MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

mercredi 23 juillet 2014

Il y a toujours cette douce présence au Rouge-Ventre …

(Ph. Andreux F. ©)

Comme une lumière d'un phare (breton?), il continue
à nous guider dans son univers plein de douceur et de poésie...

 

 

vendredi 28 février 2014

A la Croisée des regards...



Escapade en Beaujolais 2011

Textes et photos de JEA


    Beaulieu (Ph. JEA/DR).

Quincié (Ph. JEA/DR).


L'horizon à déchirer telle une page 
qui ne sera jamais écrite.


    Pigeonnier dans les vignes (Ph. JEA/DR).



 Pommier (Ph. JEA/DR).



(Ph. JEA/DR). 




Thel : gîte au milieu de nulle part (Ph. JEA/DR)


"Pluie adoucie" (Ph. JEA/DR).


Le chemin se referme
comme une main amputée
de 4 doigts au moins.








lundi 27 janvier 2014

Une forêt de photos...

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Aube sur la lisière de la forêt à Signy-le-Petit (Ph. JEA/DR).


Henri Gougaud :

- "Cet homme est comme une forêt, il se croit tout obscur, il est partout troué de rayons de soleil."




Route forestière du Milieu (Ph. JEA/DR).



Route forestière de Cendron (Ph. JEA/DR).



Le Gravier du Bois (JEA/DR).



Surprise partagée (JEA/DR).




Alle-sur-Semois (JEA/DR).



Forêt complètement givrée (Ph. JEA/DR).


Ruisseau du Charme Baudet (Ph. JEA/DR).



Mur musical de feuilles (Ph. JEA/DR).



Sorcière de l'Etang à la Fermière (Ph. JEA/DR).



La Rouillette, mur de bois coupé pour l'hiver (Ph. JEA/DR).



Première gelée sur la chaumière de la Plaine Jean Diot (Ph. JEA/DR).



Le Chêne Chatelaine met une écharpe pour une nuit ardennaise (Ph. JEA/DR).

Autres pages dans l'album photos de ce blog ? Cliquer : ICI.

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dimanche 6 octobre 2013

P. 267 "93, la belle rebelle", film de J-P Thorn


Synopsis :

- "Une épopée - du rock au slam en passant par le punk & le hip hop - incarnant un demi-siècle de résistance musicale flamboyante et se faisant porte-voix d'une jeunesse et de territoires en perte d'identité, sous les coups des mutations industrielles, des désillusions politiques et de l'agression constante des pouvoirs successifs les stigmatisant comme «voyous», «sauvageons» ou «racailles».
Ou comment, par strates successives, s'est fabriquée une contre-culture «underground» réinventant - par-delà le délitement des valeurs traditionnelles de la «banlieue rouge» - d'autres codes, d'autres mots, d'autres sons, d'autres façon de bouger, de colorer les espaces, d'écrire et de penser le monde… qui permettent à toute une jeunesse, se vivant comme exclue, de trouver ses repères et sa place dans la cité.
La banlieue - à contrario des clichés - se révèle un espace incroyablement riche de métissages engendrant une créativité époustouflante."


Arte et autres soutiens :

- "Ce documentaire existe grâce à l’action menée conjointement par deux associations culturelles de Seine-Saint-Denis :
- Zebrock
et
- Périphérie.
Active depuis vingt ans, Zebrock développe de nombreux projets éducatifs et s’attache à faire vivre la création indépendante.
De son côté, Périphérie a accueilli le film de Jean-Pierre Thorn dans le cadre de Cinéastes en résidence, un dispositif d’aide à la création qui a pour particularité d’intervenir au moment du montage image. 
Le film a été diffusé sur Arte le 25 novembre 2010 dans une version de 52 minutes, une sortie dans « quelques » salles de cinéma a suivi le 26 janvier 2011 dans un format plus long.
Enfin, la version DVD est disponible depuis début décembre 2010."

En novembre 2010, le blog Mo(t)saïques avait été sabordé depuis quelques mois déjà pour cause d'épidémie à bord. En conséquence, impossible de saluer la programmation sur Arte de ce docu refusant de mentir et de se taire...

