelle. C’est fragile. Il y a la réalité du marché. Il est important que le nombre de spectateurs soit suffisant dès le premier jour », confie le cinéaste.
La plupart des séquences de Mobile Home ont été tournées dans la province du Luxembourg, mais aussi dans les Ardennes à la frontière luxembourgeoise et allemande.
« J’ai voulu raconter une histoire de jeunes gens issus de la classe moyenne. Ils approchent la trentaine et leur vieux rêve se réalise : partir en camping-car à l’aventure », explique François Pirot. Guillaume Gouix et Arthur Dupont, qui sont amis à la ville, campent deux personnages immatures, Julien et Simon. Ils ont du mal à couper les ponts avec leurs parents. Les situations sont cocasses, franches, limpides et tendres. Le jeu de rôle sonne juste chez ces jeunes acteurs, vrais espoirs du cinéma. Arthur Dupont a déjà été nominé.
Mobile Home apporte un bain de jouvence à des situations que le spectateur a pu lui-même connaître."
(Le Républicain Lorrain, 25 août 2012).

Phil Siné

- "François Pirot filme ses personnages avec une belle affection : s’il se moque parfois un peu d’eux et de leurs airs d’« adolescents » incapables de s’inscrire dans l’âge adulte, il les accompagne avec beaucoup de respect et surtout une grande humanité… Guillaume Gouix et Arthur Dupont forment un duo d’acteurs très réussi et très attachant dans ces rôles de paumés qui ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent, souvent hésitants ou ridicules dans leurs choix, toujours furieusement proches de nous… Comment s’inscrire dans le monde ? Faut-il renoncer à ses rêves ? Au gré de diverses rencontres et de situations insolites, les projets de Simon et Julien ne vont finalement jamais aller dans la direction qu’ils pensaient… Si Simon reste persuadé que sa liberté passera par la fuite de ce qui l’entoure (et l’enchaîne ?) ici, Julien finira au contraire par se rendre compte que son désir de partir l’amène à redécouvrir un bonheur qui se trouvait peut-être sur place… Les deux amis seraient-ils finalement en train de grandir pour se rendre compte qu’ils ne sont peut-être plus tout à fait les mêmes et qu’ils doivent du coup faire des choix différents en se séparant ?"
(La cinémathèque de Phil Siné, 16 juillet 2012).


Les trois personnages principaux : Simon, Julien et le mobile homme...

Nicolas Crousse


- "Avec Mobile home, François Pirot ne rate pas son entrée dans le cinéma. On lui devait deux ou trois courts-métrages, quelques scénarios (Nue propriété, Elève libre). Le voilà désormais dans la cour des grands.

Mobile home repose sur une jolie idée. On peut dire que c'est un road-movie immobile, dans la mesure où il raconte l'histoire de deux jeunes hommes (excellents Arthur Dupont et Guillaume Gouix), adolescents attardés peinant à quitter leur cocon familial mais qui s'y résolvent malgré tout un jour et qui achètent un camping-car sur un coup de tête, en estimant que la vraie vie est ailleurs, et certainement pas dans ce trou ardennais où ils se meurent d'ennui. Le problème, quand on vise une destination lointaine pleine de promesses, ce n'est pas le voyage en soi. Pas même la destination. Non : c'est qu'il faut tout simplement partir, claquer la porte ou embrasser ses parents... qu'importe, mais partir ! Et c'est là que ça va se corser, pour ces Tanguy losers rêvant d'aventures "into the wild", alors qu'ils ne sont pas foutus de couper le cordon avec Papa-Maman. Ce premier long est un mélange assez réussi de tendresse, d'humour et de cruauté."
(Le Soir, 22 août 2012).

Dimitra Bouras

- "Dans le titre du film tout est dit; le personnage principal étant un mobile home, un lieu de séjour itinérant. Les habitants ? Deux trentenaires qui, voyant les années s’écouler à grande vitesse, décident de rattraper leurs rêves d’adolescents, quand ils passaient des nuits blanches à noircir du papier gras et remplir des casiers de vidanges de bière, de chanter et de gratter les cordes de la guitare. A l’âge tendre de la peau délicate et du regard toujours clair, le sac à dos et la tente étaient presque superflus à la panoplie du globe-trotteur. Une dizaine d’années plus tard, on pense à préserver ses os et ses muscles et on opte pour la couche d’un matelas plutôt que celle des herbes folles. Et si l’option toit, douche, cuisine, etc. est fournie avec, pourquoi pas ?"
(La Libre Belgique, 14 août 2012).

