MO(T)SAIQUES 2
"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."
Milosz
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."
Milosz
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jeudi 11 juillet 2013
P. 247. Portrait de Pétain dans les Carnets de Roger Stéphane
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Regard de Roger Stéphane en couverture de :
Chaque homme est lié au monde, Carnets, Août 1939 - Août 1944
Grasset, Les cahiers rouges, 2004, 466 p.
Roger Worms devenu Roger Stéphane
- "Roger Stéphane (1919-1994) a été une figure de premier plan de la vie littéraire et journalistique française. Né Roger Worms, d'une riche famille de la bourgeoisie juive parisienne, ce jeune homme frivole, passionné de littérature, homosexuel proclamé, fait très tôt la connaissance de plusieurs grands écrivains qui auront une influence déterminante sur lui, comme André Gide, Roger Martin du Gard et André Malraux, qui le font s'orienter vers la " réflexion engagée ". Entré en résistance au cours de l'été 41, Roger Stéphane est emprisonné deux fois et s'évade deux fois. Le 19 août 1944, alerté par Jean Cocteau, il va libérer l'Hôtel de Ville et, transformé en capitaine de vingt-cinq ans, prend un repos bien mérité au Ritz. En 1950, Roger Stéphane est un des co-fondateurs de L'Observateur, l'ancêtre de l'actuel Nouvel Observateur. Cela ne lui fait pas oublier ses activités d'écrivain, puisqu'il publie un de ses livres essentiels, Portrait de l'aventurier. Il s'engage en faveur de la décolonisation, conseille ses amis Mendès France et Bourguiba. En 1958, il se rallie au général de Gaulle qu'il fréquente jusqu'en 1970 et, à travers la célèbre série des " Portraits-Souvenirs ", devient un des pionniers de la télévision culturelle. A la fin de sa vie, endetté, seul, la plupart de ses amis étant morts, Roger Stéphane organise son suicide en vrai stoïcien."
Olivier Philiponnat - Patrice Lienhardt
Roger Stéphane, Biographie,
Grasset, 2004, 650 p.
4e de couverture.
Adieux de Roger Stéphane
- "J'écrivais tout à l'heure que rien n'est plus ridicule qu'un suicide sans essai ajourné. Je me trompais : un suicide manqué est encore plus ridicule. Mais je prends toutes les précautions : absorption de deux flacons de Digitaline, plus un révolver, si besoin. Je vous embrasse tous."
(Lettre à ses amis).
Michèle Cotta
- "Roger Stéphane, mon ami, s’est donné la mort à son domicile, dans la nuit de samedi à dimanche, après avoir bu une bouteille de champagne et confié son chien à Daniel Rondeau. Il était malade, encore que l’on n’ait jamais su de quelle gravité était son mal.
Il n’y a rien à dire sur cette mort, pas plus que sur d’autres. Sauf que celui-ci vivra, comme ceux-là vivent encore en moi. Tant que quelqu’un sur cette terre se souviendra d’eux, ils ne seront pas tout à fait morts."
Michèle Cotta (1)
Cahiers secrets de la Ve République, tome III, 1986-1997,
Fayard, 2009, 966 p., pp 645-646.
Pierre Assouline
- "Voilà un homme pour lequel il faudrait créer un mot. C'est dire à quel point il ne se laisse pas enfermer. Il a écrit une douzaine de livres et des milliers d'articles, fondé L'Observateur, produit et tourné des films de télévision, libéré l'Hôtel de Ville en août 44 avec son pistolet, loué de Gaulle, écouté Malraux, fréquenté Gide et Cocteau, clamé sa pédérastie, tenu table ouverte pour ses amis et bougé sans cesse. Pour autant, ceux qui ont eu le privilège de l'approcher ne songeraient pas à le définir comme un écrivain, un journaliste, un producteur, un grognard du gaullisme, un malrucien béat, un militant de la cause gay. Trop réducteur, trop incomplet. Car Roger Stéphane (1919-1994), qui était tout cela à la fois, n'était rien de cela séparément, exclusivement et totalement."
(la république des livres, 30 novembre 2004).
Roger Stéphane,
Fin d'une jeunesse, Carnets 1944-1947,
La Table Ronde, 2004, 298p.
4e de couverture :
- "Le 19 août 1944, à Paris, le «commandant» Roger Stéphane, jeune journaliste, juif, résistant, homosexuel, fou de littérature, se fait un nom lors de la prise de l'Hôtel de Ville. Soixante ans plus tard et dix ans après son suicide, voici enfin la version intégrale, non expurgée, de son journal où il chronique, de l'été 1944 au printemps 1947, la fin de l'Occupation, l'ouverture des camps, les convulsions de l'épuration, la montée du communisme. Et où il se révèle un observateur sans égal de l'après-guerre.
Car c'est d'abord en écrivain que ce spectateur engagé hante les cabinets ministériels, assiste au procès Pétain, croise Guitry à Drancy, rejoint Malraux sur le front d'Alsace, rencontre Violet Trefusis, Arthur Koestler, Cyril Connoly à Londres, arpente Saint-Germain-des-Prés en compagnie de Cocteau, Jouhandeau, Genet, Aragon, Vailland, Sartre, Mauriac. Choses vues, portraits, ou entretiens, Roger Stéphane s'impose ici par le style comme le mémorialiste exemplaire de toute une époque paradoxale, de toute une génération singulière.
Un témoignage pour l'histoire, une leçon de littérature, un livre culte."
12 juillet 1945
Roger Stéphane interroge le cdt Loustaunau-Lacau :
Pétain en prend pour son grade de... maréchal
Roger Stéphane
- "Je précise au commandant Loustaunau-Lacau (2) que je viens plus spécialement l'interroger sur ses relations avec le maréchal Pétain (3), aux côtés duquel il a travaillé de 1934 à 1938 :
..........- Puis-je vous demander ce que vous en pensez ?
..........- C'est un lâche. Il manque totalement de courage. En revanche, il a une grande habilité à se servir des hommes sans que l'on se serve de lui. Son système vital : ne jamais s'user en laissant s'user les autres. Un seul homme a fini par l'avoir : Laval (4).
.........- Se connaissaient-ils avant la guerre ?
.........- Oui, mais de là à penser qu'ils étaient d'accord, il y a une grand pas qu'il ne faut pas franchir. Ils cherchaient chacun à s'utiliser mutuellement (...). Laval, qui était le plus jeune, a fini par prendre le dessus.
........ - Croyez-vous à des relations entre le Maréchal et la Cagoule ?
.........- Je ne crois pas à une conjuration proprement dite. La seule chose qui me paraisse indéniable; c'est l'influence de Maurras (5) dans l'armée. La plupart des officiers voyaient dans le maurrasisme la seule doctrine capable de s'opposer au communisme (...).
.........- Etait-il ambitieux ?
.........- Vous savez, il était complètement gâteux. Il changeait d'avis toutes les heures, selon ses interlocuteurs (...). A partir de 40, il a rapidement été un jouet dans les mains de Laval.
.........- Est-ce une défense que vous esquissez ?
.........- Ah non ! Rien n'atténue sa responsabilité qui, pour moi, est essentiellement militaire. Elle date du moment où il était le chef d'état-major général : le Bon Dieu s'était trompé de maréchal. Pétain a fait une armée d'école et, par la suite, a accepté, comme tout le monde d'ailleurs, l'organisation d'une armée sans puissance qui coûtait des trésors (...).
.........- Etait-il intelligent ?
.........- Pas très. Mais équilibré. Il retombe magnifiquement sur ses pieds. Seul Laval l'a possédé. En ce qui me concerne, je l'ai toujours vu voler au secours de la victoire. Ceci l'explique encore : cette satisfaction d'un vieillard de voir qu'on est forcé de venir à lui.
