MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz
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dimanche 6 octobre 2013

P. 267 "93, la belle rebelle", film de J-P Thorn


Synopsis :

- "Une épopée - du rock au slam en passant par le punk & le hip hop - incarnant un demi-siècle de résistance musicale flamboyante et se faisant porte-voix d'une jeunesse et de territoires en perte d'identité, sous les coups des mutations industrielles, des désillusions politiques et de l'agression constante des pouvoirs successifs les stigmatisant comme «voyous», «sauvageons» ou «racailles».
Ou comment, par strates successives, s'est fabriquée une contre-culture «underground» réinventant - par-delà le délitement des valeurs traditionnelles de la «banlieue rouge» - d'autres codes, d'autres mots, d'autres sons, d'autres façon de bouger, de colorer les espaces, d'écrire et de penser le monde… qui permettent à toute une jeunesse, se vivant comme exclue, de trouver ses repères et sa place dans la cité.
La banlieue - à contrario des clichés - se révèle un espace incroyablement riche de métissages engendrant une créativité époustouflante."


Arte et autres soutiens :

- "Ce documentaire existe grâce à l’action menée conjointement par deux associations culturelles de Seine-Saint-Denis :
- Zebrock
et
- Périphérie.
Active depuis vingt ans, Zebrock développe de nombreux projets éducatifs et s’attache à faire vivre la création indépendante.
De son côté, Périphérie a accueilli le film de Jean-Pierre Thorn dans le cadre de Cinéastes en résidence, un dispositif d’aide à la création qui a pour particularité d’intervenir au moment du montage image. 
Le film a été diffusé sur Arte le 25 novembre 2010 dans une version de 52 minutes, une sortie dans « quelques » salles de cinéma a suivi le 26 janvier 2011 dans un format plus long.
Enfin, la version DVD est disponible depuis début décembre 2010."

En novembre 2010, le blog Mo(t)saïques avait été sabordé depuis quelques mois déjà pour cause d'épidémie à bord. En conséquence, impossible de saluer la programmation sur Arte de ce docu refusant de mentir et de se taire...

Puis janvier 2011. La sortie - dans quatre premières salles - du film de Jean-Pierre Thorn coïncidait avec les débuts cahin-caha de cette seconde tentative de proposer sur un blog le sel de mes mots, de mers pas encore mortes et de terres à rides... Mais Le Monde, Libération et Positif, pour se limiter à ces trois références, mettaient leur poids dans la balance des infos et des critiques pour soutenir la belle pellicule rebelle de mon vieux pote JP. Que pesait le mini-David Mo(t)saïques 2 avec ses quelques commentaires, aussi somptueux soient-ils ?
Avec le temps, les regrets deviennent remords. 
Et donc cette page pour au moins rappeler qu'un DVD empêche 93, la belle rebelle de finir au cimetière des films perdus... 
De plus, un site pose dans toute la France les cailloux de projections-débats sans pellicule commercialement complaisante ni langue de bois.  

Jean-Pierre Thorn, vous vous souvenez, en 1980 déjà... (DR).

Jean-Pierre Thorn, cinéaste :

- "Je ne cesse de chercher - d'un film à l'autre – un cinéma épique : trouver une forme éclatée, hybride, une écriture faite de collages, cette fameuse « unité des contraires »: les contrepoints image/son, les cadrages en conflit avec les couleurs, les cadrages serrés avec l'immensité des plans d’ensemble, l'intimité des êtres en conflit avec l'universalité de la fable qui les traverse. Un cinéma musical qui pulse le spectateur."

Jean-Pierre Thorn, le 93 :

- "J'aime l'immensité des espaces de la banlieue : cet enchevêtrement d’architectures en perpétuel mouvement : construit, rasé, remodelé, reconstruit… Et dans ce «no mans land» fascinant – intervalle de la ville en jachère – l'incroyable surgissement de la nature qui ne cesse de repousser et recouvrir les ruines des industries passées. J'aime les friches, la poésie des squats, la beauté des canaux et voies RER qui transpercent la ville et ouvrent des brèches dans l'imaginaire vers d'autres destins possibles. J'espère, par mes images, rendre compte de cette beauté sauvage, de ces vibrations de couleurs pastel, de ce murmure de la ville quand on la contemple depuis les tours."

Jean-Pierre Thorn, son film :

- "Le film épouse le mouvement allant du rock pour fuir l'usine (dans les années 60) jusqu'au slam aujourd'hui pour recréer de l'activité et du lien social dans un monde d'où le travail s'en est allé. C'est cette mutation intense, que je cherche à cerner, derrière le déplacement des musiques et des personnages. (...) À travers le raccourci du film, prendre conscience de l'incapacité chronique de tous les pouvoirs (de droite comme de gauche) à répondre aux utopies de la jeunesse autrement que par l'expulsion et la violence."

Marc Perrone et son accordéon diatonique. A Saint-Ouen, avant une soirée centrée sur le cinéma de Jean-Pierre Thorn et avant que le public ne vienne bruisser et frémir, Marc Perrone nous offrit un "Temps des cerises" qui reste le plus merveilleusement mélancolique des souvenirs (DR).

Yann Tobin :

- "Rebelle, la "belle", comme après une revanche. Loin des clichés médiatiques et du côté boy-scout bien-pensant, la banlieue chante sa révolte, et c'est revigorant."
(Positif).

Xavier Leherpeur :

- "Il y a le rock de complaisance, pour amis du président réfugiés en Suisse. Et celui de résistance, pour populations indésirables, entassées à la périphérie parisienne. C’est à celui-ci que s’intéresse ce documentaire, revenant aux origines de cette musique de banlieue et fière de l’être, prolétarienne, identitaire et rageuse. Pulsation de ces lendemains qui déchantent mais refusent d’abdiquer qui, depuis près de cinquante ans, avec le hip-hop ou le slam, ne cesse de se régénérer."
(Le Nouvel Obs).

Le Parisien :

- "Depuis les années 1960, c'est dans le 93 que ça se passe. La naissance du yé-yé, puis du hip-hop, avec NTM et le DJ Dee Nasty, la chanson engagée de Marc Perrone, le rock alternatif, avec Bérurier Noir et le fameux squat de Montreuil, évacué par la police en 1986, et plus récemment le slam, de Grand Corps Malade à D'de Kabal. Autant de parcours militants entre bidonvilles et cités ouvrières qui permettent de mieux cerner cette banlieue à fleur de peau."
(26 janvier 2011).

Serge Teyssot-Gay (DR).

Carole Melleliri :

- "Loin du prosélytisme aveugle, Jean-Pierre Thorn construit une parole éminemment structurée et richement documentée sur des banlieues, dont il a suivi l’évolution de manière privilégiée et constitué une vision précieuse au fil de ses travaux documentaires depuis la fin des années soixante. Dans On n’est pas des marques de vélos (2003), il avait choisi l’univers de la danse hip-hop pour se pencher sur un sujet politique : celui de la double peine. Dans 93 La belle rebelle, histoires sociale et musicale sont imbriquées pour montrer la splendeur d’un territoire souvent décrié, où la création artistique relèverait toujours d’une forme d’engagement.
(…) En retraçant l’histoire culturelle de la Seine-Saint-Denis, 93 La belle rebelle montre comment des courants musicaux ont émergé successivement en réaction avec le contexte politique et social, de telle sorte que chaque nouvelle tendance apparaît comme la conséquence ou le prolongement du précédent. La succession des numéros musicaux (archives ou performances) et des témoignages intimistes font du rock, du punk, du hip-hop et du slam les maillons d’une même chaîne, concourant à libérer la voix révoltée de populations tantôt négligées, tantôt stigmatisées."
(Critikat.com, 25 janvier 2011).