CinéFemme

- "Chouette surprise par le regard attachant et tendre qu’il pose sur ses personnages un peu paumés, un peu déjantés, « Mobile home » séduit par la belle lumière qui l’habite.
Cette lumière qui non seulement donne aux paysages wallons une beauté magique et inspirante - la référence à Bouli Lanners est incontournable - mais encore procure au spectateur un inattendu apaisement.
Parce qu’il intuitionne que les problèmes rencontrés par le duo en goguette, leurs parents et leurs amours même s’ils sont graves - la maladie, le vieillissement, la peur de la solitude, la difficulté à trouver sa place dans le monde des adultes - trouveront une résolution.
Actionnée par un sentiment que le cinéma ne privilégie que trop rarement : l’affection.
Cette affection qui sans effets de manches et paroles mielleuses permet de se comprendre et de s’aider.
Avec délicatesse, générosité (métaphorisée par le recours généralisé aux plans larges) et sensibilité. Toutes les trois déclinées sur un mode léger, parfois burlesque, dont l’intention de fraternité bienveillante dérape souvent vers un décalé involontaire qui surgit, tel un sourire inattendu, des situations les plus banales."

Cyrille Falisse

- "Alors que l'on comprend que Simon et Julien ne partiront jamais, on s'attache instantanément à cette justesse de ton dans l'analyse des rapports sociaux et familiaux. Il y a une belle mélancolie qui s'échappe du film notamment à travers l'angulaire relation entre Julien et son père tout juste remis d'une grave maladie. La relation d'inter-dépendance qu'ils nouent entre eux est excessivement touchante et pourtant Pirot ne joue jamais la corde du pathos. C'est un écueil qu'il évite avec intelligence. La relation d'amitié qui unit les deux garçons est aussi intéressante sur la nécessité de la contradiction silencieuse pour se fixer des objectifs dans la vie."
(lepasseurcritique, 21 août 2012).



Autres films à l'affiche du ciné rural de ce blog ? Cliquer : ICI.

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lundi 13 août 2012

P. 172. Un bia bouquet de dix gaillardes pour Christian Delwiche

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Six pages de ce blog ont été rédigées et illustrées par des invité(e)s :

- "Imaginez un pays", la Belgique de Jean-Charles Verlinden, P. 18
- "Haïkus du bord de mer" et de Danièle Duteil, P. 26
- "Li Bia Bouquet" de Christian Delwiche, P. 40
- "Julos Beaucarne" sur l'île aux trésors de Colo, P. 90
- "Cette si petite surface du globe" d'Isabelle C..., p. 105
- "La Mère Castor peint-et-rature", p. 159.

En introduction à la P. 40 du 2 juin 2011, ces quelques mots présentaient la capitale de la Wallonie devenue petit oiseau sortant de l'appareil photo de Christian Delwiche :

- "Depuis 2002, il arpente Namur
en long, en large, en marge,
à pied, à cheval sur les lignes blanches, en voiture électrique, en Namourette (1),
prenant des airs de rien et de beaucoup
en vrai lumeçon (2), en authentique sosson (3)
en Namurois, quoi...
chaque semaine, son site met en vitrine un nouvel album de près de 80 photos et l'on se bouscule, venu parfois de très très loin, pour ne pas laisser se perdre ces moments de rêver encore, de peaufiner ses nostalgies, de rire avec les trognes du coin, de revenir sur ses propres pas, de repartir vers d'autres lendemains qui chantonneront en Wallon..."

Ce 15 août 2012, Christian Delwiche, fête les dix ans de son "Bia Bouquet" (4). Soit près de 29.000 photos sur un seul sujet polymorphe : Namur. La ville et ses passants se révèlent, semaine après semaine, des phénix renaissant des cendres de nos souvenirs. Et le photographe, un artiste dont on ne sait jamais par quelle grâce il va sortir de son chapeau des moments magiques...