Puis janvier 2011. La sortie - dans quatre premières salles - du film de Jean-Pierre Thorn coïncidait avec les débuts cahin-caha de cette seconde tentative de proposer sur un blog le sel de mes mots, de mers pas encore mortes et de terres à rides... Mais Le Monde, Libération et Positif, pour se limiter à ces trois références, mettaient leur poids dans la balance des infos et des critiques pour soutenir la belle pellicule rebelle de mon vieux pote JP. Que pesait le mini-David Mo(t)saïques 2 avec ses quelques commentaires, aussi somptueux soient-ils ?
Avec le temps, les regrets deviennent remords. 
Et donc cette page pour au moins rappeler qu'un DVD empêche 93, la belle rebelle de finir au cimetière des films perdus... 
De plus, un site pose dans toute la France les cailloux de projections-débats sans pellicule commercialement complaisante ni langue de bois.  

Jean-Pierre Thorn, vous vous souvenez, en 1980 déjà... (DR).

Jean-Pierre Thorn, cinéaste :

- "Je ne cesse de chercher - d'un film à l'autre – un cinéma épique : trouver une forme éclatée, hybride, une écriture faite de collages, cette fameuse « unité des contraires »: les contrepoints image/son, les cadrages en conflit avec les couleurs, les cadrages serrés avec l'immensité des plans d’ensemble, l'intimité des êtres en conflit avec l'universalité de la fable qui les traverse. Un cinéma musical qui pulse le spectateur."

Jean-Pierre Thorn, le 93 :

- "J'aime l'immensité des espaces de la banlieue : cet enchevêtrement d’architectures en perpétuel mouvement : construit, rasé, remodelé, reconstruit… Et dans ce «no mans land» fascinant – intervalle de la ville en jachère – l'incroyable surgissement de la nature qui ne cesse de repousser et recouvrir les ruines des industries passées. J'aime les friches, la poésie des squats, la beauté des canaux et voies RER qui transpercent la ville et ouvrent des brèches dans l'imaginaire vers d'autres destins possibles. J'espère, par mes images, rendre compte de cette beauté sauvage, de ces vibrations de couleurs pastel, de ce murmure de la ville quand on la contemple depuis les tours."

Jean-Pierre Thorn, son film :

- "Le film épouse le mouvement allant du rock pour fuir l'usine (dans les années 60) jusqu'au slam aujourd'hui pour recréer de l'activité et du lien social dans un monde d'où le travail s'en est allé. C'est cette mutation intense, que je cherche à cerner, derrière le déplacement des musiques et des personnages. (...) À travers le raccourci du film, prendre conscience de l'incapacité chronique de tous les pouvoirs (de droite comme de gauche) à répondre aux utopies de la jeunesse autrement que par l'expulsion et la violence."

Marc Perrone et son accordéon diatonique. A Saint-Ouen, avant une soirée centrée sur le cinéma de Jean-Pierre Thorn et avant que le public ne vienne bruisser et frémir, Marc Perrone nous offrit un "Temps des cerises" qui reste le plus merveilleusement mélancolique des souvenirs (DR).

Yann Tobin :

- "Rebelle, la "belle", comme après une revanche. Loin des clichés médiatiques et du côté boy-scout bien-pensant, la banlieue chante sa révolte, et c'est revigorant."
(Positif).

Xavier Leherpeur :

- "Il y a le rock de complaisance, pour amis du président réfugiés en Suisse. Et celui de résistance, pour populations indésirables, entassées à la périphérie parisienne. C’est à celui-ci que s’intéresse ce documentaire, revenant aux origines de cette musique de banlieue et fière de l’être, prolétarienne, identitaire et rageuse. Pulsation de ces lendemains qui déchantent mais refusent d’abdiquer qui, depuis près de cinquante ans, avec le hip-hop ou le slam, ne cesse de se régénérer."
(Le Nouvel Obs).