Isabelle Regnier :

- "A la rencontre des musiciens du 93 qui ont écrit, depuis les années 1960, les pages françaises de l'histoire du rock, du slam en passant par le jazz, le hip-hop ou le punk, Jean-Pierre Thorn montre comment la musique fut une planche de salut pour des générations de jeunes, confrontées, les unes après les autres, aux maux de la banlieue.
(…)
On croise ainsi la route de Daniel Baudon, qui commença sa carrière de batteur dans un groupe de rock'n'roll au début des années 1960, de Lauran, guitariste des Béruriers Noirs, de Dee Nasty, ou encore Joey Star et Kool Shen de NTM. Ces derniers n'apparaissent que dans des images d'archives mais pas des moindres : des captations de leurs concerts mythiques, mais aussi une confrontation édifiante, sur le plateau d'une émission de télévision animées par Paul Amar, avec Eric Raoult qui était alors ministre délégué auprès du ministre de l'aménagement du territoire, de la ville et de l'intégration.
La musique est forte, et la parole qui circule tendre, émouvante, sans concession. Porté par une foi dans l'art, dans le bouillonnement d'énergie de la jeunesse, le film n'en est pas moins sous-tendu par la perspective très noire d'une évolution constante de la situation de la banlieue en général, et du 93 en particulier."
(Le Monde, 25 janvier 2011).


Utopia :

- "Jean- Pierre Thorn, cinéaste des luttes depuis les années 70, aurait pu raconter son neuf trois, département objet de tous les fantasmes et de tous les clichés sous le prisme de l’analyse historique et politique. Jean-Pierre Thorn, cinéaste militant, est embauché comme ouvrier établi (l’établi désigne ces intellectuels qui faisaient le choix de s’immerger comme ouvriers dans la vie dune usine) à l’usine Alsthom de Saint Ouen et il sait donc très bien que la vie sociale et politique de ce département est foisonnante et mérite d’être racontée. Un département créé en 1968 par le pouvoir gaulliste pour contenir le rôle du parti communiste qui domine la vie politique sur tout l’Est parisien. Ainsi, grâce à De Gaulle, le ghetto rouge était né.
Jean-Pierre Thorn aurait pu raconter les bouleversements géographiques et architecturaux d’un département qui a vu les grands ensembles fleurir et remplacer les taudis et avec eux de nouvelles populations apparaître. Dans les années 60, les classes populaires françaises ont vu apparaitre les immigrés venus des pays du Sud. Puis les premiers taudis ont disparu et aujourd’hui réapparaissent, construits par les nouveaux immigrants venus de l’Est.
Mais Jean-Pierre Thorn a préféré aborder son département sous un angle bien particulier : celui de la musique et plus spécialement de la contre-culture musicale qui y a toujours sévi. Car en parlant de la musique, on parle de tous les bouleversements sociaux. Et Thorn convoque les témoins sur les lieux de leur crime : Daniel Baudon évoque l’apparition du rock à la sortie des usines dans les années 60 ; l’accordéoniste Marc Perronne raconte les luttes sociales des années 70 ; Loran de Bérurier Noir nous parle des premiers grands squats musicaux et de l’émergence du punk et du rock alternatif au début des années 80. Presque au même moment, Dee Nasty occupe un terrain vague pour y faire naitre le terreau du hip hop français, dont le plus célèbre représentant sera NTM. Aujourd’hui, alors que le rock incitait à oublier son usine, le slam retisse un peu du lien social largement ébranlé dans le 93."
(Avignon, 17 juillet 2011).

Loïc Ballarini :

- "C’est de l’attention à la complexité et à la profondeur que l’on tire les histoires les plus réussies. L’Histoire de la musique en banlieue que propose Jean-Pierre Thorn l’est assurément : parce qu’elle conte une histoire particulière, celle de la musique, dans ses soubresauts et ses continuités, traitant à la fois de l’apparition de nouveaux styles et des points communs avec les précédents ; et parce que cette « petite » histoire n’est jamais loin de la « grande », la musique jamais coupée des autres dimensions de la vie en et au-delà de la Seine-Saint-Denis."
(Lectures, 15 février 2011).

Isabelle Hanne :

- "93, la belle rebelle est une visite sensorielle dans l’espace et le temps, une succession d’images et de sons qui transmettent l’énergie vorace qui anime ces artistes. Insoumis, politisés, fiers, avec leur refus des codes et leur envie de gueuler : le réalisateur établit une parenté entre tous, une filiation. La culture de la Seine-Saint-Denis en héritage."
(Libération, 25 novembre 2010).

D’ de Kabal, rapeur :

- "Si je me sens pluriel, c’est parce que j’ai grandi ici, et qu’ici, les gens sont assez proches les uns des autres, les murs sont pas très épais…
(…) Même si on fait partie des gens qui ont écrit des textes assez virulents sur ce type d’environnement, sur l’oppression quotidienne qu’on peut ressentir à vivre dans ce genre de cadre, on fait partie aussi des gens qui avancent l’idée selon laquelle il se passe des belles choses."





Diffusions :

Le 10 octobre 2013 : au Mans (Sarthe), festival "Crève la Dalle"
Le 11 octobre 2013 : le Mée sur Seine (77350), Espace Cordier MJC Le Chaudron, 361 Avenue du Vercors 77350 Le Mée sur Seine 
Le 17 novembre 2013 : à Toulouse, à la Médiathèque Grand M à 15h00



Plus d'informations : www.adr-production.fr


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lundi 16 septembre 2013

P. 266. Ake Edwardson : "Voile de pierre" - Bill Forsyth : "Local Hero" - Mark Knopfler : "Going Home"

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Ake Edwarson,
Voile de pierre,
10-18, 2007, 526 p.


Présentation de l’Editeur :

- "Göteborg, Suède... C'est le règne de l'été indien et le début d'une enquête casse-tête pour le commissaire Erik Winter. Notre flic suédois se retrouve contraint de filer vers l'Écosse afin d'y élucider la disparition d'un marin pêcheur au large des côtes calédoniennes. Un fait divers d'autant plus troublant que le grand-père du disparu s'est volatilisé soixante ans auparavant dans des conditions similaires. Crime ou accident ? À lui d'y voir plus clair... Au même moment, à Göteborg, l'inspecteur Aneta Djanali, originaire du Burkina Faso, se frotte à une sordide histoire de violences conjugales. Quitte à raviver les plaies béantes de son passé, le temps d'un chassé-croisé transfrontalier à la moiteur inattendue..."

Citation :

- "Une fois que tout fut terminé, Winter put revoir le film des événements. Lorsque tout fut dit, il comprit que tout avait une autre signification. Tout s'éclaira.
L'identité est quelque chose que nous empruntons, un rôle, un masque. Nous franchissons la frontière qui sépare la vérité du mensonge, et la lumière se condense en ténèbres…"

Gérard Meudal :

- "Winter est, avec le commissaire Wallander de Henning Mankell, la figure la plus réussie du polar suédois contemporain, et ce cinquième épisode de ses aventures entre Göteborg et l'Écosse en est la confirmation éclatante."
(Le Monde des livres).


Le port de Pennan (Graph. JEA/DR).

Si votre lecture a suivi Erik Winter dans le sillage de cette enquête en Ecosse, un réverbère va s'allumer pour vous à la page 362 :

- "Il voyait une petite localité au bord de la mer. Ah oui : Local Hero. D'après ses souvenirs, ce film avait été tourné en Ecosse, sur la côte, à un endroit où on regardait de travers tous les nouveaux venus."

Puis un second réverbère page 363 :

- "Le film tourné en Ecosse lui revint à l'esprit. Les maisons serrées les unes contre les autres, l'auberge et l'homme plein de ressources qui la dirigeait. Un Américain et lui étaient en négociations à propos de la vente d'un terrain près de la mer."