Rendez-vous est dont donné ce 15 août à 15h15, à l'ombre de la Maison de la Culture de Namur, à quelques pas de la Porte de Sambre et Meuse (5), sur un espace de verdure entre pierres et rivière. Non pour une cérémonie avec un pesant concours de discours. Mais d'abord pour un rendez-vous de copines et de copains rassemblés comme un Bia Bouquet de dix gaillardes (6) offertes à Christian Delwiche (dont voici quelques clichés récents publiés grâce à sa générosité).


(Ph. C. Delwiche).
Namur : bien plus que des décors pour cartes postales. La Sambre depuis la Citadelle.



(Ph. C. Delwiche).
Les Namurois et leur humour teinté d'auto-dérision et accessible aux lents et même très lents d'esprit (7).



(Ph. C. Delwiche).
Histoires namuroises. 1660 : l'école dominicale pour les pauvres, 20 rue Rupplémont (8).



(Ph. C. Delwiche).
Namur insolite pour des piétons pas pressés...



(Ph. C. Delwiche).
Les Namurois et leur sens de la fête. Ici une enseigne de croustillons (9).



(Ph. C. Delwiche).
Namur et ses rêveries qui ne trompent pas l'oeil...



(Ph. C. Drelwiche).
Namur qui refait le monde...



(Ph. C. Delwiche).
Départ en musique, depuis le Marché aux Légumes, pour aller rejoindre le 15 à 15h15, la bande sons et lumières des sossons de C. Delwiche.



(Ph. C. Delwiche).
Que vous veniez à pied, à cheval, si possible pas en voiture, mais pourquoi pas en Namourette ?



Message de Christian Delwiche...


NOTES

(1) Navette fluviale. Elle flotte les mois d'été sur la Sambre aussi bien que sur la Meuse. Une manière originale d'échapper aux embouteillages et autres problèmes insolubles de parking.

(2) Une limace. En Wallon, un escargot se dit : "caracole". Allusion à la lenteur proverbiale des Namurois.

(3) Un ami, un compère, un joyeux compagnon.

(4) "Li Bia Bouquet : Le Beau Bouquet". Chanson composée par Nicolas Bosret en 1856. Notamment air des Fêtes de Wallonie, à Namur. A la fin des années 1950, il était toujours obligatoire de l'apprendre dans l'enseignement secondaire.
Refrain :
- "C’èst d’mwin li djoû di m’ mariadje,
Aprèstez, aprèstez tos vos bouquèts.
Nos lès mètrans au cwârsadje
Dès bauchèles di nosse banquèt.
Mins c’èst l’ mène li pus djolîye
Ossi vraîmint dji m’ rafîye
Di lî doner li bouquèt.
Elle aurè li bia bouquèt."

(5) Erigée en 1728, cette porte monumentale est l'oeuvre de Denis Georges Bayar (1690-1774), architecte et sculpteur namurois.

(6) La Gaillardia grandiflora rappelle les couleurs du drapeau wallon : un coq rouge sur fond jaune or.

(7) Place de la Bourse à Namur. Djoseph et Francwès sont deux personnages sortis de l'imagination de Jean Legrand et qui symbolisent à eux deux les spécificités des Namurois.

(8) L'Ecole des Pauvres, propriété de l'abbaye de Floreffe, fut louée à la Ville de Namur. Puis au XIXe, les Jésuites y donnèrent des cours de catéchisme. Leur succédèrent des instituteurs laïcs pour les enfants du quartier. Puis les Frères des Écoles chrétiennes y enseignèrent à leur tour. Jusqu'au mayorat de Louis Namèche (1977-1982) sous lequel elle devint une école communale.
L'ASBL «Escholle Dominicale pour les Pauvres», à caractère social, anime ce bâtiment historique depuis janvier 2008.

(9) Recette de croustillons (beignets) : Battre des œufs et du sucre, ajouter du lait, de la farine et de la levure. Chauffer une friteuse à 180°c. A l'aide de deux cuillères à café, façonner de petites boules de pâte à confier à la friteuse. Les laisser dorer en les retournant. Les boules ne doivent être ni trop mollassonnes ni trop costaudes. Les égoutter sur du papier absorbant et les servir saupoudrées de sucre glace. Les croustillons peuvent être parfumés avec de la cannelle, de la vanille, de la fleur d'orange etc...


(Ph. C. Delwiche).
Lieu de rendez-vous pour la fête à Christian Delwiche, le 15 août.