Le Parisien :

- "Depuis les années 1960, c'est dans le 93 que ça se passe. La naissance du yé-yé, puis du hip-hop, avec NTM et le DJ Dee Nasty, la chanson engagée de Marc Perrone, le rock alternatif, avec Bérurier Noir et le fameux squat de Montreuil, évacué par la police en 1986, et plus récemment le slam, de Grand Corps Malade à D'de Kabal. Autant de parcours militants entre bidonvilles et cités ouvrières qui permettent de mieux cerner cette banlieue à fleur de peau."
(26 janvier 2011).

Serge Teyssot-Gay (DR).

Carole Melleliri :

- "Loin du prosélytisme aveugle, Jean-Pierre Thorn construit une parole éminemment structurée et richement documentée sur des banlieues, dont il a suivi l’évolution de manière privilégiée et constitué une vision précieuse au fil de ses travaux documentaires depuis la fin des années soixante. Dans On n’est pas des marques de vélos (2003), il avait choisi l’univers de la danse hip-hop pour se pencher sur un sujet politique : celui de la double peine. Dans 93 La belle rebelle, histoires sociale et musicale sont imbriquées pour montrer la splendeur d’un territoire souvent décrié, où la création artistique relèverait toujours d’une forme d’engagement.
(…) En retraçant l’histoire culturelle de la Seine-Saint-Denis, 93 La belle rebelle montre comment des courants musicaux ont émergé successivement en réaction avec le contexte politique et social, de telle sorte que chaque nouvelle tendance apparaît comme la conséquence ou le prolongement du précédent. La succession des numéros musicaux (archives ou performances) et des témoignages intimistes font du rock, du punk, du hip-hop et du slam les maillons d’une même chaîne, concourant à libérer la voix révoltée de populations tantôt négligées, tantôt stigmatisées."
(Critikat.com, 25 janvier 2011).

Isabelle Regnier :

- "A la rencontre des musiciens du 93 qui ont écrit, depuis les années 1960, les pages françaises de l'histoire du rock, du slam en passant par le jazz, le hip-hop ou le punk, Jean-Pierre Thorn montre comment la musique fut une planche de salut pour des générations de jeunes, confrontées, les unes après les autres, aux maux de la banlieue.
(…)
On croise ainsi la route de Daniel Baudon, qui commença sa carrière de batteur dans un groupe de rock'n'roll au début des années 1960, de Lauran, guitariste des Béruriers Noirs, de Dee Nasty, ou encore Joey Star et Kool Shen de NTM. Ces derniers n'apparaissent que dans des images d'archives mais pas des moindres : des captations de leurs concerts mythiques, mais aussi une confrontation édifiante, sur le plateau d'une émission de télévision animées par Paul Amar, avec Eric Raoult qui était alors ministre délégué auprès du ministre de l'aménagement du territoire, de la ville et de l'intégration.
La musique est forte, et la parole qui circule tendre, émouvante, sans concession. Porté par une foi dans l'art, dans le bouillonnement d'énergie de la jeunesse, le film n'en est pas moins sous-tendu par la perspective très noire d'une évolution constante de la situation de la banlieue en général, et du 93 en particulier."
(Le Monde, 25 janvier 2011).


Utopia :