A peine sadique, Ake Edwarson laisse tomber ces deux réverbères. Pour n'y revenir qu'à la page 474 :

- "Ils s'étaient garés devant une maison ornée d'un dauphin et portant le nom de Dolphin Cottage Nr 10.
- Tu te souviens du film ? demanda Macdonald.
- Oui, j'y repensais il n'y a pas longtemps au fait.
- Tu reconnais le village ?
- Je crois...
- Les baraques sont toujours là. Mais le film est bâti sur l'illusion, du bluff, si on veut. Illusion parfaite du mensonge de l'image.
- Ah bon, comment ça ?
- Tu vois ce petit coin de bord de mer, poursuivit Macdonald en le désignant de la tête. Dans le film, il a des proportions bien plus impressionnantes et Burt Lancaster peut l'arpenter dans tous les sens, en toute tranquillité.
- Ah.
- En réalité, ils ont monté des vues des maisons de Pennan sur d'autres plages de Morir. C'est sur la côté ouest, au sud de Mallaig, d'où l'on prend le ferry pour Armadale, sur l'île de Skye (...). Ils ont donc tout simplement mélangé Pennan et Morir.
(...)
Winter se retourna.
- Je reconnais aussi la cabine téléphonique, dit-il en désignant le petit édifice rouge, de l'autre côté de la rue.
(...)
Une femme sortit d'une maison, à soixante-dix mètres de là. Elle vint vers eux et les salua. Elle portait un fichu mais n'était pas plus âgée qu'eux.
(...)
- Par temps clair, on voit les Orcades, avait précisé la femme.
- Et des aurores boréales ? avait demandé Winter.
- Oh, vous avez vu le film, vous..."

LA cabine téléphonique de Pennan, image du film (DR).

Le dénouement déchirant cette Voile de pierre n'est plus loin. Mieux que le mot "fin", ce roman se termine sur des questions, tant pis pour les certitudes...
Alors, d'une bibliothèque, passons au cinéma.
Pour une projection de :

Local Hero

Un film de Bill Forsyth, 1983, avec Burt Lancaster, Peter Riegert, Fulton Mackay, Denis Lawson, Norman Chancer, Peter Capaldi, Rikki Fulton, Alex Norton, Jenny Seagrove, Jennifer Black...
110 minutes.

Synopsis :

- "Une multinationale décide d'implanter un complexe pétrolier dans un petit village de pêcheurs du Nord de l'Ecosse. Les tractations que mènent technocrates et villageois prennent une tournure bien surprenante."


Affiche du film en 1983 (DR).

Tad McIllwraith :

- "It is the story of a man from a Texas oil company sent to Scotland to buy up all of the property on an ocean bay for the construction of an oil refinery.
C'est l'histoire d'un homme qu'une compagnie pétrolière du Texas envoie en Ecosse pour racheter la totalité des biens sur une baie en bord de l'océan et afin d’y construire une raffinerie de pétrole.
It is presumed by the company that the task will be easy.
Il est supposé par la compagnie que cela ne posera aucun problème.
To the man's surprise, the people who live in the community on the bay are attached to their homes and to the bay on which they are located.
À la surprise de l'envoyé, les gens qui vivent dans cette communauté sont attachés à leurs foyers et à la baie au bord de laquelle ils vivent.
And, perhaps more surprising, the oil man falls in love with the place too.
Et, peut-être plus surprenant, le pétrolier tombe aussi amoureux de cet endroit.
Sorting out old loyalties to the oil company and new ones to the community by the bay further the plot of the film.
L’intrigue du film repose sur le choix entre la fidélité à la compagnie pétrolière et ce nouvel attachement à la communauté de la baie."
(Notes anthropologiques, Canada, 2 septembre 2010. trad. approximative JEA).

Danièle Heyman et Alain Lacombe :

- "Le film démarre dans les bureaux survoltés d'une multinationale pétrochimique de Houston (Texas). Le Pdg, Happer (Burt Lancaster), décrète l'installation à Ferness, port de pêche de la côte nord de l'Ecosse, d'un complexe pétrolier. Pas moins insolite qu'un martien, l'homme de la mission, Mac Intyre, débarque avec son costume trois-pièces, son attaché-case, son sens de l'efficacité dans ce village; beau comme un jeu de construction dont l'atmosphère et le mode de vie auront peu à peu raison de lui.
(...)
Réalisateur écossais, Bill Forsyth donne une personnalité cosmopolite et cependant infiniment authentique à son village, avec l'aubergiste aux multiples fonctions,le clochard de la plage pour qui le prix des choses s'évalue en grains de sable, le prêtre venu d'Afrique, et le pêcheur soviétique.
Par-dessus tout domine la tutelle de la nature. Ce sont la mer, la lande, les cieux bas et les aurores boréales qui commandent. Local Hero est un film souvent comique. Et un peu cosmique."
(L'année du Cinéma 1984, Calmann-Lévy, 1984, 253 p., p. 181).

Diki2 :


- "Vu une nouvelle fois et on ne s'en lasse pas. Décalé, sensible avec un humour toujours surprenant qui pourrait passer pour farfelu s'il n'y avait pas ce regard profondément humain posé sur des êtres improbables que tout oppose, mais qui se trouvent réunifiés par la grâce de ce film enchanteur. Un film gai, optimiste et porteur d'espoir pour ceux et celles qui ont eu le bonheur , comme moi de le découvrir. Comme si la mécanique subtile qui régit nos comportements avait été trafiquée pour nous conter cette fable à la fois branque et amoureuse des hommes. Inoubliable."



Un film montrant l'affrontement entre une multinationale et des amoureux de leur nature.
Mais encore une composition de Mark Knopfler
auquel fut confié la bande originale, tellement originale qu'elle s'est construit sa propre vie :

- "Mark Knopfler est né le 12 août 1949 à Glasgow. Ses parents sont des immigrés hongrois qui ont fui le nazisme pendant la guerre. Impossible de ne pas associer le nom de Mark Knopfler à celui de Dire Straits. En effet, il fut de 1978 à 1993 le leader du groupe anglais le plus précurseur et le plus populaire de son époque. Mis à part Dire Straits, Mark Knopfler n'a pas été en reste et sa discographie et ses nombreuses collaborations ont fait de lui une star à ses dépends.
(…)
Il faut attendre 1982 (et une accalmie dans l'agenda du groupe Dire Straits) pour que Mark Knopfler commence sérieusement à travailler en solo, il enregistre sa première bande-son : Local Hero (un superbe film de David Puttman avec comme acteur Burt Lancaster). C'est une musique très celtique et Mark a pris beaucoup de soin à enregistrer l'album (il en est de même pour toutes ses bandes-son)."
(MYGMUSIQUE, webzine musical).




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lundi 22 juillet 2013

P. 250. 22 juillet 2000 : Claude Sautet ne filme plus l'air du temps ni les choses de la vie...


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Claude Sautet

Le Nouvel Observateur

- "Le réalisateur Claude Sautet est mort samedi à Paris, à l'âge de 76 ans, des suites d'un cancer du foie, a indiqué ce lundi son producteur Alain Sarde. Il était né le 23 février 1924 à Montrouge, dans la banlieue parisienne, avait rejoint en 1946 les bancs de l'Idhec (Institut des hautes études cinématographiques) après un court passage à l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (…).
Claude Sautet avait découvert le cinéma "sous l'Occupation, et surtout à la Libération, avec l'arrivée des films américains : Orson Welles, le Film noir... Avant j'avais été très impressionné par Le jour se lève de Jean Carné (1939)".
Mais le réalisateur n'est pas venu au cinéma par passion, au contraire : "C'est mon manque de développement dans la pratique de la musique et de la sculpture qui m'a fait venir au cinéma". Ce qui explique l'importance croissante de la musique dans ses films, qui lui fera dire : "aujourd'hui, quand je commence un film, l'anecdote m'ennuie, je suis contraint de fournir un minimum d'explications, mais en fait, le véritable développement du film est d'ordre musical". "Plus l'univers se standardise, plus la singularité m'intéresse", poursuit-il.
Celui que l'on nommait le "cinéaste des quadras" (Le Monde du 19/10/95) (…) répondait : (…) "Je filme l'air du temps et c'est tout".
(24 juillet 2000).