.........- Une dernière question : si vous étiez juré, lors de son procès ?
.........- Le fait qu'il a livré des patriotes à l'ennemi suffit à justifier une condamnation à mort."
(6).
Pétain, juin 1941 (Doc. JEA/DR).
NOTES :
(1) Un aperçu des Cahiers en quatre volumes de Michèle Cotta est proposé P. 142 : "Chirac, Le Pen, Sarkozy et les élections présidentielles de 2002".
(2) Georges Loustaunau-Lacau (1894-1955). Militaire de carrière et activiste très à droite : proche de Doriot, du colonel de La Roque et de Charles Maurras. Dans les années 30, directeur de cabinet du maréchal Pétain dont il va tenter ensuite de favoriser l'accès au pouvoir (avec notamment le comité secret de "La Cagoule"). L'occupation va le voir s'écarter du maréchal et participer à la création du mouvement clandestin "L'Alliance", opposé à de Gaulle mais oeuvrant pour les Anglais. Arrêté par Vichy pour être finalement livré aux Allemands. Rescapé de Mauthausen.
(3) Lire P. 62 : le procès de Pétain, août 1945.
(4) Lire P. 192 : le procès Laval, octobre 1945.
(5) Charles Maurras (1868-1952). Vomissant la révolution de 1789, la démocratie et le régime républicain, il prit la tête de l'"Action française". Maurras rassembla dans ce mouvement d'extrême droite les partisans d'un pouvoir fort. Le régime de Vichy et sa "révolution nationale" matérialisaient une étape vers un retour à la royauté. Dès ses premiers écrits et jusqu'à son dernier souffle, cet activiste se montra d'un antisémitisme total. En 1945, il fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité mais bénéficia d'une grâce médicale en 1952. De la libération jusqu'à sa mort, l'Académie française veilla jalousement à ce que le fauteuil de Maurras reste à son nom malgré une condamnation à l'indignité nationale.
(6) Pages 107 et 108 des Carnets de Roger Stéphane.
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jeudi 27 juin 2013
P. 243 . Céline : Voyage au bout de son antisémitisme
A propos du titre, veuillez vous référer à la note (1).
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D'un Céline l'autre, Edition établie et présentée par David Alliot,
Préface de François Gibault,
Robert Laffont, Coll. Bouquins, 2011, 1184 p.
Présentation de l’Editeur :
- "Les 200 témoignages que regroupe D’un Céline l’autre jalonnent l’itinéraire d’une vie entière : celle de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), depuis sa jeunesse passage Choiseul jusqu’à sa mort à Meudon. Un portrait inédit de Céline émerge ainsi à travers le regard de ceux qui l’ont connu : famille de l’écrivain, amis intimes, admirateurs ou adversaires. La nature des témoignages est d’une grande variété : correspondances, journaux intimes, mémoires, etc. S’ils proviennent généralement de la sphère française, quelques voix étrangères résonnent : les danoises, qui dévoilent le Céline de l’exil entre 1945 à 1951, les allemandes, qui dévisagent le Céline de l’Occupation. Certains textes tiennent en une ligne, d’autres s’étendent sur plusieurs dizaines de pages. Chaque témoignage est minutieusement introduit à la compréhension du lecteur à travers un appareil critique très exhaustif : notice biographique du témoin, origine du texte, contexte dans lequel il a été écrit. Enfin, l’ensemble du livre contient des annotations de nature à éclairer certains aspects de la vie de Céline. Un tiers des témoignages est connu du grand public. Un deuxième tiers ne lui était pas accessible jusqu’ici. Le dernier tiers est totalement inédit. En effet, tantôt les témoignages ont été recueillis par l’auteur auprès des derniers témoins encore en vie, tantôt ils ont été découverts dans des archives encore inexplorées. D’un Céline l’autre est préfacé par Me François Gibault, biographe de Céline, avocat et homme de confiance de Mme Lucette Destouches, veuve de l’écrivain, qui a apporté son soutien au projet. Le livre s’accompagne également d’une biographie synthétique de la vie de Céline, écrite par David Alliot, afin de livrer quelques repères au lecteur profane. Enfin, différentes annexes (chronologie, bibliographie et deux cartes) viennent compléter le contenu du livre."
4e de couverture :
- "Journaux intimes, Mémoires, correspondances... Ces témoignages sur Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), issus des sources les plus diverses, sont pour un tiers totalement inédits. Ils composent, en filigrane, une biographie kaléidoscopique de l'écrivain depuis son enfance jusqu'à sa mort, en passant par la révélation, dans les années 1930, du génial Voyage au bout de la nuit, sans occulter la période de l'Occupation et de l'exil au Danemark. Intellectuels, artistes, résistants ou collabos, patients et maîtresses, tous ont leur opinion à son sujet.
L'historien Jacques Benoist-Méchin est fasciné par la «force éruptive» qui se dégage de Céline. Gen Paul, le peintre de Montmartre, excédé par ses «vacheries», voit en lui un «monstre». Elizabeth Craig, une de ses muses emblématiques, proteste, au contraire, de son «immense tendresse». Le lieutenant allemand Gerhard Heller, qui le rencontre pendant l'Occupation, est subjugué par sa puissance visionnaire, qui capte l'«envers démoniaque» du monde. Et il n'est pas le seul.
Mais l'antisémitisme fanatique de Céline indigne aussi beaucoup de ses admirateurs. Ernst Jünger dénonce chez lui «la monstrueuse puissance du nihilisme». L'écrivain et résistant Roger Vailland voudrait littéralement en finir avec lui. Mais comment abattre l'auteur de Voyage au bout de la nuit ? L'actrice Françoise Fabian, qui le rencontre à Meudon, sa dernière retraite, témoigne d'un homme vivant dans le plus grand dénuement, enfin «sans masque».
Aux lecteurs de juger sur pièces celui qui est, avec Marcel Proust, l'écrivain français le plus important du XXe siècle. Cinquante ans après sa mort, la fascination à son égard reste intacte et les controverses qu'il continue de susciter font toujours de Céline un «impardonnable», selon la formule admirative de Dominique de Roux."
Hubert Prolongeau :
- "La somme (1100 pages) est énorme. Que nous apprend-elle sur Céline ? Les anecdotes foisonnent. Sa crainte des chevaux à la caserne, ses voyages en Angleterre, son envie de voir une exécution capitale, « prix Goncourt du crime », sa rencontre avec Arletty ou Robert le Vigan… Les jugements y étonnent souvent, aussi bien par leur lucidité que par leur aveuglement parfois (Montherlant ou Léautaud niaient toute postérité possible à Céline…). Certains sont inattendus, comme ceux concernant son exil danois. L’affaire du prix Goncourt refusé à Voyage au bout de la nuit y est magnifiquement détaillée, témoignage incomparable sur le Paris littéraire de l’époque, et la réunion de longs entretiens avec Lucette Destouches, sa femme, fidèle entre tous, est très émouvante. Ses errements de la guerre ne sont bien sûr pas occultés, mais ils sont plus connus. Chaque fois, des notes, nécessaires sans être envahissantes, permettent de remettre à leur véritable place les mensonges ou omissions trop flagrants que font les uns et les autres."
(Le Magazine Littéraire, 24 mai 2011).
Question de Grégoire Leménager à Dominique Alliot :
N.O. - "L’apparition de son antisémitisme forcené reste une énigme... On cherche des signes, en se demandant si ce sont des symptômes ou des causes. Est-ce parce que le patron de son dispensaire était juif ? Ou parce qu’Elisabeth Craig lui a été «fauchée par un juif», comme il le répète ?"