- "Jean- Pierre Thorn, cinéaste des luttes depuis les années 70, aurait pu raconter son neuf trois, département objet de tous les fantasmes et de tous les clichés sous le prisme de l’analyse historique et politique. Jean-Pierre Thorn, cinéaste militant, est embauché comme ouvrier établi (l’établi désigne ces intellectuels qui faisaient le choix de s’immerger comme ouvriers dans la vie dune usine) à l’usine Alsthom de Saint Ouen et il sait donc très bien que la vie sociale et politique de ce département est foisonnante et mérite d’être racontée. Un département créé en 1968 par le pouvoir gaulliste pour contenir le rôle du parti communiste qui domine la vie politique sur tout l’Est parisien. Ainsi, grâce à De Gaulle, le ghetto rouge était né.
Jean-Pierre Thorn aurait pu raconter les bouleversements géographiques et architecturaux d’un département qui a vu les grands ensembles fleurir et remplacer les taudis et avec eux de nouvelles populations apparaître. Dans les années 60, les classes populaires françaises ont vu apparaitre les immigrés venus des pays du Sud. Puis les premiers taudis ont disparu et aujourd’hui réapparaissent, construits par les nouveaux immigrants venus de l’Est.
Mais Jean-Pierre Thorn a préféré aborder son département sous un angle bien particulier : celui de la musique et plus spécialement de la contre-culture musicale qui y a toujours sévi. Car en parlant de la musique, on parle de tous les bouleversements sociaux. Et Thorn convoque les témoins sur les lieux de leur crime : Daniel Baudon évoque l’apparition du rock à la sortie des usines dans les années 60 ; l’accordéoniste Marc Perronne raconte les luttes sociales des années 70 ; Loran de Bérurier Noir nous parle des premiers grands squats musicaux et de l’émergence du punk et du rock alternatif au début des années 80. Presque au même moment, Dee Nasty occupe un terrain vague pour y faire naitre le terreau du hip hop français, dont le plus célèbre représentant sera NTM. Aujourd’hui, alors que le rock incitait à oublier son usine, le slam retisse un peu du lien social largement ébranlé dans le 93."
(Avignon, 17 juillet 2011).

Loïc Ballarini :

- "C’est de l’attention à la complexité et à la profondeur que l’on tire les histoires les plus réussies. L’Histoire de la musique en banlieue que propose Jean-Pierre Thorn l’est assurément : parce qu’elle conte une histoire particulière, celle de la musique, dans ses soubresauts et ses continuités, traitant à la fois de l’apparition de nouveaux styles et des points communs avec les précédents ; et parce que cette « petite » histoire n’est jamais loin de la « grande », la musique jamais coupée des autres dimensions de la vie en et au-delà de la Seine-Saint-Denis."
(Lectures, 15 février 2011).

Isabelle Hanne :

- "93, la belle rebelle est une visite sensorielle dans l’espace et le temps, une succession d’images et de sons qui transmettent l’énergie vorace qui anime ces artistes. Insoumis, politisés, fiers, avec leur refus des codes et leur envie de gueuler : le réalisateur établit une parenté entre tous, une filiation. La culture de la Seine-Saint-Denis en héritage."
(Libération, 25 novembre 2010).

D’ de Kabal, rapeur :

- "Si je me sens pluriel, c’est parce que j’ai grandi ici, et qu’ici, les gens sont assez proches les uns des autres, les murs sont pas très épais…
(…) Même si on fait partie des gens qui ont écrit des textes assez virulents sur ce type d’environnement, sur l’oppression quotidienne qu’on peut ressentir à vivre dans ce genre de cadre, on fait partie aussi des gens qui avancent l’idée selon laquelle il se passe des belles choses."





Diffusions :

Le 10 octobre 2013 : au Mans (Sarthe), festival "Crève la Dalle"
Le 11 octobre 2013 : le Mée sur Seine (77350), Espace Cordier MJC Le Chaudron, 361 Avenue du Vercors 77350 Le Mée sur Seine 
Le 17 novembre 2013 : à Toulouse, à la Médiathèque Grand M à 15h00



Plus d'informations : www.adr-production.fr


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lundi 16 septembre 2013

P. 266. Ake Edwardson : "Voile de pierre" - Bill Forsyth : "Local Hero" - Mark Knopfler : "Going Home"

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Ake Edwarson,
Voile de pierre,
10-18, 2007, 526 p.


Présentation de l’Editeur :

- "Göteborg, Suède... C'est le règne de l'été indien et le début d'une enquête casse-tête pour le commissaire Erik Winter. Notre flic suédois se retrouve contraint de filer vers l'Écosse afin d'y élucider la disparition d'un marin pêcheur au large des côtes calédoniennes. Un fait divers d'autant plus troublant que le grand-père du disparu s'est volatilisé soixante ans auparavant dans des conditions similaires. Crime ou accident ? À lui d'y voir plus clair... Au même moment, à Göteborg, l'inspecteur Aneta Djanali, originaire du Burkina Faso, se frotte à une sordide histoire de violences conjugales. Quitte à raviver les plaies béantes de son passé, le temps d'un chassé-croisé transfrontalier à la moiteur inattendue..."