Jean-Paul Rappeneau
(1)

- "Je ne sais pas si j'ai perdu un père ou un frère, en tout cas un ami. (...). Il m'a appris -à moi comme à d'autres- l'importance d'un ressort dramatique souterrain, comme une corde cachée et tendue, courant sous le récit, avec de très brefs éclats, des ruptures violentes dont, à l'écran, les colères de Michel Piccoli auront été la plus juste expression: ces éclats étaient ceux-là mêmes dont Claude était coutumier."
(Le Monde, 23 juillet 2000).

Rodolphe Marion de Procé

- "Le cinéma de Claude Sautet constitue bien un cinéma marginal. Il n’intègre aucune tendance, et possède une touche très personnelle. C’est pour cela que Claude Sautet occupe une place particulière dans le cinéma français. Claude Sautet est un homme dont la carrière a été atypique : il a été une sorte de touche à tout dans le milieu du cinéma et dans l’univers artistique en général. Il a en même temps toujours cherché à rester humble et discret, tant au cours de son activité de « ressemeleur de scénario », qu’au moment de recevoir une récompense (…).
Si le cinéma de Claude Sautet a pu être beaucoup critiqué, ses œuvres ont ému et continuent à émouvoir. Ses films n’ont certes pas tous été des succès : certains films, comme Un mauvais fils ou Garçon !, ont représenté des échecs cinglants. Au contraire, d’autres réalisations, à l’image des Choses de la vie, ont fait l’unanimité.
Il s’agit d’un cinéma problématique, ce qui explique que bon nombre de films de Sautet ont été jugés différemment par les critiques de cinéma, les cinéphiles et le public."
(il était une fois LE CINEMA).



Les Choses de la vie

D’après le roman de Paul Guimard (2).
Tournage de juin à août 1969.
Prix Louis Delluc 1969.
Première composition de musique de film pour Philippe Sarde (3).
Avec aussi Léa Massari, Jean Buisse (4).

Synopsis


- "Un grave accident de la route rassemble badauds et policiers à un croisement. On donne les premiers soins au conducteur de l'un des véhicules, Pierre, qui vient de perdre le contrôle de sa voiture. Tandis que l'ambulance l'emmène vers l'hôpital, le moribond se souvient. A 40 ans, architecte estimé, il semble avoir parfaitement réussi sa vie. En réalité, son existence l'ennuie. Il s'est séparé de sa femme, qu'il aime peut-être encore, et étouffe sous l'amour trop exclusif de sa maîtresse, Hélène. Son fils ne cesse de lui témoigner une hostilité nourrie du dépit d'avoir été abandonné. Le jour de l'accident, Pierre décide de rompre avec Hélène, et prend la route..."

N. T. Binh (5)

- "C’est par hasard qu’un de ses amis, l’écrivain et scénariste Jean-Loup Dabadie (6), lui fait lire en 1969 un projet qui va changer sa vie. Il s’agit des Choses de la vie, d’après un roman de Paul Guimard, un drame sentimental construit en flash-back, à partir d’un accident de voiture. Pour Sautet, c’est un contre-emploi, car il n’est connu que pour des polars virils… et peu rentables. Mais il se passionne pour le projet et le film devient l’un des plus gros succès de l’année, transformant Michel Piccoli et Romy Schneider en superstars du cinéma français. Par la même occasion, Sautet devient un des metteurs en scène les plus « en vue » du moment. Pendant dix ans, il va connaître des triomphes au box-office : César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul… et les autres (1974), Une histoire simple (1978), autant de films écrits par le même Dabadie, où le public et la critique vont percevoir une chronique sociale douce-amère de la France des années 1970."
(Cinémathèque Québécoise, février-avril 2012)

Gérard Crespo

- "La mélancolie et la mort hantent ce film où l’humour et les agréments sont absents, cette noirceur étant d’autant plus manifeste que le récit est celui d’un homme qui se souvient des jalons de son existence au moment de son accident de la route... C’est d’ailleurs à cet égard que le montage des Choses de la vie est fabuleux, le crash de Paul donnant lieu à une série de flash back judicieusement agencés, avec pour leitmotiv le véhicule conduit par un malheureux bétailleur (Bobby Lapointe). Grand film romanesque porté par la sublime partition de Philippe Sarde, Les choses de la vie obtint le Prix Louis Delluc, connut un grand succès public et marqua un tournant dans la carrière de ses deux interprètes à qui Sautet fera de nouveau appel. Michel Piccoli, sobre et puissant, devint, avec Montand, l’acteur vedette de sa génération le plus important de la décennie. Après La piscine, Romy Schneider, superbement belle et émouvante, s’inscrivait définitivement dans le paysage du cinéma français dont elle sera la star jusqu’à sa mort."
(avoir-alire).


Pierre et Hélène (DR).

Festival du Film d’Amiens

- "Les Choses de la vie fait connaître Claude Sautet au grand public et ouvre une nouvelle étape de sa carrière. Quatre rencontres majeures sont à l’origine de cette renaissance : Romy Schneider, dont il marquera à jamais la carrière ; Michel Piccoli, qui devient son double à l’écran ; Jean-Loup Dabadie, à l’origine du projet, qui deviendra son principal scénariste ; Philippe Sarde qui signera toutes les musiques de ses films.
Les Choses de la vie n’est pas le marivaudage bourgeois que l’on imagine parfois, mais l’histoire d’un homme heureux de mourir. C’était le point de vue de Sautet, qui ne parlait pas avec la complaisance du pessimiste, mais avec la perspicacité du philosophe. Par ailleurs, la fameuse scène de l’accident demeure l’un des plus beaux moments de bravoure du cinéma français."

Guillemette Odicino

- «Les choses n'arrivent jamais comme on croit. C'est le sujet de tous mes films.» : Claude Sautet concluait ainsi ses Conversations avec Michel Boujut, parues chez Actes Sud. Foin de la bourgeoisie pompidolienne et des ambiances de bistrots à l'heure du coup de feu ! Claude Sautet fut surtout le cinéaste de l'angoisse et de la confusion de vivre, et cela dès Les Choses de la vie, son troisième film.
Avec Pierre (Piccoli, intériorisé), ce quadragénaire qui hésite entre deux vies, celle avec sa femme et celle avec sa maîtresse éprise d'absolu (Romy, frémissante), il entamait une longue liste d'hommes qui fuient. Son accident de voiture au début, filmé en divers ralentis (scène célèbre, composée de soixante-six plans, souvent citée par John Woo !), donne sa puissance tragique à ce banal dilemme. Pierre roule pour être seul et différer sa décision. Le moment euphorique du choix (oui, je l'aime) lui sera fatal. Dans les histoires de Sautet, il est quelquefois « trop tôt », souvent « trop tard », mais les femmes restent les plus beaux accidents qui puissent arriver aux hommes."
(Télérama, 11 août 2012).



La Chanson d'Hélène,
paroles de Jean-Loup Dabadie
et musique de Philippe Sarde

- "Ce soir nous sommes septembre
et j'ai fermé ma chambre
Le soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus
Là-haut un oiseau passe comme une dédicace
Dans le ciel

Je t'aimais tant Hélène
Il faut se quitter
Les avions partiront sans nous
Je ne sais plus t'aimer Hélène

Avant dans la maison j'aimais quand nous vivions
Comme dans un dessin d'enfant
Tu ne m'aimes plus
Je regarde le soir tomber dans les miroirs
C'est ma vie

C'est mieux ainsi Hélène
C'était l'amour sans amitié
Il va falloir changer de mémoire
Je ne t'écrirai plus Hélène

L'histoire n'est plus à suivre
et j'ai fermé le livre
Le soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus."


NOTES :

(1) Jean-Paul Rappeneau. Né le 3 avril 1932. Réalisateur (économe) de : La Vie de château (1966), Les Mariés de l'an II (1971), Le Sauvage (1975), Tout feu, tout flamme (1982), Cyrano de Bergerac (1990), Le Hussard sur le toit (1995) et de Bon voyage (2003).