D. Alliot. - "Il n’y a pas vraiment de réponse... parce qu’il a toujours été antisémite. Et raciste: les pages sur l’Afrique dans le «Voyage au bout de la nuit» sont d’ailleurs assez abominables. Et les premières traces d’antisémitisme apparaissent clairement dans «l’Eglise», cette pièce qu’il a rédigée avant le «Voyage»: la Société des nations, le cosmopolitisme, les Juifs, tout ça ne devait déjà pas vraiment lui plaire; il le brocarde donc dès 1929.
En 1937, c’est l’éruption avec «Bagatelles pour un massacre», mais il ne faut pas oublier que Céline est né pendant l’Affaire Dreyfus: son père était un antisémite convaincu, il en a bouffé pendant toute sa jeunesse."
(Le Nouvel Observateur, 31 mars 2011).
Signature du Dr Destouches sur un courrier en date du 3 février 1943 (Doc. JEA/DR)
Au sommaire de ce blog, les
- P. 7 : Le procès de Céline,
- P. 12 : Blum, Mendès France, Fabius, DSK : mêmes crachats,
- P. 24 : Caducée (Solvay-ULB) aux juifs : "direction les fours polonais",
- P. 108 : Zola accuse,
portent des citations de Céline reprises dans une documentation personnelle forcément incomplète mais suffisante pour empêcher de nier les bassesses dans lesquelles se complaisait cet antisémite.
Le volume publié dans la Collection "Bouquins" est passionnant pour tous les motifs détaillés en introduction. Et inévitablement, ce D'un Céline l'autre accumule de nombreuses autres preuves de la judéophobie totale cultivée par l'autre Céline, celui dont la hideur morale est régulièrement camouflée par des nuages de fumées complices. De cette hideur, voici quelques exemples.
(Montage JEA/DR).
Bagatelles pour un massacre
- "Céline ne pouvait plus se contenter du rôle de témoin. Il allait bientôt devenir l’accusateur dans un livre où sa verve débridée, son génie de l’invective, son éloquence magnifique allaient se donner carrière. Et c’est ainsi que parut Bagatelles pour un massacre, pamphlet formidable (2) où l’auteur dénonçait sur le mode virulent la malveillance d’Israël (…). Tous les petits écrivains juifs ou enjuivés déversèrent leur fiel dans les journaux de gauche ou d’extrême gauche."
(1937 – Témoignage de Robert Denoël, éditeur de Céline).
P. 397.
Cinéma
- "Céline gronde contre les youpins qui tiennent tout, y compris le cinéma français (…). Chenal [réalisateur] la ferme. Puis Céline désigne du doigt son propre nez. « Moi, Chenal, les youtres, je les renifle. Et de loin. J’ai le pif pour ça. » Chenal explose : « Céline, je m’appelle Cohen et je t’emmerde. »
(1932 – Témoignage de Pierre Cohen dit Chenal, recueilli par Raphaël Sorin).
P. 401.
Engrais (3)
- "Hitler (…) les rafle partout, pour les envoyer dans ses camps. Pour en faire quoi ? Je vous le demande ? Des engrais à ce qu’on m’assure. Il n’y avait qu’un Juif pour avoir une idée pareille ! A qui voulez-vous qu’elle profite, sinon à eux ? Quand ils auront gagné la guerre, ils mettront cet engrais en petits sachets et le vendront sur les places publiques de toutes les villes du monde. Une grande loterie intercontinentale. «Achetez-moi mes petits sachets ! Achetez-moi mes petits sachets ! Vous refusez ? Bien. Vous serez fusillé ! – Mais avec quoi voulez-vous que je les paye ? – Avec des larmes. Nous, voilà sept mille ans qu’on pleure ! Chacun son tour !»
(Février 1944, Céline lors d'un dîner à l’ambassade allemande à Paris – témoignage de Jacques Benoist-Méchin).
PP. 543-544.
Facéties d’une Révolution nationale :
- "Céline (…) fulmina contre tous les philosémites, médecins et autres (…), contre les facéties d’une Révolution nationale qui maintient une juive dans un dispensaire de banlieue à la place d’un médecin aryen installé depuis quinze ans, l’obligeant ainsi à parcourir chaque jour 14 kilomètres « pedibus et omnibus »… Il fulmine, mais ne s‘étonne pas… La France est enjuivée jusqu’à la moelle…"
(23 décembre 1942 - Le Cri du peuple)
P. 494.
France enjuivée
- "La jeunesse allemande ça chante ; mais la jeunesse française… Quinze ans de médecine gratuite à Clichy, tu penses si je les connais. On est enjuivé jusqu'au trognon."
(1938 – Déclaration de Céline dans un reportage de Robert Dubard, journaliste à La France enchaînée).
p. 422.
La Guerre
- "Nous avions bien assez d’armes pour nous battre mieux que ça, si nous l’avions voulu. La vérité, c’est que le cœur n’y était pas, et le cœur n’y était pas parce que ce n’était pas notre guerre. Celui qui a mené la guerre, chez nous, c’était qui ? Je veux dire le vrai, le dur, celui qui y croyait ? Ce n’était pas Daladier, ni Gamelin, ni même Reynaud, ce ouistiti mexicain conduit en laisse par Churchill. C’était Mandel (4). De son vrai nom Rothschild ! Lui n’a jamais flanché (…). Ça lui était bien égal que la France soit transformée en terre brûlée. Ce n’était pas son champ, après tout ! La guerre franco-allemande avait foiré. Fallait que la guerre judéo-hitlérienne continue. Car pour les Juifs c’était une catastrophe, un coup d’arrêt peut-être définitif dans leur escalade feutrée vers la domination du monde."
(Février 1944, Céline lors d'un dîner à l’ambassade allemande à Paris – témoignage de Jacques Benoist-Méchin).
PP. 547-548.
Guitry :
- "Céline bondissait comme s’il avait été piqué par un serpent chaque fois que l’on prononçait le nom de Sacha Guitry. Véritable langue de vipère, Céline assurait qu’il avait connu le grand-père de Guitry, un Juif qui vendait des lunettes à Montmartre. Guitry, quant à lui (…) s’en défendait de manière assez peu convaincante. Un jour, Guitry me déclara :
Je crois avoir fait un mot d’esprit ce matin. Un ami m’a demandé : « Mais un tel, il est juif ou pas ? » Savez-vous ce que j’ai répondu ? « Il en a bien peur. » Je pensai alors que ce « un tel » n’était rien d’autre que ce pauvre Guitry."
(Témoignage d’Eitel Friedrich Moellhausen, collaborateur allemand de La Gerbe).
P. 532.
Edition de 1942 (Doc. JEA/DR).
L’intérêt du juif
- "L’intérêt du juif est de nous diviser en partis opposés, de façon à donner excuse à notre nonchalance. On rejette les fautes sur l’opposant, ainsi artificiellement créé. La lutte des partis n’est qu’une splendide invention d’Israël."
(12 mars 1942, Le Pont reportant une déclaration de Céline lors d'une réunion de collabos).
P. 499.
Mussolini, le pape, les Bourbons…
- "Il [Céline] nous affirma, sans rire, que Mussolini qu’il traitait d’imposteur, le pape – les Bourbons – descendant de Saint-Louis, avaient du sang juif."
(Dîner avec Horace de Carbuccia, éditeur de Gringoire – témoignage recueilli par Adry de Carbuccia).
P. 558.
Remplacer Hitler
- "Céline me prit successivement pour un juif, à cause de mon nom de famille, ensuite pour un espion du clan israélite des marchands de Paris, parce que j’avais publié en 1929 un important ouvrage consacré à Modigliani (…).
Il disait : « Si un jour les Jésuites, les Maçons ou la Juiverie réussissent à remplacer Hitler par un des leurs, ils domineront d’un coup et silencieusement un peuple de 70 millions d’individus ! Jolie perspective ! Terriblement dangereux ! »
(Témoignage d’Arthur S. Pfannstiel, spécialiste de Modigliani, traducteur des discours d’Hitler pour Grasset, et en Allemand de Bagatelles pour un massacre, collaborateur allemand du service policier français chargé des sociétés secrètes).