Citation :

- "Une fois que tout fut terminé, Winter put revoir le film des événements. Lorsque tout fut dit, il comprit que tout avait une autre signification. Tout s'éclaira.
L'identité est quelque chose que nous empruntons, un rôle, un masque. Nous franchissons la frontière qui sépare la vérité du mensonge, et la lumière se condense en ténèbres…"

Gérard Meudal :

- "Winter est, avec le commissaire Wallander de Henning Mankell, la figure la plus réussie du polar suédois contemporain, et ce cinquième épisode de ses aventures entre Göteborg et l'Écosse en est la confirmation éclatante."
(Le Monde des livres).


Le port de Pennan (Graph. JEA/DR).

Si votre lecture a suivi Erik Winter dans le sillage de cette enquête en Ecosse, un réverbère va s'allumer pour vous à la page 362 :

- "Il voyait une petite localité au bord de la mer. Ah oui : Local Hero. D'après ses souvenirs, ce film avait été tourné en Ecosse, sur la côte, à un endroit où on regardait de travers tous les nouveaux venus."

Puis un second réverbère page 363 :

- "Le film tourné en Ecosse lui revint à l'esprit. Les maisons serrées les unes contre les autres, l'auberge et l'homme plein de ressources qui la dirigeait. Un Américain et lui étaient en négociations à propos de la vente d'un terrain près de la mer."

A peine sadique, Ake Edwarson laisse tomber ces deux réverbères. Pour n'y revenir qu'à la page 474 :

- "Ils s'étaient garés devant une maison ornée d'un dauphin et portant le nom de Dolphin Cottage Nr 10.
- Tu te souviens du film ? demanda Macdonald.
- Oui, j'y repensais il n'y a pas longtemps au fait.
- Tu reconnais le village ?
- Je crois...
- Les baraques sont toujours là. Mais le film est bâti sur l'illusion, du bluff, si on veut. Illusion parfaite du mensonge de l'image.
- Ah bon, comment ça ?
- Tu vois ce petit coin de bord de mer, poursuivit Macdonald en le désignant de la tête. Dans le film, il a des proportions bien plus impressionnantes et Burt Lancaster peut l'arpenter dans tous les sens, en toute tranquillité.
- Ah.
- En réalité, ils ont monté des vues des maisons de Pennan sur d'autres plages de Morir. C'est sur la côté ouest, au sud de Mallaig, d'où l'on prend le ferry pour Armadale, sur l'île de Skye (...). Ils ont donc tout simplement mélangé Pennan et Morir.
(...)
Winter se retourna.
- Je reconnais aussi la cabine téléphonique, dit-il en désignant le petit édifice rouge, de l'autre côté de la rue.
(...)
Une femme sortit d'une maison, à soixante-dix mètres de là. Elle vint vers eux et les salua. Elle portait un fichu mais n'était pas plus âgée qu'eux.
(...)
- Par temps clair, on voit les Orcades, avait précisé la femme.
- Et des aurores boréales ? avait demandé Winter.
- Oh, vous avez vu le film, vous..."

LA cabine téléphonique de Pennan, image du film (DR).

Le dénouement déchirant cette Voile de pierre n'est plus loin. Mieux que le mot "fin", ce roman se termine sur des questions, tant pis pour les certitudes...
Alors, d'une bibliothèque, passons au cinéma.
Pour une projection de :

Local Hero

Un film de Bill Forsyth, 1983, avec Burt Lancaster, Peter Riegert, Fulton Mackay, Denis Lawson, Norman Chancer, Peter Capaldi, Rikki Fulton, Alex Norton, Jenny Seagrove, Jennifer Black...
110 minutes.

Synopsis :

- "Une multinationale décide d'implanter un complexe pétrolier dans un petit village de pêcheurs du Nord de l'Ecosse. Les tractations que mènent technocrates et villageois prennent une tournure bien surprenante."


Affiche du film en 1983 (DR).