(2) Paul Guimard (3 mars 1921-2 mai 2004). Epoux de Benoîte Groult.
Institut F. Mitterrand :
- "Paul Guimard eut tout au long de sa vie deux passions, la mer et l’écriture. Ce breton grand et massif était né le 3 mars 1921 à Saint-Mars-la-Jaille (Loire-Atlantique). Après des études à Nantes, Paul Guimard débute sa vie professionnelle comme journaliste en animant à la radio « La tribune de Paris » où il invitait des hommes politiques. Sa carrière littéraire commença en 1956, avec un premier roman, « Les faux frères ». Le succès fut immédiat : le livre remporte le grand prix de l’Humour. Un an plus tard, « Rue du Havre » fut couronné par le prix Interallié. Membre du jury de ce prix à partir de 1960, Paul Guimard fut également éditeur conseil chez Hachette et éditorialiste à l’hebdomadaire « L’Express », de 1971 à 1975. En 1962, il fit le tour du monde à bord du voilier La Constance et tient en direct son journal de bord pour une émission de la radiodiffusion française, « Cap à l’Ouest », qu’il poursuivit en dépit d’un grave accident qui le cloua au lit en 1963. Cette expérience lui inspira son ouvrage le plus connu, « Les choses de la vie » paru en 1967 et adapté au cinéma par Claude Sautet avec Romy Schneider et Michel Piccoli.
Vers 1965, François Mitterrand, qui appréciait ses livres, demanda à rencontrer Paul Guimard. Il participa alors à toutes les campagnes électorales et cette complicité devait amener l’écrivain peu familier des antichambres gouvernementales, à rejoindre l’Elysée en 1981."
(Hommage, 24 décembre 2004).

(3) Philippe Sarde, né le 21 juin 1948. Il est âgé de 20 printemps quand en un mois, il donne vie à sa première composition musicale pour le cinéma : Les Choses de la vie. Coup de baguette de maître ! Ensuite, son nom ne cessa de fleurir sur les affiches du 7e art. Avec une belle fidélité au long cours : 8 autres films de Sautet après Les Choses... Et pour ne citer que "quelques" exemples : 13 films réalisés par Pierre Granier-Deferre, 10 films d'André Téchiné, 6 de Bertrand Tavernier etc...
Philippe Sarde reçut le César 1977 de la meilleure musique originale pour le film Barocco d'André Téchiné (avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Marie-France Pisier et Jean-Claude Brialy).

(4) Dans la distribution, je souhaite saluer la figure de Jean Buisse, un acteur emmuré à vie professionnelle dans les seconds rôles, les mises ne valeur des grands mais toujours avec une infinie distinction, un talent tellement respectable, une humanité sans artifice.
Jean Buisse (3 juin 1929 – 6 juillet 1989), époux de l’actrice Isabelle Sadoyan (comme par hasard, sa première apparition à l'écran : Les Choses de la vie).
Jean Buisse se confirma un second rôle exceptionnel et recherché dans plus de 70 films. César 1980 du meilleur acteur de second rôle pour Coup de tête de J. J. Arnaud (avec Patrick Dewaere, France Dougnac et Michel Aumont).
Besson :
- "La disparition de Jean Buisse a été un événement affreux, affreux. Sincèrement, depuis quinze ans que je suis dans le cinéma, c'est l'être le plus adorable que j'aie rencontré. C'était un type généreux, le coeur sur la main. Le genre d'homme qui, sur un court-métrage de jeunes, prenait le chèque que les gars étaient tout fiers de pouvoir lui donner, disait merci et ne le touchait jamais... Il le déchirait en rentrant chez lui. Il avait la faculté de donner le moral à tout le monde : il arrivait quelquefois à des moments du tournage où l'on était à bout, et il racontait des histoires, il nous remontait, il insufflait la pêche à tout le plateau. Il était vraiment très positif."
(Dédicace de Nitika, dernier second rôle de Jean Buisse).

(5) N. T. Binh. Réalisateur du film : "Claude Sautet ou la magie invisible" (2003).
Co-auteur (avec Dominique Rabourdin) du livre : Sautet par Sautet, éditions de La Martinière, Paris, 2005.

(6) Jean-Loup Dabadie, né le 27 septembre 1938. Homme orchestre prolifique et inspiré : chanson, cinéma, théâtre, télévision… Pour ses rares moments de repos et faire semblant de croire à l’immortalité, il occupe le fauteuil 19 de l’Académie française depuis avril 2008.


Serge Reggiani : Le petit garçon,
paroles de Jean-Loup Dabadie,
musique de Jacques Datin.


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lundi 15 juillet 2013

P. 248. La Marseillaise de la Paix, les jeunes de l'orphelinat de Cempuis et Paul Robin, libertaire


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Les dernières notes des derniers bals du 14 juillet s'éteignent dans une nuit que ne transfigurent plus les feux d'artifice.
Drapeaux tricolores, discours plus ou moins généreux et généraux. Marseillaises pétillantes ou sorties parfois de la naphtaline. Anciens dont certains ne savent plus très bien de quoi ils devraient se souvenir. Gosses qui apprennent par coeur des mots comme "égalité", "liberté" et "fraternité" en se demandant si ces mots-là ne finissent pas épinglés comme des papillons...
Il est à craindre que cette année, une Marseillaise soit restée oubliée : celle de la Paix.
Les paroles remontent à 1892. Leurs auteurs : les jeunes de l’orphelinat de Cempuis alors dirigé par Paul Robin.


- "De l'universelle patrie
Puisse venir le jour rêvé
De la paix, de la paix chérie
Le rameau sauveur est levé (bis)
On entendra vers les frontières
Les peuples se tendant les bras
Crier : il n'est plus de soldats !
Soyons unis, nous sommes frères.

Refrain :
Plus d'armes, citoyens !
Rompez vos bataillons !
Chantez, chantons,
Et que la paix
Féconde nos sillons !

Quoi ! d'éternelles représailles
Tiendraient en suspens notre sort !
Quoi, toujours d'horribles batailles
Le pillage, le feu, et la mort (bis)
C'est trop de siècles de souffrances
De haine et de sang répandu !
Humains, quand nous l'aurons voulu
Sonnera notre délivrance !

Refrain

Plus de fusils, plus de cartouches,
Engins maudits et destructeurs !
Plus de cris, plus de chants farouches
Outrageants et provocateurs (bis)
Pour les penseurs, quelle victoire !
De montrer à l'humanité,
De la guerre l'atrocité
Sous l'éclat d'une fausse gloire.

Refrain

Debout, pacifiques cohortes !
Hommes des champs et des cités !
Avec transport ouvrez vos portes
Aux trésors, fruits des libertés (bis)
Que le fer déchire la terre
Et pour ce combat tout d'amour,
En nobles outils de labour
Reforgeons les armes de guerre.

Refrain

En traits de feu par vous lancée
Artistes, poètes, savants
répandez partout la pensée,
L'avenir vous voit triomphants (bis)
Allez, brisez le vieux servage,
Inspirez-nous l'effort vainqueur
Pour la conquête du bonheur
Ce sont les lauriers de notre âge."

Paul Robin dans les archives judiciaires (Graph. JEA/DR).

Paul Robin

- "Laissez l'enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante."

IISH

- "Paul Robin (1837-1912) fut le véritable initiateur du néo-malthusianisme en France. Elève de l'Ecole normale supèrieure, il renonça vite à l'enseignement traditionnel pour connaître, de 1865 à 1879, une vie de militant révolutionnaire et d'exilé politique. En Belgique, d'abord, où il adhère à l'Internationale avant d'être expulsé. En Suisse, où il milite aux côtés de Bakounine. Réfugié à Londres, il entre au Conseil général de l'Internationale - dont il sera vite exclu avec Bakounine - et découvre le néo-malthusianisme.
De retour en France, il est chargé de la direction du premier internat mixte (l'orphelinat de Cempuis). La hardiesse de ses innovations pédagogiques, inspirées de l'idéal libertaire d'"éducation intégrale", lui vaut d'être radié de son poste en 1894".
(International Institute of Social History).

