MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

mercredi 7 octobre 2015

Photos : cimetière en Thiérache, partie 2

 


                             Soleil à la Neuville aux Joûtes (Ph. F. Andreux©)



                                               "La mort n’est qu’un sommeil entier et pur …"

                                                                                                                  René Char

 

 

                                                                                                                          (Ph. F. Andreux©)

 

 

Je demande, pour ma part, à être conduit au cimetière
dans une voiture de déménagement.

André Breton





                                                                                     (Ph. F. Andreux©)





 

  

 

 

 










Plantez-moi un saule au cimetière.
Que j'aie au moins quelqu'un pour pleurer sur ma tombe.


Roland Devaux
 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Ph. F. Andreux©)




                  (Ph. F. Andreux©)

 

 

Dans les couches molles de l’oubli,
au milieu de ces morts qui n’existent plus …
Rallumer la flamme de vie…
Frotter entre elles les pierres du silence.

                                           Claude Duneton





Les textes proviennent du carnet de JEA








 


vendredi 11 septembre 2015

Fleurs pour adoucir deux ans de son absence inexorable ...



« Une Fleur » un de ses poèmes (juillet 2012) illustré par ses photos
( 2012 / 2013) pour garder au cœur le souvenir de sa douce présence.






                                                                                             Photo JEA/DR©




Une fleur

 

Une fleur offerte à toutes celles et à tous qui hésitent, trébuchent et s’interrogent sur les directions si contradictoires données par la boussole cabossée de leur vie

une fleur pour les interné(e)s et pour les expulsé(e)s par les gardes con-formes de la “préférence nationale”,

une fleur sur la tombe inexistante de ces pyjamas dont les bourreaux s’imprimaient des calendriers pour mille ans






                                                                                            Photo  JEA/DR©


une fleur pour les femmes et une fleur pour les hommes qui ne deviendront jamais des tartufes et ne ressembleront pas à des déserts des tartares
pour rien au monde, ils ne répondront aux invitations à enterrer les pavés de mai

un fleur pour qui ne brade pas son honneur
ne se pavane pas dans des habits brodés de menteries
ne collectionne pas les miroirs en miettes
ne pille pas les pyramides de nos histoires
ne crétinise pas les enfants
ne boit pas avec les marchands des temples

pas une seule fleur pour les monuments constipés et bronzés aux soleils artificiels des champs de batailles ni pour les boniments académiques où excellaient d’ex collabos






                                                                                            Photo  JEA/DR©

mais une fleur pour les peut-être
les on ne sait jamais
les pourquoi pas
les fais bien attention à toi
les je t’aime Toi
les obscures rencontres de midi et les rencontres lumineuses de minuit
les mots nomades avec leurs pieds en sang
les moineaux éparpillés épiés par les empailleurs,

une fleur pour les peurs et les pleurs, pour les rimeurs jamais en règle
pour les rabroué(e)s si pas les saccagé(e)s de la santé,
pour les mystères qui fréquentent assidument les légendes
pour les amours sans bagues et sans bagages
pour les parenthèses entre les pluies, pour les pluies d’étoiles
pour les amies et les amis, ces bateaux en liège et jamais à quai

une fleur dans un encrier de cendres
pour guérir un mauvais œil, dans un sursaut de dignité,
entre deux nuages d’un recueil de poèmes,
entre les dents des vents, entre trois hivers, entre cinq épouvantails,
contre les haleines des haines,

 




                                                                                             Photo  JEA/DR©



une fleur pour un ballet de mon siècle dépassé, pour un orchestre sorti de sa fosse,
pour un musée ouvert aux handicapés, pour un cirque royal ou républicain, pour un amphithéâtre avec des courant-d’air, pour une salle d’opération sans dégâts collatéraux, pour un chandelier aux branches impaires

une fleur tombée dans un fossé qui lui en est reconnaissant

cette fleur devenant une âme de violoncelle athée
un grenier en clair obscur
une île et une morgue sans porte de sortie surmontée d’une horloge




                                                                                             Photo  JEA/DR©



un bouquet de fleurs pour Aung San Suu Kyi, pour Brigitte Engerer, pour Madeleine Roubenne
qui les partageront avec Boualem Sansal


une fleur absurde, jamais décorée de l’ordre des art-bitres des élégances ni de la croix déprogammée

JEA




                                                                                               Photo JEA/DR©


jeudi 11 septembre 2014

Ciels. Un an déjà ...


JEA avait préparé un texte pour « le jour où il apprendrait son interdiction d’entrée et de séjour
dans tout autre continent que celui encore plus vieux que vous.
»

Texte laissé à l’état d’ébauche et sur lequel il revenait ponctuellement, sans perception d’urgence, imaginant ce jour encore lointain, d’autant qu’il avait décidé sereinement d’en fixer la date et les modalités quand le seuil du supportable serait atteint.