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mercredi 7 mars 2012

P. 124 bis. Chanson des allumeurs de réverbères à Namur (1889)

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A peine les réverbères s'allumèrent-ils sur la page 124, que mon ami Christophe ajoutait un son, lui aussi nostalgique, aux lumières.  Sous la forme de cette Chanson (forcément en Wallon) des allumeurs de lampes à Namur, Chanson composée pour célébrer le premier jour de l'an 1889 :


(Doc. CdB/DR).

REFRAIN :

Les allumeurs
Sont des gens bienheureux
Vous les voyez joyeux
Vivre en frères
Le coeur content
Ils viennent de temps en temps
Vous faire des compliments
A leur manière...


dimanche 1 janvier 2012

P. 103. Bons vents pour 2012...

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Paul Austin-Grenier :

- "Travestir le temps qui passe et qui nous reste hostile, pour soi-même demeurer et, par la minuscule faille dans l'écorce des jours, dérober un brin de folie pour enfin respirer un air de liberté, voilà bien le seul programme digne de tenir l'affiche une vie durant, non ?"


(Ph. JEA/DR).


Et pour toutes celles et ceux qui n'ont pu abandonner dans les consignes de 2011 
leurs encombrants bagages marqués d'une croix rouge
et franchir les bras légers la frontière de l'an nouveau :

- "Les Chwès d' Nameur vos sohêtet ene fwart bone aneye avu : 365 djoûs d'ene sintéye di fier, 12 moes d' bouneur, et 4 sajhons di plin solea. Fuxhoz tertos branmint pus sovint amoreus k' malades, vos n' aroz pont d' rujes, nos payrans l' médcin et co l' apoticare..."

Et pour un tour du monde des voeux, suivez les étoiles de...
- brigetoun, cliquer : ICI.
- Otli : ICI. 
- k.role : ICI. 
- Danièle Duteil : ICI. 
- La Feuille Charbinoise : ICI.
- Kenza : ICI.
- Sandrine 70 : ICI.
- Euterpe : ICI.
- Sophie : ICI.
- Tania : ICI.
- Lautreje : ICI.
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- Zoë Lucider : ICI.
- Chrys : ICI. 
- Coumarine : ICI.
- Maïté/ Aliénor : ICI.
- Colo : ICI.
- Dominique Hasselmann : ICI.
- jeandler : ICI.
- la Mère Castor : ICI.
- Danielle (album vénitien) : ICI.
- LH : ICI.
- bydyfy : ICI.
- Depluloin : ICI.
- Regard de Femme : ICI.



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jeudi 17 novembre 2011

P. 90. Jules Beaucarne sur l'île aux trésors de Colo

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(Ph. JEA/DR).

Quelques pages de ce blog sont inventées, rédigées, illustrées par des auteurs-compositeurs (masc. gram.) "venu(e)s d'ailleurs" et invité(e)s ici...

voici les Espaces, instants de Colo. 

Sur son île, Colo.

Quand le dernier bateau du soir quitte la terre supposée ferme, l'île redevient enfin elle-même. Ses parfums perdent leur réserve. Les lumières cherchent les nuances les plus farfelues sans crainte d'être pourchassées par des armées de photographes. Les rires des enfants annoncent les prochaines étoiles. Les livres sortent des rangs imposés par les bibliothèques-casernes. Des flâneurs commencent à ressembler à de chouettes silhouettes. Et si les arbres referment leur manteau d'écorce, c'est seulement pour y retenir la chaleur du soleil parti farfouiller derrière un autre horizon.
Colo se penche sur son blog comme une orfèvre sur son maître d'oeuvre. 
Cette étrangère venue des brumes étranges du nord, permet à son ordi d'échapper à tous les ordinaires, tandis que des vols entiers d'oiseaux migrateurs-milecteurs y trouvent des espaces et des instants de grâce.
Elle n'a pas détaché cette page 90 de ses Espaces et de ses Instants mais elle l’a patiemment ciselée et illustrée et mise en musique pour nous l’envoyer confiée à une bouteille jetée à la mer. Avec pour seule étiquette : "Aux lectrices et aux lecteurs de Mo(t)saïques 2 : cadeau !"...

Premières chansons de Julos Beaucarne (DR). 

Présenté par Colo :

Julos Beaucarne conteur, poète, comédien, écrivain, chanteur, sculpteur. Tout ça ! 