J. Husson

- "En 1880, Paul Robin fut appelé à diriger l'Orphelinat du Département de la Seine. Le milieu dans lequel il allait appliquer ses conceptions pédagogiques était particulièrement difficile, la liberté très limitée par la surveillance du Préfet et du Conseil Général de la Seine. Néanmoins, il trouvait là une sphère d'action qui convenait bien mieux à ses talents de pédagogue né qu'une circonscription d'inspection primaire. Durant les années où il fut le directeur de l'Orphelinat Prévost, Robin allait déployer ses dons extraordinaires d'éducateur et Cempuis peut être considéré comme la première Ecole nouvelle française, précédant de loin toutes les réalisations étrangères. Cempuis eut un véritable rayonnement. Au mois de juin 1890, après une visite de l'Inspecteur d'Académie de l'Oise, une série de conférences pédagogiques fut demandée à Robin qui, de juin à août, exposa dans une douzaine de cantons quelques-unes des méthodes en usage à l'Orphelinat. La même année, et durant les trois années suivantes, des sessions pédagogiques rassemblèrent des pédagogues venus notamment de Belgique et de Hollande. Ce furent de véritables congrès d'éducation nouvelle, illustrés par des expositions et des fêtes enfantines. Le Directeur de l'Ecole Normale d'Instituteurs de Bruxelles M. Sluys, publia dans « La Revue pédagogique belge » la première étude complète sur Cempuis (1890) et invita l'Orphelinat à un voyage en Belgique.
Pour un novateur, l'Orphelinat Prévost offrait une situation privilégiée : l'indépendance vis à vis de la pédagogie officielle, une possibilité d'expériences refusée aux écoles publiques déjà prises dans le moule de l'organisation scolaire, le plein air d'un établissement situé à la campagne, dans un milieu sain et tonifiant, riche en stimulants éducatifs de toutes sortes : l'école-foyer rassemblant des garçons et des fillettes de l'assistance publique, groupés autour d'un éducateur qui, par la coéducation, allait constituer « une famille sociétaire modelée sur la famille naturelle » (G. Giroud). Cette coéducation était une nouveauté extraordinaire en France".
(ICEM, Institut coopératif de l’école moderne – Pédagogie Freinet, Brochure d’éducation nouvelle populaire n°44, mars 1949).

Orphelins-auteurs de la Marseillaise de la Paix (Doc. JEA/DR).

Christiane Demeulenaere-Douyère

- "En 1880, le Conseil général de la Seine donne à Robin la possibilité de mettre concrètement en œuvre ses idées sur l’éducation intégrale en lui confiant, à l’initiative de Ferdinand Buisson qui toujours encouragera l’expérience et la protègera, la responsabilité de l’Orphelinat Prévost. Un de ses premiers actes de directeur est de rétablir la liberté de circulation dans l’établissement et d’instaurer de nouvelles règles de vie en commun entre garçons et filles.
Un des caractères les plus originaux de l’éducation donnée à l’Orphelinat Prévost est la mixité ou mieux la « coéducation des sexes ». Mais, paradoxalement, s’il a été un théoricien plutôt prolixe qui a laissé de nombreux textes sur l’éducation intégrale et ses avantages, Robin a peu développé le sujet de la coéducation en général. C’est certainement l’aspect le moins théorisé de sa doctrine éducative – comme si la coéducation s’imposait d’évidence – et certainement aussi celui dont l’application, dans la pratique quotidienne à Cempuis, a été la plus aboutie. S’il prend néanmoins la plume à plusieurs reprises pour en souligner les caractères positifs à l’Orphelinat Prévost, c’est plus particulièrement pour tenter de se défendre contre les attaques de la presse, et il est clair que pour Robin, la coéducation des sexes c’est d’abord et avant tout sur le terrain qu’elle se démontre et s’évalue."
Un précurseur de la mixité : Paul Robin et la coéducation des sexes », CLIO. Histoire, femmes et sociétés, mis en ligne le 10 novembre 2006, URL : http://clio.revues.org/615 ; DOI : 10.4000/clio.615).

Florence Regourd

- "Quelles leçons ( sic) tirer de l’expérience éducative de Paul Robin à Cempuis ?
La plupart des innovations pédagogiques de Paul Robin sont « banalisées » aujourd’hui, mixité, socle de connaissances pour tous, éducation du corps comme de l’esprit … mais nous ne sommes pas dans la même période et plus dans la perspective d’une émancipation des travailleurs par l’instruction comme réponse aux inégalités économiques et sociales. Certaines pratiques comme l’enseignement mutuel peuvent même, en ces temps de RGPP, se trouver dévoyées du sens qu’il leur donnait tout comme certaines expériences actuelles qualifiées improprement de libertaires ne sont que des masques cachant le travail de déconstruction, de désintégration, de destruction de l’école républicaine et de la laïcité auquel on assiste au même titre que le recul social qui nous place, par certains côtés, au moins un siècle et demi en arrière, soit avant Paul Robin."
(Paul Robin - Pédagogue, franc-maçon, libre penseur, militant révolutionnaire libertaire et néo-malthusien, Picardia l’Encyclopédie picarde, 6 mars 2012).

Paul

- "Ce qui est certain, c’est que Cempuis a été l’une des premières (sinon la première) expérience concrète d’éducation libertaire et qu’à ce titre elle servira de modèle à beaucoup d’autres. Sébastien Faure, lorsqu’il crée « la Ruche », ou Francisco Ferrer lorsqu’il ouvre son « escuela moderna » ne manqueront pas d’y faire référence. Même s’il ne le cite pas explicitement (à vérifier d’ailleurs !), un pédagogue comme Célestin Freinet a probablement appuyé sa réflexion et construit sa pratique pédagogique spécifique en s’appuyant sur les expériences de ses prédécesseurs. Il est donc légitime de rendre à Paul Robin la place de précurseur qui est la sienne, même s’il n’a laissé aucune trace écrite majeure de ses réalisations. Robin n’était pas un intellectuel de salon, c’était avant tout un homme d’action ! Je lui laisse cependant le mot de la fin en ce qui concerne le bilan de son œuvre principale : « Le premier en France, j’ai pendant quatorze ans donné à des enfants une éducation qui les a tous rendus d’une bonne vigueur physique, leur a procuré une instruction, sinon étendue au moins uniquement basée sur des vérités objectives indiscutables, leur a donné l’esprit d’observation, d’expérience, et enfin, malgré leur ignorance et leur dédain de toute conception extra-humaine, les a faits ou laissés des êtres moraux et bons. Dans l’orphelinat Prévost, cet établissement sans Dieu, les garçons et les filles de 4 à 16 et 17 ans furent élevés en commun, en grande famille, dans la plus grande liberté possible, chacun réunissant en lui les qualités des deux classes aujourd’hui ennemies, la culture du cerveau et le métier, présentant ainsi un premier type de ce que doit à court terme devenir tout être humain. »
(La feuille Charbinoise, 3 avril 2009).

lundi 11 février 2013

P. 223. Invitation au Festival : "Blanches Ardennes et les 7 Neiges"...


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Route forestière des Colonies (JEA/DR).

cette année le visage maquillé
de mon village
rappelle celui d'un Auguste ambulant
on se croirait presque dans un cirque
de montagnes...
gamine
la neige joue à cache-cache
elle est survenue par le chemin
des écoliers
les paysages lui sont tombés dans l'oeil
elle ne s'est pas contentée de quelques photos
pour remonter aussitôt dans un impérial autocar
pour touristes saturés
seules quelques fumées
s'évadant malaisément des cheminées
la font hésiter
et encore...
elle tutoie même les arbres abattus
flirte avec les fenêtres sans rideaux
la neige s'est invitée à la table
des oiseaux sédentaires
et des sangliers grands glandeurs
elle boit plus volontiers un coup de blanc
que de communard
se prépare de gros édredons de plumes
pour les pépères gelées
ouvre une seule paupière
quand une chouette engourdie
la caresse avec maladresse
au passage non gardé
entre jour et crépuscule...