PP. 417-418.
S’acharner
- "Céline ne pouvait s’empêcher de s’acharner sur les Juifs. Et il en voyait partout ! Jusqu’à Fernand de Brinon (5), ambassadeur de Pétain à Paris auprès des autorités allemandes, qui avait épousé une femme juive dont il était séparé depuis des années : Céline non seulement le tenait pour coupable mais doutait même qu’il fût aryen. Un homme suspect qu’on aurait mieux fait de renvoyer chez lui, et au plus vite !"
(Témoignage d'Eitel Friedrich Moellhausen)
PP. 526-527.
Soldats allemands
- "... après le débarquement, alors que les soldats allemands - de tous âges et en pleine déconfiture - traversaient la capitale. Alors que que son compagnon [Ramon Fernandez] avec qui il marchait rue de Rivoli relevait leur triste allure, Céline se pencha vers lui et lui dit, sur le ton de la confidence : "Mais regardez-les ! Vous n'avez pas remarqué ? Ce sont tous des juifs !"
(Témoignage repris par Christian Millau).
P. 1036.
Lettre en date du 5 avril 1942 par laquelle Céline sollicite Karl Epting. Ce dernier fonda l'Institut allemand à Paris après avoir été chargé de la propagande en France lors de la "drôle de guerre". Sous sa direction, l'Institut allemand sera opérationnel de septembre 1940 jusqu'au mois d'août 1944.
(Doc. JEA/DR).
Nos Tombes
- "Céline me lança alors, à travers la table : « N’est-ce pas, Madame Eptig, que j’ai raison ; si je dis que, si tout continue ainsi, un beau jour, ce seront les juifs qui danseront sur nos tombes ? »
(Repas à l’Institut allemand, témoignage de Mme Eptig).
P. 521
Triomphe
- "Vous voyez ! dit Céline d’un air tragique (…). Tout est prêt pour leur triomphe. Et je vous assure qu’ils n’auront pas le triomphe gracieux. On n’aura pas affaire aux petits Juifs mélancoliques de la rue des Rosiers, avec leur démarche en canard et leurs yeux langoureux. Pas même aux Rothschild, ces princes de la diaspora ! Non, non ! Aux Juifs gras et replets de New York et de Chicago, aux formidables empaqueteurs de viande, aux banquiers de Wall Street qui psalmodient leurs ordres de bourse sur le ton des rabbins devant le Mur des lamentations, aux Morgenthau, aux Baruch, aux Wertheimer, ces prix Nobel de la déconfiture, ces grands stratèges de la démoralisation ! Ils vont rééduquer le monde en moins de deux, vous allez voir !"
(Février 1944, dîner à l’ambassade allemande à Paris – témoignage de Jacques Benoist-Méchin).
"Détail" de l'authentique passeport allemand remis à Céline pour lui permettre de fuir la France dès le 17 juin 1944 (on n'est jamais trop prudent) et de coucher le soir-même à Baden-Baden.
(Doc. JEA/DR).
NOTES :
(1) Le 14 juin 1957, L'Express publia une interview de Céline par Madeleine Chapsal. Sous ce titre choisi par Françoise Giroud : "Céline ou le voyage au bout de la haine". Extrait :
- "J'ai écrit des choses sur les Juifs. j'ai dit qu'ils manigançaient une guerre, qu'ils voulaient se venger d'Hitler. Bon. Ça ne nous regardait pas. C'est une affaire qui les regardait entre eux. Ils ont foutu l'armée française, quand elle a reçu cette formidable colique en 39..."
Ainsi, en 1957, Céline restait le délateur d'un pseudo complot juif responsable de la 2e Guerre mondiale et de la débâcle !
(2) Robert Denoël estime donc "formidable" un texte aussi répulsif :
- "Un seul ongle de pied pourri, de n’importe quel vinasseux ahuri truand d’Aryen, vautré dans son dégueulage, vaut encore cent mille fois plus, et cent mille fois davantage et de n’importe quelle façon, à n’importe quel moment, que cent vingt-cinq mille Einsteins, debout, tout dérétinisants d’effarante gloire rayonnante."
(Bagatelles pour un massacre, p. 319).
(3) Dans une lettre du 8 novembre 1950 et destinée à Albert Paraz, Céline évoque la publication d'un révisionniste : Le Mensonge d'Ulysse par Paul Rassinier. Céline écrit alors :
- "... Il tend à faire douter de la magique chambre à gaz !"
Incroyable ? Mais non, une seule qualification résume pour Céline la chambre à gaz : "Magique" ?!?
Au sommaire de ce blog, les
- P. 7 : Le procès de Céline,
- P. 12 : Blum, Mendès France, Fabius, DSK : mêmes crachats,
- P. 24 : Caducée (Solvay-ULB) aux juifs : "direction les fours polonais",
- P. 108 : Zola accuse,
portent des citations de Céline reprises dans une documentation personnelle forcément incomplète mais suffisante pour empêcher de nier les bassesses dans lesquelles se complaisait cet antisémite.
Le volume publié dans la Collection "Bouquins" est passionnant pour tous les motifs détaillés en introduction. Et inévitablement, ce D'un Céline l'autre accumule de nombreuses autres preuves de la judéophobie totale cultivée par l'autre Céline, celui dont la hideur morale est régulièrement camouflée par des nuages de fumées complices. De cette hideur, voici quelques exemples.
(Montage JEA/DR).
Bagatelles pour un massacre
- "Céline ne pouvait plus se contenter du rôle de témoin. Il allait bientôt devenir l’accusateur dans un livre où sa verve débridée, son génie de l’invective, son éloquence magnifique allaient se donner carrière. Et c’est ainsi que parut Bagatelles pour un massacre, pamphlet formidable (2) où l’auteur dénonçait sur le mode virulent la malveillance d’Israël (…). Tous les petits écrivains juifs ou enjuivés déversèrent leur fiel dans les journaux de gauche ou d’extrême gauche."
(1937 – Témoignage de Robert Denoël, éditeur de Céline).
P. 397.
Cinéma
- "Céline gronde contre les youpins qui tiennent tout, y compris le cinéma français (…). Chenal [réalisateur] la ferme. Puis Céline désigne du doigt son propre nez. « Moi, Chenal, les youtres, je les renifle. Et de loin. J’ai le pif pour ça. » Chenal explose : « Céline, je m’appelle Cohen et je t’emmerde. »
(1932 – Témoignage de Pierre Cohen dit Chenal, recueilli par Raphaël Sorin).
P. 401.
Engrais (3)
- "Hitler (…) les rafle partout, pour les envoyer dans ses camps. Pour en faire quoi ? Je vous le demande ? Des engrais à ce qu’on m’assure. Il n’y avait qu’un Juif pour avoir une idée pareille ! A qui voulez-vous qu’elle profite, sinon à eux ? Quand ils auront gagné la guerre, ils mettront cet engrais en petits sachets et le vendront sur les places publiques de toutes les villes du monde. Une grande loterie intercontinentale. «Achetez-moi mes petits sachets ! Achetez-moi mes petits sachets ! Vous refusez ? Bien. Vous serez fusillé ! – Mais avec quoi voulez-vous que je les paye ? – Avec des larmes. Nous, voilà sept mille ans qu’on pleure ! Chacun son tour !»
(Février 1944, Céline lors d'un dîner à l’ambassade allemande à Paris – témoignage de Jacques Benoist-Méchin).
PP. 543-544.