Comment en parler alors si ce n’est « à tort et à travers », formule qu’il emploie pour parler de l’amour ?
Il vit à Tourinnes-la-Grosse, en Brabant Wallon, Belgique.
A signaler que chaque année en novembre, à la Saint Martin, on peut visiter en face de la ferme de Wahenge, Tourinnes la Grosse, ses sculptures post-industrielles faites d’objets de récupération, regardez, c’est impressionnant !

Photo JM Prod sur "le site terriblement officiel de Julos". Cliquer: ICI.

Photo Laurence Latour sur le site de Julos Beaucarne. Cliquer : ICI.

L’œil clair, les longs cheveux blancs soulignés par ses pulls et foulards rouge/rose/ orange, et dans le visage une immense tendresse qui fait fondre illico tout flocon d’agressivité, voilà tel qu’il se présente, qu’il s’est toujours présenté.

Son amour pour l’humanité et la nature, il le dit, le répète sur tous les tons, sans répit depuis plus de quarante ans avec la douceur des sages et la ténacité de Gandhi. 

Autres œuvres, originales à souhait et à voir comme autant d'objets détournés en cliquant : ICI.

Le mieux est de le laisser parler, chanter.




Engagé depuis toujours dans la lutte contre les nuages-tueurs,  cette chanson se trouvait déjà sur son album : « Front de Libération des arbres fruitiers » 1974.

« Je me souviens c'était en 2011, j'avais presque septante cinq ans, soixante quinze ans comme vous autres vous dites, un ami a frappé à ma porte,  je lui ai ouvert, il était tout en affaire comme on dit chez nous, inquiet, nerveux, essoufflé : 
- " Regarde vite la télé, le réacteur d'une centrale nucléaire a sauté au Japon ".
Alors je me suis souvenu du vieux poète Turc Nazim Hikmet et de son poème "Que les nuages ne tuent pas les hommes "

Source : ICI. 

Et encore : un superbe texte, écrit par lui bien sûr, un texte qui nous incite à la liberté…écoutez :



En 1975 il vit un immense malheur: sa femme est assassinée par un déséquilibré. Le soir même il écrit une lettre admirable.

La voici lue avec émotion par Claude Nougaro :



Terminons en poésie…



…puis voici son adaptation d'un poème de Shakespeare, en finale de la pièce Peines d'Amour Perdues, Love's Labour's Lost.



NB : Vous trouverez tout et plus encore sur le site « très officiel » de JB.
Cliquer ICI.

Et sur son blog : Julosland

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lundi 17 octobre 2011

P. 81. "Les Géants", film de Bouli Lanners

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Affiche sur le Site du film, cliquer ICI. 

Synopsis : 

- "C’est l’été, Zak et Seth se retrouvent seuls et sans argent dans leur maison de campagne. Les deux frères s’attendent encore une fois à passer des vacances de merde. Mais cette année-là, ils rencontrent Dany un autre ado du coin.
Ensemble, à un âge où tout est possible, ils vont commencer la grande et périlleuse aventure de leur vie." 

Bouli Lamers : 

- "En mettant tout dans la nature, j'avais la structure d'un conte. J'avais le loup, la sorcière, la fée, les chasseurs… C'était parfait pour parler de la naissance d'une amitié qui pallie une absence familiale. Et je me suis rendu compte que je me faisais ultra plaisir car j'adore tourner dans la campagne, être dans la rivière, avoir une logistique plus rude.
(…)
En fait, j'ai déjà pris une partie de ma pension entre 18 et 30 ans. Maintenant, je travaille. J'ai besoin que tout ça sorte et ça demande beaucoup d'implications professionnellement, humainement, au niveau de la santé, de la famille. Il arrivera un moment où j'aurai besoin de me remettre dans la rivière et de me laisser aller. Car la vie, c'est ça ! Dans mes films, j'exprime quelque chose de ma vie. Ensuite il faut vivre, et encore vivre. Le ciné n'est pas une fin en soi. C'est un outil d'expression. Je ne vais pas vivre pour un outil ! Je vis car j'aime vivre. Donc, à un moment donné, je me remettrai dans une barque…"
(Interview par Fabienne Bradfer, Le Soir, 12 octobre 2011). 