(Ph. JEA/DR).

Puisque la neige est bon public dans notre village vite isolé, nous ouvrons aussi et sans complexe (cinématographique), un FESTIVAL du 7ème ART :
....................."BLANCHES ARDENNES ET LES 7 NEIGES"
dont voici la modeste affiche :


- Bataille de boules de neige, Louis Lumière, 1896.

- La Neige était sale, Luis Saslavsky, 1953.

- La neige en deuil, Edward Dmytryk, 1956.

- Neige, Juliet Berto, 1980.

- La Neige et le Feu, Claude Pineau, 1991.

- Y aura-t-il de la neige à Noël ?, Sandrine Veysset, 1996.

- La classe de neige, Claude Miller, 1998.

- Le Tigre et la Neige, Roberto Benigni, 2005.

- Les neiges du Kilimandjaro, Robert Guédiguian, 2011.

Costaud, non ? Un Festival qui tient la route sans chaînes obligatoires ni barrières de dégel !

Personnellement, je voterai pour que notre flocon d'or du meilleur film soit attribuée à :
- Y aura-t-il de la neige à Noël ?
et que Juliet Berto soit saluée par le flocon de la meilleure réalisatrice pour :
- Neige.
Et tant pis si ce film cumule les récompenses mais Raymond Bussières décrocherait :
le flocon du meilleur second rôle.
Enfin un flocon spécial d'encouragement au premier court-métrage reviendrait à :
- Bataille de boules de neige...



Mais au long des entractes, quelles variétés - vous inquiéterez-vous - ?
Adamo, Anggus, Claude Barzotti, Isabelle Boulay, Brel à Liège, Pascal Danel, Serge Gainsbourg, France Gall, Marie Laforêt, Nicolas Peyrac, Tino Rossi, Michel Sardou, Mort Shuman, Anne Sylvestre ???


Que nenni. Claude Nougaro :

 
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jeudi 10 janvier 2013

P. 214. Une chanson de Mac Orlan...


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Paroles de Pierre Marc Orlan,
musique de V. Marceau


- "Un rat est venu dans ma chambre
Il a rongé la souricière
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l'ai pris entre mes bras blancs
Il était chaud comme un enfant
Je l'ai bercé bien tendrement
Et je lui chantais doucement :

Dors mon rat, mon flic, dors mon vieux bobby
Ne siffle pas sur les quais endormis
Quand je tiendrai la main de mon chéri

Un Chinois est sorti de l'ombre
Un Chinois a regardé Londres
Sa casquette était de marine
Ornée d'une ancre coraline
Devant la porte de Charly
A Penny Fields, j'lui ai souri,
Dans le silence de la nuit
En chuchotant je lui ai dit :

Je voudrais je voudrais je n'sais trop quoi
Je voudrais ne plus entendre ma voix
J'ai peur j'ai peur de toi j'ai peur de moi

Sur son maillot de laine bleue
On pouvait lire en lettres rondes
Le nom d'une vieille "Compagnie"
Qui, paraît-il, fait l'tour du monde
Nous sommes entrés chez Charly
A Penny Fields, loin des soucis,
Et j'ai dansé toute la nuit
Avec mon Chin'toc ébloui

Et chez Charly, il faisait jour et chaud
Tess jouait "Daisy Bell" sur son vieux piano
Un piano avec des dents de chameau

J'ai conduit l'Chinois dans ma chambre
Il a mis le rat à la porte
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l'ai pris dans mes bras tremblants
Pour le bercer comme un enfant
ll s'est endormi sur le dos...
Alors j'lui ai pris son couteau...

C'était un couteau perfide et glacé
Un sale couteau rouge de vérité
Un sale couteau sans spécialité."






NB : Remerciements à Jean Rochefort...

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lundi 24 décembre 2012

P. 209. NOELS


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BRASSENS




BARBARA



BACH

Concentus Musicus Wien, direction : Nikolaus Harnoncourt.

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jeudi 22 novembre 2012

P. 200.


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J'ai eu le malheur d'ouvrir les 200 pages de ce blog. Toutes. Pitié. Quelle pagaye !!! Des bouquins comme des êtres humains allant à des manifs contradictoires. Des montagnes et des fleuves de photos sans attaches. De la poussière. Quelques poèmes refusant de se laisser embarquer dans un charter. Des enfants, des femmes et des hommes dont l'histoire garde les empreintes - qu'ils aient été des bienfaiteurs de l'humanité ou ses malheurs -. Et que de vingt-quatre images/seconde pendant des jours et des nuits de projections. L'une ou l'autre luciole. Les banquets des musiques partagées...

Pour retrouver les pages portant les sujets de votre choix, il vous suffit de recourir à la petite fenêtre, colonne de droite : "rechercher ici".

(Ph. JEA/DR).


Ballets d'ombres et de figures (pas toujours très fréquentables) :

Angelopoulos Theo, Appelfeld Aharon, Ardourel Henri et Solange, Aubrac Raymond, Austen Jane,
Badinter Robert, Balladur Edouard, Barbie Klaus, Belmont Charles, Benbassa Esther, Béraud Henri, Bialot Joseph, Blum Léon, Boissel Jean,
Carax Léos, Céline, Chirac Jacques, C Isabelle, Clébert Jean-Paul, Colet-Doé Mireille, Costantini Pierre, Coston Henry, Cotta Michèle,
Daudet Léon, de Brinon Fernand, De Clerck Stefaan, de Gaulle, De Hulster Léopold, Delwiche Christian, Desnos Robert, De Wever Bart, Drieu la Rochelle Pierre, Duteil Danièle,
Echenoz Jean, Emmanuel Pierre,
Fabius Laurent, Fauxbras César, Ferdonnet Paul, Fouchet Max-Pol, Fourest Caroline,
Giroud Françoise, Gobineau, Guillemin Henri,
Hessel Stéphane, Hollande François, Humbert Agnès,
Joly Eva, Jospin Lionel, Juppé Alain,
Kertész Imre,
Laval Pierre, Le Pen Jean-Marie, Le Pen Marine, Luxemburg Rosa,
Magnan Pierre, Marceau Félicien, Marion Paul, Marker Chris, Martial René, Mauriac François, Maurras Charles, Mendès France Pierre, Mercier cardinal, Mère Castor, Mitterrand Danielle, Mitterrand François,
Naour Ingrid,
Ozouf Mona,
Pannequin Roger, Pepys Samuel, Perec Georges, Pergaud Louis, Pétain Philippe, Picasso Pablo, Pirotte Jean-Claude, Poujade Pierre, Prévert Jacques,
Rebatet Lucien, Renard Jules, Riche Paul, Rochman Leïb, Roy Jules, Rushdie Salman,
Sacco Nicola, Salazar, Sarkozy Nicolas, Sartre Jean-Paul, Schaffer Paul, Sézille Paul, Steinberg Maxime, Strauss Kahn Dominique, Szerman Albert,
Thirion Laurence, Trébuchon Augustin, Truffaut François,
Vallat Xavier, Vanzetti Bartolomeo, Vasquez Juan Gabriel, Veil Simone, Verlinden Jean-Charles, Vielset Yvonne, Villeboeuf André, Vlaminck Maurice,
Waysand Georges, Werth Léon, Wiesel Elie,
Yvert Fabienne,
Zilberberg Esther, Zimmermann Daniel, Zola Emile.

(Ph. JEA/DR).