La grande faucheuse n’a pas eu la politesse d’attendre d’être conviée. 
Son passage le petit matin 

du 11 septembre 2013 nous a tous pris de court : 
JEA, ses proches, ses ami(e)s et lecteurs(trices)
de Mo(t)saïques.



  (Ph. Andreux F. ©)

 
Ce texte le voici, tel que laissé par JEA. Comme titre il avait choisi les mots
de Tristan Tzara 
« Minuit sonne dans les choses »
 
 
Le jour où vous apprendrez votre interdiction d’entrée dans tout nouveau continent…vous découvrirez peu après que les escaliers ne peuvent plus être que descendus.

Le passé se penche toujours moins discrètement par la fenêtre d'un train aboutissant à une voie de garage. L'avenir (se) défile dans un rétroviseur fêlé.
 

L'école est fermée. Paix aux craies et aux plumes qui tomberont en poussières, aux encriers et aux bouquins
qui ne serviront plus de barricades.

Et merci à toutes celles et à tous ceux qui par des moments de lassitude, de soulagement, de délassement, d'interrogations, d'hésitations, de dépressions, de répressions, d'exaltations, de récréations, d'inventions, de réflexions, de trêves, de rêves, vinrent partager ici le pain du bûcheron, un grain de folie et l'eau de vie,
les pages-nuages et les images, les notes baroques et les plans tirés sur les comètes, et toujours en vrais potes (
masculin grammatical)...

 JEA




  (Ph. Andreux F. ©)

(Ph. Andreux F. ©)

Au lieu dit : Gravier du bois • Rouge-Ventre (Ph. Andreux F. ©)

 

 

Quelques citations épinglées par JEA dans son carnet de lecture...
 

« Enfant, j’espérais devenir un livre, quand je serais grand. Pas un écrivain, un livre :
les hommes se font tuer comme des fourmis. Les écrivains aussi. Mais un livre,
même si on le détruisait systématiquement, il en subsisterait toujours quelque part
un exemplaire qui ressusciterait sur une étagère, au fond d’un rayonnage
dans quelque bibliothèque perdue, à Rykjavic, Valladolid ou Vancouver. »
 


                                                                                              Amos Oz

Soyons fidèles à ce souhait et faisons en sorte que Mo(t)saïques 2 reste en mouvement,
ainsi les trésors qui se trouvent à chaque page seront préservés
. Ainsi JEA vivra



 Ciel d'Ardèche (Ph. Andreux F. ©)

 

 


« La chanson que jamais je ne dirai s’est endormie sur mes lèvres
chanson d’étoiles vives sur un jour perpétuel »

                                                                                              F Garcia Lorca



Nuages au Rouge-Ventre (Ph. Andreux F. ©)






mardi 26 août 2014

28 avril 1944, en pays roannais




JEA avait l’art de dénicher des lieux de vacances en rupture avec le brouhaha de la vie quotidienne et les clichés touristiques.


En 2013, il avait repéré un gîte à St Cyr de Valorges dans les « Montagnes du matin » en pays roannais mais n’a pu s’y rendre.


Nous y avons séjourné, il y a quelques semaines, et avons découvert une nature généreuse et authentique comme il la savourait du regard.


                   Un coucher de soleil vu de notre gîte (Ph. Andreux F. ©)



Et comme souvent l’histoire avait marqué de ses empreintes les alentours
du site choisi ...




(Ph. Andreux F. ©)


Sur la D49 au bout d’un chemin escarpé et tortueux : une stèle en mémoire des 5 aviateurs d’un B-24 Liberator appartenant à la 8th Air force USAAF .
Leur avion s’est écrasé là en avril 44  lors d’une mission de parachutage d’armes aux maquisards.



(Ph. Andreux F. ©)
 

Un lieu perdu inondé de brouillard…
le vent qui s’y attarde vrombit comme un avion dans le lointain


(Ph. Andreux F. ©)

  

Sur les huit membres de l’équipage ,trois pilotes ont survécu, deux ont réussi à échapper aux griffes des allemands, le dernier, blessé a été fait prisonnier.


(Ph. Andreux F. ©)


(Ph. Andreux F. ©)


"Frenchy, à ses amis"

Un des trois rescapés est revenu sur les lieux du drame 



 
(Ph. Andreux F. ©)
 

Seuls, prisonniers d'une nature envahissante ...






                                                             A mon père
 


Informations : http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=552

mercredi 23 juillet 2014

Il y a toujours cette douce présence au Rouge-Ventre …

(Ph. Andreux F. ©)

Comme une lumière d'un phare (breton?), il continue
à nous guider dans son univers plein de douceur et de poésie...