Louis Danvers : 

- "Résolument fictionnel, le cinéma de Lanners a cette vertu quasi documentaire, que le cinéaste reconnaît en affirmant aimer "puiser dans une réalité qui sera toujours plus forte que ce qu'on a pu imaginer".
(levif.be, 16 novembre 2010). 

7sur7 : 

- "Bouli Lanners nous offre dans "Les Géants" une Belgique revue et corrigée: l'étendue des paysages ardennais impressionne et émeut. Les routes infinies qui s'ouvrent devant nos yeux donnent l'impression que tout est possible, le meilleur comme le pire.
Le véritable coup de coeur du film, c'est ce trio d'enfants qui fonctionne merveilleusement bien. Ils ne connaissaient pas et on découvre que leur cheminement à l'écran est proche de leur histoire dans la vie: non pas qu'ils aient vécu des tas de galères sur le tournage de Bouli... On parle ici de l'amitié qui se crée, des affinités qu'on se découvre, de l'intimité qui rapproche, de la force qui semble les animer quand ils sont ensemble."
(12 octobre 2011).

Bouli Lanners au Festival International du Film Francophone à Namur. Photo de Christian Delwiche (1).

Ecrans Géants :
en Belgique depuis le 12 octobre et
en France à partir du 2 novembre

Fernand Denis : 

- "Si les Dardenne ont inscrit Seraing sur le planisphère du cinéma et Jaco van Dormael le quartier du logis à Boitsfort, Bouli c’est toute la Wallonie (2). Une Wallonie en scope, parfois belle à tomber, comme les Wallons ne l’ont jamais regardée. "L’image est mon premier moyen d’expression. Mais je ne suis pas un théoricien, un intellectuel. Mon langage, c’est l’image, depuis toujours. Regarder est terriblement important dans mes films. Je veux qu’il y ait à regarder, que l’image raconte. Il y a une grande part d’instinct et je ne veux pas essayer de savoir. Je sens que c’est cela. Je ne sais pas expliquer mon travail. Les personnages dans ce cadre-là, ça me dit quelque chose. Je vois leur univers, ce qui s’est passé dans leur vie. Et si je le vois, j’espère que le spectateur le verra aussi. Ou autre chose, mais qui va dans le même sens."
(La Libre Belgique, 24 septembre 2011). 

Françoise-Marie Santucci : 

- "En amateur de grands espaces canadiens ou américains, Bouli déteste ce qu’il appelle « les films d’appartement » mais prend un plaisir immense (autant pour le défi technique qu’intellectuel) à « tourner sur des confettis », avec des angles si serrés qu’on arrive à croire au fleuve sauvage quand, un mètre hors-cadre, se dresse un camping. Bouli fait la liste des protagonistes des Géants : « Il y a ces trois enfants sans parents qui vont dans les bois ; un méchant ; un très méchant ; des voisins ; un nain de jardin ; une fée. » La fée, Marthe Keller, est le seul visage connu d’un casting dont les héros, Zak, Seth et Danny, vivent le temps d’un été leur Into The Wild à eux."
(Libération, 7 mai 2011). 

Fabienne Bradfer : 

- "Parler de ce moment incroyable où l'on sort de l'enfance, où l'on bascule dans le monde des géants. Et ce sans allonger les clichés. Raconter l'errance de trois enfants sauvages tout en traduisant subtilement les violences, les précarités et les manques de la vie. Bouli Lanners relève joliment ces défis en filmant avec une infinie tendresse trois gamins un peu largués et qui vont se la jouer mi-Far West mi-jungle dans la nature wallonne et découvrir que l'amitié, c'est vraiment plus fort que tout. De Cannes au Festival de Namur (3), les jurys ont craqué pour ce conte moderne sur l'errance adolescente qui parle d'absence parentale et de manque d'affection.  Sans doute ont-ils été conquis par le cinéma habité, généreux, à la fois drôle et dur, réaliste et pictural qu'est celui de Bouli Lanners. Sans doute ont-ils aussi succombé aux trois bouilles d'atmosphère - Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen et Paul Bartel - qui donnent au film sa chair, sa drôlerie, son émotion, sa justesse et ce petit plus de vérité magique."
(Le Soir, 12 octobre 2011).

Les trois géants : Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen et Paul Bartel (DR). 