Facéties d’une Révolution nationale :
- "Céline (…) fulmina contre tous les philosémites, médecins et autres (…), contre les facéties d’une Révolution nationale qui maintient une juive dans un dispensaire de banlieue à la place d’un médecin aryen installé depuis quinze ans, l’obligeant ainsi à parcourir chaque jour 14 kilomètres « pedibus et omnibus »… Il fulmine, mais ne s‘étonne pas… La France est enjuivée jusqu’à la moelle…"
(23 décembre 1942 - Le Cri du peuple)
P. 494.
France enjuivée
- "La jeunesse allemande ça chante ; mais la jeunesse française… Quinze ans de médecine gratuite à Clichy, tu penses si je les connais. On est enjuivé jusqu'au trognon."
(1938 – Déclaration de Céline dans un reportage de Robert Dubard, journaliste à La France enchaînée).
p. 422.
La Guerre
- "Nous avions bien assez d’armes pour nous battre mieux que ça, si nous l’avions voulu. La vérité, c’est que le cœur n’y était pas, et le cœur n’y était pas parce que ce n’était pas notre guerre. Celui qui a mené la guerre, chez nous, c’était qui ? Je veux dire le vrai, le dur, celui qui y croyait ? Ce n’était pas Daladier, ni Gamelin, ni même Reynaud, ce ouistiti mexicain conduit en laisse par Churchill. C’était Mandel (4). De son vrai nom Rothschild ! Lui n’a jamais flanché (…). Ça lui était bien égal que la France soit transformée en terre brûlée. Ce n’était pas son champ, après tout ! La guerre franco-allemande avait foiré. Fallait que la guerre judéo-hitlérienne continue. Car pour les Juifs c’était une catastrophe, un coup d’arrêt peut-être définitif dans leur escalade feutrée vers la domination du monde."
(Février 1944, Céline lors d'un dîner à l’ambassade allemande à Paris – témoignage de Jacques Benoist-Méchin).
PP. 547-548.
Guitry :
- "Céline bondissait comme s’il avait été piqué par un serpent chaque fois que l’on prononçait le nom de Sacha Guitry. Véritable langue de vipère, Céline assurait qu’il avait connu le grand-père de Guitry, un Juif qui vendait des lunettes à Montmartre. Guitry, quant à lui (…) s’en défendait de manière assez peu convaincante. Un jour, Guitry me déclara :
Je crois avoir fait un mot d’esprit ce matin. Un ami m’a demandé : « Mais un tel, il est juif ou pas ? » Savez-vous ce que j’ai répondu ? « Il en a bien peur. » Je pensai alors que ce « un tel » n’était rien d’autre que ce pauvre Guitry."
(Témoignage d’Eitel Friedrich Moellhausen, collaborateur allemand de La Gerbe).
P. 532.
Edition de 1942 (Doc. JEA/DR).
L’intérêt du juif
- "L’intérêt du juif est de nous diviser en partis opposés, de façon à donner excuse à notre nonchalance. On rejette les fautes sur l’opposant, ainsi artificiellement créé. La lutte des partis n’est qu’une splendide invention d’Israël."
(12 mars 1942, Le Pont reportant une déclaration de Céline lors d'une réunion de collabos).
P. 499.
Mussolini, le pape, les Bourbons…
- "Il [Céline] nous affirma, sans rire, que Mussolini qu’il traitait d’imposteur, le pape – les Bourbons – descendant de Saint-Louis, avaient du sang juif."
(Dîner avec Horace de Carbuccia, éditeur de Gringoire – témoignage recueilli par Adry de Carbuccia).
P. 558.
Remplacer Hitler
- "Céline me prit successivement pour un juif, à cause de mon nom de famille, ensuite pour un espion du clan israélite des marchands de Paris, parce que j’avais publié en 1929 un important ouvrage consacré à Modigliani (…).
Il disait : « Si un jour les Jésuites, les Maçons ou la Juiverie réussissent à remplacer Hitler par un des leurs, ils domineront d’un coup et silencieusement un peuple de 70 millions d’individus ! Jolie perspective ! Terriblement dangereux ! »
(Témoignage d’Arthur S. Pfannstiel, spécialiste de Modigliani, traducteur des discours d’Hitler pour Grasset, et en Allemand de Bagatelles pour un massacre, collaborateur allemand du service policier français chargé des sociétés secrètes).
PP. 417-418.
S’acharner
- "Céline ne pouvait s’empêcher de s’acharner sur les Juifs. Et il en voyait partout ! Jusqu’à Fernand de Brinon (5), ambassadeur de Pétain à Paris auprès des autorités allemandes, qui avait épousé une femme juive dont il était séparé depuis des années : Céline non seulement le tenait pour coupable mais doutait même qu’il fût aryen. Un homme suspect qu’on aurait mieux fait de renvoyer chez lui, et au plus vite !"
(Témoignage d'Eitel Friedrich Moellhausen)
PP. 526-527.
Soldats allemands
- "... après le débarquement, alors que les soldats allemands - de tous âges et en pleine déconfiture - traversaient la capitale. Alors que que son compagnon [Ramon Fernandez] avec qui il marchait rue de Rivoli relevait leur triste allure, Céline se pencha vers lui et lui dit, sur le ton de la confidence : "Mais regardez-les ! Vous n'avez pas remarqué ? Ce sont tous des juifs !"
(Témoignage repris par Christian Millau).
P. 1036.
Lettre en date du 5 avril 1942 par laquelle Céline sollicite Karl Epting. Ce dernier fonda l'Institut allemand à Paris après avoir été chargé de la propagande en France lors de la "drôle de guerre". Sous sa direction, l'Institut allemand sera opérationnel de septembre 1940 jusqu'au mois d'août 1944.
(Doc. JEA/DR).
Nos Tombes
- "Céline me lança alors, à travers la table : « N’est-ce pas, Madame Eptig, que j’ai raison ; si je dis que, si tout continue ainsi, un beau jour, ce seront les juifs qui danseront sur nos tombes ? »
(Repas à l’Institut allemand, témoignage de Mme Eptig).
P. 521
Triomphe
- "Vous voyez ! dit Céline d’un air tragique (…). Tout est prêt pour leur triomphe. Et je vous assure qu’ils n’auront pas le triomphe gracieux. On n’aura pas affaire aux petits Juifs mélancoliques de la rue des Rosiers, avec leur démarche en canard et leurs yeux langoureux. Pas même aux Rothschild, ces princes de la diaspora ! Non, non ! Aux Juifs gras et replets de New York et de Chicago, aux formidables empaqueteurs de viande, aux banquiers de Wall Street qui psalmodient leurs ordres de bourse sur le ton des rabbins devant le Mur des lamentations, aux Morgenthau, aux Baruch, aux Wertheimer, ces prix Nobel de la déconfiture, ces grands stratèges de la démoralisation ! Ils vont rééduquer le monde en moins de deux, vous allez voir !"
(Février 1944, dîner à l’ambassade allemande à Paris – témoignage de Jacques Benoist-Méchin).
"Détail" de l'authentique passeport allemand remis à Céline pour lui permettre de fuir la France dès le 17 juin 1944 (on n'est jamais trop prudent) et de coucher le soir-même à Baden-Baden.
(Doc. JEA/DR).
NOTES :
(1) Le 14 juin 1957, L'Express publia une interview de Céline par Madeleine Chapsal. Sous ce titre choisi par Françoise Giroud : "Céline ou le voyage au bout de la haine". Extrait :
- "J'ai écrit des choses sur les Juifs. j'ai dit qu'ils manigançaient une guerre, qu'ils voulaient se venger d'Hitler. Bon. Ça ne nous regardait pas. C'est une affaire qui les regardait entre eux. Ils ont foutu l'armée française, quand elle a reçu cette formidable colique en 39..."
Ainsi, en 1957, Céline restait le délateur d'un pseudo complot juif responsable de la 2e Guerre mondiale et de la débâcle !