Tad McIllwraith :

- "It is the story of a man from a Texas oil company sent to Scotland to buy up all of the property on an ocean bay for the construction of an oil refinery.
C'est l'histoire d'un homme qu'une compagnie pétrolière du Texas envoie en Ecosse pour racheter la totalité des biens sur une baie en bord de l'océan et afin d’y construire une raffinerie de pétrole.
It is presumed by the company that the task will be easy.
Il est supposé par la compagnie que cela ne posera aucun problème.
To the man's surprise, the people who live in the community on the bay are attached to their homes and to the bay on which they are located.
À la surprise de l'envoyé, les gens qui vivent dans cette communauté sont attachés à leurs foyers et à la baie au bord de laquelle ils vivent.
And, perhaps more surprising, the oil man falls in love with the place too.
Et, peut-être plus surprenant, le pétrolier tombe aussi amoureux de cet endroit.
Sorting out old loyalties to the oil company and new ones to the community by the bay further the plot of the film.
L’intrigue du film repose sur le choix entre la fidélité à la compagnie pétrolière et ce nouvel attachement à la communauté de la baie."
(Notes anthropologiques, Canada, 2 septembre 2010. trad. approximative JEA).

Danièle Heyman et Alain Lacombe :

- "Le film démarre dans les bureaux survoltés d'une multinationale pétrochimique de Houston (Texas). Le Pdg, Happer (Burt Lancaster), décrète l'installation à Ferness, port de pêche de la côte nord de l'Ecosse, d'un complexe pétrolier. Pas moins insolite qu'un martien, l'homme de la mission, Mac Intyre, débarque avec son costume trois-pièces, son attaché-case, son sens de l'efficacité dans ce village; beau comme un jeu de construction dont l'atmosphère et le mode de vie auront peu à peu raison de lui.
(...)
Réalisateur écossais, Bill Forsyth donne une personnalité cosmopolite et cependant infiniment authentique à son village, avec l'aubergiste aux multiples fonctions,le clochard de la plage pour qui le prix des choses s'évalue en grains de sable, le prêtre venu d'Afrique, et le pêcheur soviétique.
Par-dessus tout domine la tutelle de la nature. Ce sont la mer, la lande, les cieux bas et les aurores boréales qui commandent. Local Hero est un film souvent comique. Et un peu cosmique."
(L'année du Cinéma 1984, Calmann-Lévy, 1984, 253 p., p. 181).

Diki2 :


- "Vu une nouvelle fois et on ne s'en lasse pas. Décalé, sensible avec un humour toujours surprenant qui pourrait passer pour farfelu s'il n'y avait pas ce regard profondément humain posé sur des êtres improbables que tout oppose, mais qui se trouvent réunifiés par la grâce de ce film enchanteur. Un film gai, optimiste et porteur d'espoir pour ceux et celles qui ont eu le bonheur , comme moi de le découvrir. Comme si la mécanique subtile qui régit nos comportements avait été trafiquée pour nous conter cette fable à la fois branque et amoureuse des hommes. Inoubliable."



Un film montrant l'affrontement entre une multinationale et des amoureux de leur nature.
Mais encore une composition de Mark Knopfler
auquel fut confié la bande originale, tellement originale qu'elle s'est construit sa propre vie :

- "Mark Knopfler est né le 12 août 1949 à Glasgow. Ses parents sont des immigrés hongrois qui ont fui le nazisme pendant la guerre. Impossible de ne pas associer le nom de Mark Knopfler à celui de Dire Straits. En effet, il fut de 1978 à 1993 le leader du groupe anglais le plus précurseur et le plus populaire de son époque. Mis à part Dire Straits, Mark Knopfler n'a pas été en reste et sa discographie et ses nombreuses collaborations ont fait de lui une star à ses dépends.
(…)
Il faut attendre 1982 (et une accalmie dans l'agenda du groupe Dire Straits) pour que Mark Knopfler commence sérieusement à travailler en solo, il enregistre sa première bande-son : Local Hero (un superbe film de David Puttman avec comme acteur Burt Lancaster). C'est une musique très celtique et Mark a pris beaucoup de soin à enregistrer l'album (il en est de même pour toutes ses bandes-son)."
(MYGMUSIQUE, webzine musical).




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