Marion Pasquier : 

- "Les thèmes des Géants ne frappent pas par leur originalité : sortie de l'enfance, adolescence comme âge où tout est possible, confrontation de l'innocence au monde abject des adultes, parcours initiatique... La forme à laquelle recourt Bouli Lanners permet cependant d'éviter le cliché. Nous sommes ici dans le conte : enfants sans parents, nature, cabanes abandonnées, forêt, rivière... véhiculent un sentiment d'intemporalité. L'atypicité des adultes rencontrés (un vendeur de haschisch complètement fou, une brute épaisse, la mère mutique d'une handicapée mentale...) permet aussi de faire d'eux autre chose que de simples obstacles à la liberté adolescente. Le monde des Géants est glauque mais l'humour met judicieusement tout tragique à distance. La tonalité varie en fonction des péripéties, les scènes sont tantôt drôles, violentes, émouvantes..."
(Critikat, mai 2011). 

Barbara Théate : 

- "Bouli Lanners n’a pas voulu signer une chronique sociale, à la manière des frères Dardenne. « Les Géants », c’est un peu l’histoire des Trois Petits Cochons, chassés de maison en maison. Le méchant frère est le loup, la femme du dealer la sorcière, et la dame au grand cœur qui les héberge leur bonne fée". C’est aussi un peu son histoire à lui. "J’ai fait une grosse crise d’adolescence et j’ai fugué à la campagne. J’ai vécu une longue période de rébellion. Il faut dire que c’est un âge où tout semble possible : la disparition du monde dans lequel on vit, la construction d’un futur idéal… On a l’impression que l’horizon est totalement dégagé, qu’on peut prendre sans danger n’importe quelle direction. La réalité nous assomme quand on devient adulte. Voilà pourquoi, à 46 ans, je fais tout pour rester un adolescent dans la tête !"
(JDD, 22 mai 2011). 

Gaëlle Bouché : 

- "Gauches et innocents, les trois garçons sont loin d’être des foudres de guerre. Les solutions qu’ils imaginent pour sortir de la précarité sont certes originales, mais peu concluantes. Au contraire elles obligent nos trois héros à fuir en pleine campagne dans l’espoir de trouver un nouveau refuge. Et c’est ici que réside toute la beauté du film. Loin de la tragédie sociale, “Les géants” porte un regard tendre sur la maladresse des adolescents. La mise en scène, presque paternelle, souligne affectueusement leur moindre bourde et les anecdotes qui ponctuent leurs aventures sont aussi touchantes que drôles. Un humour raffiné, qui sait jouer du moindre trait de caractère."
(Abusdecine, annonçant la sortie en France le 2 novembre 2011).

Ils quittent leur enfance mais quelle enfance ? (DR). 

Anne Feuillère : 

- "Dans Les Géants, les figures blanches et noires ne s’affrontent pas vraiment. Elles vivent, chacune de leurs côtés, voisinent et s’ignorent. Ce sont les enfants qui vont et viennent entre elles. Et l’innocence, à s’y frotter, vacille d’être trop légère, avant de tomber à l’eau, comme la cabane, dernier refuge qui s’écroulera dans un marais puant. S’ils sont bien victimes, à mains égards, du monde des adultes et de sa violence, Zach, Seth et Danny ne sont pas pour autant ni tout à fait inconscients ni tout à fait innocents. L’enjeu des "Géants" est ailleurs. Dans le mouvement, le trajet des garçons, qu’ils sortent de la forêt profonde, qu’ils sortent de l’enfance. Et cela passe par le choix, qui implique justement la responsabilité, la conscience, la liberté. À ce prix."
(cinergie.be, 8 octobre 2011). 

NOTES : 

(1) Photo publiée sur le site Bia Bouquet de Christian Delwiche et reprise ici avec son autorisation. Retrouver aussi la page 40 de ce blog.

(2) Présentation de son film précédent, Eldorado, sur le premier blog Mo(t)saïques, cliquer : ICI.

(3)  Les Géants se sont vu attribuer le Bayard d’Or du Meilleur Comédien pour Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen et Paul Bartel ainsi que le Bayard d’Or de la Meilleure Photographie pour Jean-Paul De Zaeytijd au 26ème Festival du Film Francophone de Namur.
Le film avait déjà reçu le premier prix du Festival de Dieppe ainsi que les prix CICAE et SACD à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2011. 

Bande annonce :