(2) Robert Denoël estime donc "formidable" un texte aussi répulsif :
- "Un seul ongle de pied pourri, de n’importe quel vinasseux ahuri truand d’Aryen, vautré dans son dégueulage, vaut encore cent mille fois plus, et cent mille fois davantage et de n’importe quelle façon, à n’importe quel moment, que cent vingt-cinq mille Einsteins, debout, tout dérétinisants d’effarante gloire rayonnante."
(Bagatelles pour un massacre, p. 319).
(3) Dans une lettre du 8 novembre 1950 et destinée à Albert Paraz, Céline évoque la publication d'un révisionniste : Le Mensonge d'Ulysse par Paul Rassinier. Céline écrit alors :
- "... Il tend à faire douter de la magique chambre à gaz !"
Incroyable ? Mais non, une seule qualification résume pour Céline la chambre à gaz : "Magique" ?!?
Ni oubli, ni pardon pour une telle infâmie.
(4) Georges Mandel (1885-1944). Journaliste à l'Aurore lors de la publication du J'Accuse de Zola. Chef de cabinet de Clémenceau en 1917. Ministre de 1934 à 1936 et de 1938 à 1940.
L'une des cibles préférées des antisémites français. Le payera par son arrestation, sur ordre de Pétain même, dès le 17 juin 1940. Le 7 novembre 1941, un tribunal d'exception le condamnera à la prison à vie.
Lors de l'invasion de la zone dite "libre" par les Allemands, sera remis aux occupants qui l'enferment derrière les barbelés du camp d'Orianenbourg-Sachsenhausen puis le transfèrent à Buchenwald.
Le 28 juin 1944, Philippe Henriot est assassiné à Paris par des résistants. En représailles, Georges Mandel est renvoyé en France. Le 4 juillet 1944, des miliciens le retirent de la prison du Midi à Paris et l'entraînent en forêt de Fontainebleau. Son destin s'arrête là, sous des balles françaises...
Le Dr Destouches avait fui en Allemagne depuis près de trois semaines.
(5) P. 54 de ce blog : "Quand Mauriac évoquait de Brinon..."
(4) Georges Mandel (1885-1944). Journaliste à l'Aurore lors de la publication du J'Accuse de Zola. Chef de cabinet de Clémenceau en 1917. Ministre de 1934 à 1936 et de 1938 à 1940.
L'une des cibles préférées des antisémites français. Le payera par son arrestation, sur ordre de Pétain même, dès le 17 juin 1940. Le 7 novembre 1941, un tribunal d'exception le condamnera à la prison à vie.
Lors de l'invasion de la zone dite "libre" par les Allemands, sera remis aux occupants qui l'enferment derrière les barbelés du camp d'Orianenbourg-Sachsenhausen puis le transfèrent à Buchenwald.
Le 28 juin 1944, Philippe Henriot est assassiné à Paris par des résistants. En représailles, Georges Mandel est renvoyé en France. Le 4 juillet 1944, des miliciens le retirent de la prison du Midi à Paris et l'entraînent en forêt de Fontainebleau. Son destin s'arrête là, sous des balles françaises...
Le Dr Destouches avait fui en Allemagne depuis près de trois semaines.
(5) P. 54 de ce blog : "Quand Mauriac évoquait de Brinon..."
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jeudi 25 octobre 2012
P. 192. Octobre 1945 : le procès de Pierre Laval
.
Maître Maurice Garçon,
Le procès Laval,
Compte-rendu sténographique du procès,
De Vecchi, 2007, 317 p.
4e de couverture
- "4 octobre 1945 : l'ancien vice-président du gouvernement de Vichy doit s'expliquer devant la Haute Cour pour son rôle pendant la collaboration et son alliance avec le régime nazi. Le procès se déroula à la hâte et dans la précipitation, Laval devant souffrir les insultes des jurés. Il se défendit avec force et vigueur, ironisant parfois, contre-attaquant sans cesse, répliquant à leurs invectives : " Vous pouvez me condamner, vous pouvez me faire périr. Vous n'avez pas le droit de m'outrager. "
Condamné à mort le 9 octobre, il fut exécuté six jours plus tard à la prison de Fresnes après avoir tenté de se suicider.
Le compte-rendu sténographique minutieux et exhaustif, présenté par Maurice Garçon, reprend l'intégralité de ce procès à l'organisation controversée parce que précipitée, qui se déroula pendant l'épuration, dans l'atmosphère encore brûlante des exactions commises durant l'Occupation."
Claude Mandel
Après l’assassinat, par des miliciens, de Georges Mandel, sa fille écrivit ces phrases prémonitoires à Pierre Laval :
- "Je suis encore bien petite et bien faible à côté de vous qui avez les Allemands pour vous défendre. Moi, j’ai les Français, c’est vrai, et c’est pourquoi je ne vous demande pas de comptes comme j’en aurais le droit. Ils s’en chargeront." (1)
Patrice Gelinet
- "Pierre Laval (…) à la tête du gouvernement de Vichy, aux pires moments de l'occupation, était devenu l'homme le plus détesté de France. Un an après la libération, quelques mois après le retour des prisonniers des rescapés des camps de concentration, Pierre Laval incarnait ce que la politique de collaboration avait pu faire de pire : la déportation des juifs, le service du travail obligatoire, les exactions de la Milice, la lutte contre la résistance et ces mots tristement célèbres que Laval avait prononcés en juin 1942, quelques jours après avoir été nommé chef du gouvernement par le maréchal Pétain :
«Je souhaite la victoire de l'Allemagne car sans elle, bientôt, le communisme s'installera partout en Europe »."
(France Inter - Émission "2000 ans d'Histoire" - 2010).
Extradé d’Espagne le 1er août 1945, enfermé à Fresnes le 2, Pierre Laval est témoin au procès Pétain dès le 3 août.
Le 4 octobre débute son propre procès.
Propagande vichyste (Doc.JEA / DR).
Un procès limité à cinq audiences seulement après une instruction squelettique (cinq interrogatoires, pas un de plus). Avec en aboutissement la salve d'un peloton d'exécution - épargnée à Pétain - comme pour mettre une pierre tombale sur la collaboration.
La Justice, un pouvoir qui avait servi Vichy puis tournait avec les vents de la politique. Personne n'en sortit grandi...
Première audience, le 4 octobre 1945.
Le banc de la défense est vide (2), celle-ci conteste l'instruction même. Le premier président Mongibeaux passe outre. Il rappelle à Laval "la poursuite des patriotes, la Milice, les cours martiales..."
quand Laval l'interrompt : "Mais vous étiez tous aux ordres du gouvernement à cette époque, vous tous qui me jugez, magistrats, et vous, Monsieur le Procureur général [Mornet]".
Le premier président : "Si vous dites quoi que ce soit qui puisse constituer un outrage à l'égard des magistrats, nous passerons outre aux débats..."
P. Laval : "Je suis français, j'aime mon pays, je n'ai servi que lui" (Bruits dans la salle).
M. Demusois, juré : "Un peu plus de modestie, fourbe."
Le procureur général : "Je vous prie de maîtriser votre indignation, Messieurs les Jurés. Elevez-vous au-dessus de ce qu'elle vaut."
(PP. 13-14) (3).
P. Laval : "Que pouvez-vous craindre d'une instruction véritable ? Elle était nécessaire non seulement pour l'exercice de mon droit naturel de me défendre, mais aussi par la contribution qu'elle aurait apporté à l'histoire de notre pays.
(...) Je n'accepte pas mais je subis la procédure arbitraire que vous m'imposez."
(P. 16).
Lecture du réquisitoire définitif. Pierre Laval est poursuivi pour :
- crime d'attentat contre la Sûreté intérieure de l'Etat;
- intelligences avec l'ennemi.
(PP. 29 à 36).