Quelques pages de calendriers tournées par les aiguilles de l'histoire :

1667 Froberger,
1690 Londres,
Novembre 1695 Mort de Purcell,
1705 les Violons du Roi,
1713 Ottone in villa,
1717 Water music,
1733 Hippolyte et Aricie,
1738 Saül,
1783 les Champs-Elysées,
1791 Ave verum corpus,
1812 Winkovo puis La Bérézina 1812,
1832 le Choléra à Paris,
1877 Tahiti,
1885 l'Enterrement de Jules Valès,
1898 Zola accuse,
13 février 1915 Lucien Bersot est fusillé,
7-8 avril 1915 mort de Louis Pergaud,
11 novembre 1918 le dernier mort de la Première guerre mondiale,
1927 l’exécution de Sacco et de Vanzetti,
1940 la Débâcle de 1940,
18 juin 1940 l'Appel du 18 juin,
Premiers messages de la France Libre,
Ardennes françaises sous l’occupation,
Spoliations dans le Nord de la France et en Belgique,
1942, Mouchardages,
Juillet 1942 la Rafle du Vel d’Hiv,
1er janvier 1944 à Londres,
Rafle des enfants d’Izieu,
Shoah en Belgique,
Libération de Paris,
Procès Pétain, procès Laval, procès Céline,
Collaboration et Résistance,
Amnistie des collaborateurs,
Révisionnisme,
Guerre d’Algérie,
Septembre 1970, Cour de sûreté de l’Etat,
2002 Elections présidentielles en France.

(DR).

Affiches d'un cinéma rural qui ne désemplit pas :

Adem-Oxygène, Alexandre le Grand, Amnistie, A people uncounted, Après la bataille,
Correspondances,
De Charybde en Scylla, De mémoires d’ouvriers, Después de Lucia,
El Gusto l’histoire les a séparés,
Fahrenheit 451, Four horsemen,
HH Hitler à Hollywood, Histoires d’A, Holy motors,
Ich bin eine terroristin,
Je sens le beat qui monte en moi, Jours de 36,
Kafka au Congo,
La BM du Seigneur, La guerre est déclarée, La jetée, La nuit américaine, La reconstitution, La vierge les coptes et moi, Le chemin noir, L’écume des jours, Le fond de l’air est rouge, Le gamin au vélo, Le Havre, Le policier, Les chasseurs, Les géants, Le voyage des comédiens,
Mafrouza, Mobile home,
Nana, Neko dernière de la lignée, Nous Princesses de Clèves,
Pain noir,
Squat la ville est à nous,
The tiniest place, Tourbillon, Trois sœurs,
Une bouteille à la mer, Une famille respectable, Une seconde femme, Une séparation, Une vie avec Oradour,
Voyage à Cythère.

(DR).

Puisque la musique adoucirait même la mort :

Barbara, Beaucarne Julos, Bourvil, Brahms J., Brassens, Brel,
Caussimon Jean-Roger, Charlebois Robert, Cohen Léonard, Collins Judith,
Debussy Claude, Dunker William, Dutronc Thomas,
Engerer Brigitte,
Ferrat Jean, Ferré Léo, Froberger Johann Jakob,
Gens Véronique, Graeme Allwright, Grappelli Stéphane,
Haendel G. F., Hardy Françoise, Horowitz,
Leclerc Félix, Léotard Philippe, Leprest Allain, Lévesque Raymond, Louka Paul,
Maurane, Melanesian choirs, Mozart,
Nougaro Claude,
Obele,
Polnareff Michel, Purcell Henry,
Rameau J-P, Rebel J-F,
Vaucaire Cora, Vigneau Gilles, Vivaldi Antonio, Voulzy Laurent,

(Ph. JEA/DR).

Albums avec autant de photos à plagier :

Arbres,
Bibliothèques,
Chemins,
Enseignes,
Etangs,
Façades, Fenêtres sur terres et sur mers,
Histoires d’eaux,
Monts,
Nuages,
Oiseaux,
Pierres, Pivoines,
Réverbères,
Sables,
Portes.

(Ph. JEA/DR).

Poèmes bohémes :

Dans cet hôpital, Dans les bras de morphine, De branches en étranges,
Hommage à la fourmi inconnue, Homme orchestre et post-moderne,
La nuit tenait la route,
Le carrousel est gratuit, Le lièvre et les crabes, Le papillon fera un nœud au mouchoir de ses ailes,
Messages personnels, Mon village : avis de disparitions,
On écrit parce que…
Pavane pour un été défunt,
Quand je suis une taupe, Quelques ombres sibyllines,
Refusant un avenir de décombres, Roms...
Si la brise ventriloque,
Une cage un barreau, Un matin sans la plus petite fenêtre...

lundi 24 septembre 2012

P. 184. Le Requiem de Ferré

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"Pour le bateau tranquille et qui se meurt de Port"... (Ph. JEA/DR).

Médiathèque 

- "Requiem figure pour la première fois dans l'album Je te donne, paru en septembre 1976. Le terme Requiem fait référence à la messe des morts du culte catholique et de son incipit : Requiem æternam dona eis Dominum [Seigneur, donne-leur le repos éternel]. 
Ce requiem laïque est constitué de huit quatrains d'alexandrins aux rimes croisées. C'est un poème d'offrande adressé à tout un chacun : aux innocents (Pour le cheval enfant qui n'ira pas bien loin, Pour le mouton gracieux le couteau dans le rouge), mais aussi au monde entier (Pour ce siècle imprudent aux trois quarts éventé)... Qu'ils reposent en paix et pour eux Léo Ferré demande… le silence. Ce type de chute pourrait tenir du système - utilisé par ailleurs par Ferré ; la musique (très "classique") et l'interprétation (retenue) conjugués, subliment le procédé. 
(…) Dans le domaine classique le site Requiem survey recense plus de 3000 Requiem ! Une cinquantaine de ces derniers sont passés à la postérité ; citons ceux de Berlioz, Brahms, Britten, Campra, Duruflé, Dvorak, Fauré, Mozart, Saint-Saens, Schumann et Verdi." 
(Cité de la Musique).  


"Pour les feux de la nuit qui enflamment l'amour..." (Ph. JEA/DR).


Léo Ferré : Requiem

- "Pour ce rythme inférieur dont t'informe la Mort
Pour ce chagrin du temps en six cent vingt-cinq lignes
Pour le bateau tranquille et qui se meurt de Port
Pour ce mouchoir à qui tes larmes font des signes

Pour le cheval enfant qui n'ira pas bien loin
Pour le mouton gracieux le couteau dans le rouge
Pour l'oiseau descendu qui te tient par la main
Pour l'homme désarmé devant l'arme qui bouge

Pour tes jeunes années à mourir chaque jour
Pour tes vieilles années à compter chaque année
Pour les feux de la nuit qui enflamment l'amour
Pour l'orgue de ta voix dans ta voix en allée

Pour la perforation qui fait l'ordinateur
Et pour l'ordinateur qui ordonne ton âme
Pour le percussionniste attentif à ton coeur
Pour son inattention au bout du cardiogramme

Pour l'enfant que tu portes au fond de l'autobus
Pour la nuit adultère où tu mets à la voile
Pour cet amant passeur qui ne passera plus
Pour la passion des araignées au fond des toiles

Pour l'aigle que tu couds sur le dos de ton jeans
Pour le loup qui se croit sur les yeux de quelqu'un
Pour le présent passé à l'imparfait du spleen
Pour le lièvre qui passe à la formule Un

Pour le chic d'une courbe où tu crois t'évader
Pour le chiffre évadé de la calculatrice
Pour le regard du chien qui veut te pardonner
Pour la Légion d'Honneur qui sort de ta matrice

Pour le salaire obscène qu'on ne peut pas montrer
Pour la haine montant du fond de l'habitude
Pour ce siècle imprudent aux trois quarts éventé
Pour ces milliards de cons qui font la solitude

Pour tout ça le silence..."




Et une version de la Folie par Pia Colombo, elle qui prit le relais de Ferré quand il était interdit d'enregistrement...




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