MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

lundi 11 septembre 2017

Entre oubli, négation, retour à la mémoire



« Entre oubli, négation, retour à la mémoire »

 
Ce titre donné par Jean-Emile à la conférence présentée à l’Université Libre de Bruxelles (Ecole de Santé publique/ 9ème journée sur la Médecine du Travail en mars 2007) s’impose en ce jour de souvenir ému ... pour évoquer le Chemin de la mémoire réalisé depuis peu dans la commune de Les Mazures sur base des recherches menées par Jean-Emile de 2002 à 2007 afin de sortir du déni l’unique Judenlager implanté dans les Ardennes françaises (arrondissement de Charleville-Mézieres, au carrefour entre Revin, Renwez et Bourg-fidèle).
  
(Photo Jan Landau DR)

Inauguré il y a quelques mois, ce chemin retrace «l’histoire oubliée du seul camp pour Juifs en Champagne-Ardenne pendant la seconde guerre mondiale. Les Mazures : antichambre de la mort avant Auschwitz. Un rouage ardennais de la Shoah» intitulé du blog de Jean-Emile retraçant ses recherches (236 pages février 2006 à mai 2008).
 
(Photo Y. Reicher DR)

Le Judenlager des Mazures :

 
288 juifs raflés à Anvers descendent d’un train à Revin en juillet 1942 pour rejoindre à pied la commune de Les Mazures où ils sont mis au travail forcé pour produire du charbon de bois jusqu’en 1944.

Des octobre 1942 commence la déportation des premiers travailleurs forcés vers Malines, étape de l’ignoble chemin vers Auschwitz-Birkenau par le convoi XV vers «la solution finale
» mise en œuvre par les nazis.
 

239 morts : 237 en déportation, 2 fusillés après évasion

22 évadés

27 survivants



(Photo Jan Landau DR)
 
 
Le chemin est accessible à tous et aboutit à la pierre du souvenir érigée en 2005 sur le site par l’Association pour la Mémoire du Judenlager des Mazures fondée par Jean-Emile Andreux et présidée par Yaël Reicher (fille d’un évadé du camp) ...


(Photo F. Parizel DR)

«Dans les couches molles de l’oubli, au milieu de ces morts qui n’existent plus ...Rallumer la flamme , la vie ... Frotter entre elles les pierres du silence ...», selon la citation choisie par JEA, (le Monument/Claude Duneton)

   (Photo Jan Landau DR)


Onze ans plus tard la Commune et ses habitants regardent le passé en face et par la réalisation de ce chemin sont à leur tour, selon la citation chère à JEA «le témoin du témoin pour proclamer l'imprescribilité de la mémoire et de son dire» (R. Ertel/Brasier de mots).

    (Photo Jan Landau DR)

 


 

 



 

 

 

(Photo Jan Landau DR)

(Photo Jan Landau DR)










6 commentaires:

  1. C'est avec émotion que j'ajoute un grand bouquet de fleurs; aucun oubli ici ni du passé ni de JEA.

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  2. Merci pour ce billet d'hommage, si fidèle à l'esprit de ce blog. Je pense souvent à JEA et je suis heureuse de voir se concrétiser ainsi son travail de mémoire exemplaire. Félicitations.

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  3. porter et passer le flambeau, pour témoigner et ne rien oublier grâce à vous et pour vous.
    En mémoire de vous Monsieur Jean.
    Sable du temps.

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  4. je pense moi aussi très souvent à JEA
    il reste présent dans mon coeur et mes souvenirs
    Merci

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  5. Merci de réactiver la mémoire de Jean Émile en rappelant son travail inlassable de mémoire.

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  6. Je n'ai pas oublié non plus JEA, je me demande souvent ce qu'il aurait pensé de tel ou tel évènement actuel. Merci de ce billet qui nous le rappelle.

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Les commentaires sont modérés dans la mesure où les spams ne sont pas vraiment les bienvenus (ils ne prennent pas de vacances)