Procédant à l'interrogatoire de l'accusé, le premier président :
- "Je fais un exposé assez long..."
P. Laval : "Un peu inexact, mais cela le rend plus pittoresque."
(P. 40).
P. Laval se défend : "Vous êtes dans l'ignorance des faits (...). On me fait reproche pour les Juifs (...). Je souhaiterais n'être jugé que par des Juifs français, parce que maintenant qu'ils connaissent les faits, ils se féliciteraient de ma présence au pouvoir et ils me remercieraient de la protection que leur ai accordée. Voilà une parole que je prononce; elle peut choquer ceux qui l'entendent, mais quand ils sauront pourquoi j'ai le droit de la prononcer, elle ne choquera plus"
(P. 50).
Autre extrait du long monologue de Laval : "Vous parliez tout à l'heure de mes origines modestes (...). Savez-vous, Monsieur le Premier que la plus grande blessure dont je souffre, c'est de savoir que parmi ces humbles, parmi ces travailleurs que j'ai tant aimés, que j'ai voulu tant servir, il en est qui sont trompés, qui m'en veulent, parce que, moi, je n'ai pas changé de sentiments à leur endroit."
(P. 51).
Retournant sa veste par rapport à Pétain, Laval s'exclame : "Pour la maréchal Pétain, je me suis trompé, j'en fais humblement l'aveu devant le public. Où il eût fallu le maréchal Lyautey, nous avons eu le maréchal Pétain. C'est fait, je n'y peut rien."
(P. 55).
Après une interruption d'audience, P. Laval poursuit : "Voulez-vous que je vous dise le fond de ma pensée ? Je ne suis pas petit devant vous. J'ai occupé les plus hautes fonctions; j'ai représenté mon pays quand il était fort, victorieux; J'ai eu cette fierté. Je ne me suis jamais senti aussi grand que sur ce banc, quand vous m'accusez car c'est pour ma patrie que je souffre et que j'ai souffert."
(P. 94).
Laval monopolisant la parole, le premier président le questionne : "Est-ce que vous me laisserez parler ?"
P. Laval : "Evidemment, je n'ai pas le moyen de vous empêcher."
Un jeune homme applaudit.
Le premier président : "Arrêtez immédiatement le perturbateur."
Un juré, M. Prot : "C'est la Cinquième Colonne, la clique."
Un autre juré : "Il mérite, comme Laval, douze balles dans la peau."
Fin de cette première audience.
Caricature de Laval par Philip Zec, The Daily Mirror, 31 oct., 1940 (DR).
Audience du 5 octobre 1945.
Les trois avocats de Pierre Laval assurent sa défense. Ils déposent des conclusions selon lesquelles il y a lieu de saisir à nouveau la Commission d'instruction ou de renvoyer le procès. Conclusions rejetées par la Cour.
P. Laval provoque : "Je me tourne vers les jurés. Je ne les ai pas choisis. Il y a beaucoup de communistes, m'a-t-on dit, parmi eux. Cela m'est absolument égal. Ils sont, pour moi, des Français, et ils sont du pays de Descartes."
Un juré : "Ils l'ont prouvé."
P. Laval : "Parce qu'ils sont du pays de Descartes (...), ils savent qu'on ne peut rien contre la vérité. Eh bien, la vérité est simple. Me reprocher l'armistice, ce n'est pas une injustice, c'est plus grave qu'une injustice : (...) c'est une offense à la vérité."
(P. 151).
Le procureur général Mornet : "Si vous n'aviez aucune autorité sur le maréchal et s'il ne vous consultait jamais, s'il n'avait aucune confiance en vous, comment se fait-il qu'au lendemain du 10 juillet [1940] vous ayez été appelé à la vice-présidence du Conseil et qu'il ait fait de vous son héritier présomptif ?
P. Laval : "Vous croyez avoir dit l'histoire en disant cela ? (...) Il était mortel, le maréchal (...). Je manque de modestie aujourd'hui ? C'est possible, mais je dis qu'aucun autre nom à ce moment-là ne pouvait apparaître dans un acte constitutionnel autre que le mien."
(PP. 159-160).
P. Laval décrit Pétain : "Le maréchal (...) était un homme sans expérience politique et il avait, néanmoins, le goût de la politique, en tout cas, très certainement, le goût du pouvoir personnel, un goût immodéré. Je m'en suis rendu compte trop tard. J'ai pensé qu'en restant, j'accomplissais mieux mon devoir qu'en m'en allant, que peut-être je pourrais, à la longue et le plus rapidement possible, exercer une parcelle d'autorité ou empêcher certains actes de s'accomplir."
(P. 172).
P. Laval charge Pétain : "Un jour, excédé par l'usage de ce pouvoir personnel, je dis au maréchal : "Connaissez-vous, Monsieur le Maréchal, l'étendue de vos pouvoirs ?" Il me dit : "Non". Je dis : "Ils sont plus grands que ceux de Louis XIV, parce que Louis XIV devait soumettre ses édits au Parlement, tandis que vous, vous n'avez pas besoin de soumettre vos actes constitutionnels au Parlement, puisqu'il n'est plus là." Il me dit : "C'est vrai." (...) Eh bien, oui, il avait le goût du pouvoir personnel, et je n'étais pas assez fort pour l'empêcher de l'exercer dans es limites."
(P. 173).
P. Laval évoque la Légion : "Le maréchal n'avait pas l'idée de faire un parti unique à l'image et à l'instar du parti national-socialiste. Je me garderai bien de le prétendre, ce serait ridicule. Le maréchal avait l'intention de supprimer les partis politiques qui existaient (...). Il ne voulait qu'un parti du maréchal ; cela est clair. Eh bien, ce part du maréchal s'appelait la Légion.
(...) La Légion n'avait pas les faveurs de l'autorité d'occupation. Elle était un organisme politique à tendance réactionnaire dans la zone sud. Elle m'a gêné dans mon action gouvernementale; elle m'a obligé parfois à prendre des décisions que je n'aurais pas voulu prendre."
(P. 186).
Laval justifiant le Service de Travail obligatoire en Allemagne : "La guerre qui se poursuit à l'Est met en cause doute la civilisation européenne, dans des combats gigantesques, le Reich engage tous ses hommes, l'Allemagne a besoin de main-d'oeuvre." (DR).
Audience du 6 octobre 1945.
Le procureur général Mornet : "Si, au lendemain de la Libération, au mois d'août ou au mois de septembre 1944, Pierre Laval avait été appréhendé et conduit devant un tribunal militaire - qui ne juge pas avec toutes les formes extérieures auxquelles vous étiez astreints - eh ! bien ! sa condamnation suivie de ce que vous savez, n'eût pas été une erreur judiciaire."
P. Laval : "Cela m'aurait privé du plaisir de vous entendre !
Le procureur Mornet : "Cela aurait donné satisfaction à la conscience de tous les Français."
(PP 204-205).
Très vite, cette audience devient tellement tumultueuse que le premier président annonce une suspension. Les sténographes notent alors, en provenance des jurés et visant P. Laval :
- "Provocateur... Salaud... Douze balles... Il n'a pas changé..."
Réponse de P. Laval : "Non, et je ne changerai pas maintenant... Les jurés !... Avant de me juger !... C'est formidable..."
Un juré : "On vous a déjà jugé, et la France vous a jugé aussi !"
(P. 211).
Conséquence de cet incident de séance, l'accusé décide de ne plus comparaître et refuse de se présenter à la reprise du procès (4).
Ancien président de la République, Albert Lebrun est appelé à témoigner :
- "Il eût mieux valu pour la France et pour lui-même [P. Laval] que le pays fut administré directement par un gauleiter plutôt que par un gouvernement français qui n'allait plus avoir du pouvoir que l'apparence et dont le rôle essentiel consisterait, en somme, à avaliser toutes les décisions des autorités d'occupation."
(P. 215).
Audience du 8 octobre 1945.
Le fauteuil de Pierre Laval est vide, de même que le banc de la défense.
Déposition du général Doyen :
- "Toute politique ayant pour objet d'aider l'ennemi sous une forme ou sous une autre dans sa lutte contre l'Angleterre et ses alliés, ne pouvait que favoriser l'Allemagne dans l'obtention de ses buts de guerre, qui étaient, en premier lieu, le démembrement et la destruction de la France. Par conséquent, toute politique ayant cet objet, qu'elle s'appelle collaboration ou autre, était une politique criminelle contre le pays.
Or, il s'est trouvé une homme pour se faire le père de cette politique et l'imposer au pays. Cet homme a été M. Laval."
(P. 226).
- "Son intimité avec les Allemands était totale. Je dirais même qu'elle était indécente à un moment où nous avions plus d'un million et demi de prisonniers qui souffraient derrière des fils barbelés."
(P. 228).
Déposition du secrétaire général honoraire du Sénat, M. de Lapommeraye :
- "Cinq ou six semaines après [juillet 1940], il [P. Laval] me dit : "Et voilà comment on renverse la République".
(P. 232).
Le procureur général Mornet : "Pierre Laval a fait notifier 33 témoins qui appartiennent à la Haute Cour, en tant qu'il peut y avoir intérêt à recevoir leurs dépositions. Je vais vous demander de prier M. l'Huissier de faire appel de ces 33 témoins."
Aucun ne répond à l'appel de son nom.
(P. 242).
A défaut d'entendre Pierre Laval devant la Cour, il est donné lecture de ses interrogatoires lors de la brève instruction.
Question : "Le 22 août 1942, c'est le débarquement manqué des Britanniques à Dieppe (5). Que dites-vous des félicitations adressées par le maréchal et par vous-même au haut commandement allemand pour le "rapide nettoyage" et du télégramme de Pétain qui faisait l'offre au Chancelier du Reich d'une collaboration militaire ?"
Réponse de P. Laval : "Je n'en ai aucun souvenir. Je n'avais pas coutume de correspondre avec les militaires allemands."
Question : "Antérieurement au 24 août 1942, se place un acte dont on a beaucoup parlé : c'est le défi qui est sorti de votre bouche le 22 juin précédent, et que la radio a diffusé aux quatre coins du monde. C'est le "Je souhaite la victoire de l'Allemagne."
"Le 15 décembre 1942, au cours d'une conférence de presse à Vichy, vous vous écriez : "Assez d'hypocrisies, il s'agit de choisir son camp sans équivoque et sans ambiguïté : je veux la victoire de l'Allemagne... Ceux qui escomptent la victoire américaine ne veulent pas comprendre que M. Roosevelt apporte dans ses bagages le double triomphe des Juifs et des communistes. Libre à certains de le souhaiter, mais je suis résolu à les briser, coûte que coûte."
Réponse de P. Laval : "Si je n'avais pas fait certaines de ces déclarations verbales, je n'aurais pas pu résister à certaines exigences allemandes, plus dures encore que celles que nous avons connues. Ces propos qui n'engagent que moi, m'ont permis de mieux accomplir ma tâche."
(P. 251 à 254).
Question : "La loi mettant les Juifs hors du droit commun n'était qu'un premier pas dans l'imitation servile de nos vainqueurs. (...). N'y eut-il jamais de Juifs arrêtés en zone libre, notamment en juillet et août 1942 ?
(...). Aussitôt après votre reprise du pouvoir en 1942, la politique soi-disant française devient une politique tout allemande : persécution contre les Juifs, on l'a dit, persécution contre les francs-maçons, qui se traduit part de nombreuses listes de noms à l'Officiel, ce qui les marque pour servir d'otages, persécution contre les communistes et résistants de tous les partis; la police française mise au service de la Gestapo; des arrestations innombrables (25.000 à Paris dans la nuit du 15 au 16 juillet) (6). Les lois d'exception toutes calquées sur le régime hitlérien et au rebours de nos traditions, vous ne laissez même pas aux vainqueurs le soin de les appliquer ?"
P. Laval : "Je répondrai par une note."
PP. 255-256).
Question : "Un article dit "loi" n° 1077 du 11 décembre 1942" publiée au Journal Officiel du 12 décembre, et signé par vous, prescrit l'apposition de la mention "Juif" sur les cartes d'identité délivrées aux Israélites français et étrangers. Voulez-vous vous expliquer sur cette prétendue loi qui est signée par vous seul ?"
P. Laval : "Je suis fatigué; exceptionnellement sur ce point je vous ferai parvenir une note."
(P. 258).
Pierre Laval à la une du magazine Time (DR).
Audience du 9 octobre 1945
En l'absence de Pierre Laval et de ses trois avocats, réquisitoire du procureur général Mornet :
- "Dans la France diminuée on espérait, avec l'aide d'hommes comme Laval, trouver (...) un pays subordonné à la politique du Reich. Aussi bien est-ce le pays où, pour mieux le mater, le nombre de déportés a été le plus élevé : déportés raciaux, cent vingt mille, sur lesquels il en est revenu quinze cents (7); déportés politiques, cent vingt mille également (8), dont beaucoup sont restés dans les camps de Dachau, de Buchenwald, et dans les chambres à gaz, sans compter les cent cinquante mille fusillés sur le sol de France (9). Je me demande dans ces conditions de quel droit Laval peut dire que s'il n'eût pas été là, la situation eût été pire.
Mais il faut considérer les choses de plus haut. La politique de Laval a fait aux Français une situation pire au point de vue moral; elle a exposé la France au soupçon de trahison envers ses alliés comme envers la cause dont elle était le champion dans le monde."
(PP. 105-106).
- "Aujourd'hui il (...) refuse de se présenter devant vous pour se défendre. C'est sa suprême ressource, et je dirai même sa suprême tactique.
Vous avez pu constater que chaque fois qu'on lui pose une question précise, il l'élude, ou promet de répondre par une note qui n'est qu'une nouvelle façon d'éluder une réponse qu'il ne peut pas faire. Alors, devant l'impossibilité de répondre à une question précise, lui, qui est un joueur, il a joué jusqu'au bout en se disant : "Ils n'oseront".
Eh bien, pour ma part, et quelque rôle pénible que dans ces conditions la loi et mon devoir m'imposent, je suis de ceux qui disent : "J'oserai" (...).
Je vous demande de prononcer la peine de mort contre Pierre Laval."
(P. 307).
Après une très longue délibération, la Haute Cour condamne Pierre Laval à la peine de mort, le déclare convaincu d'indignité nationale et prononce la confiscation de ses biens.
Signature de Pierre Laval au bas d'une lettre datée de mai 1945 (Doc. JEA/DR).
Le 13 octobre 1945, le général de Gaulle entend Mes Naud et Baraduc, lesquels demandent non pas la grâce de Pierre Laval mais de recommencer le procès. Si le chef d'Etat pouvait effectivement accorder sa grâce, juridiquement, il ne pouvait casser une décision judiciaire et ordonner la révision du procès.
Le 15 octobre, quand la cellule de Laval est ouverte à la prison de Fresnes pour le conduire à la mort, il est découvert empoisonné.
Ranimé, la majeure partie de la substance toxique éliminée, Pierre Laval est fusillé devant une butte de Fresnes où les Allemands passèrent par les armes des résistants...
NOTES
(1) Bénédicte Vergez-Chaignon, Vichy en prison, Les épurés à Fresnes après la Libération, Gallimard, 2006, 425 p., P. 22.
Georgaes Mandel (1885-1944). Ministre des PTT, des Colonies et de l'Intérieur sous la IIIe République. Voulut continuer la guerre au Maroc où l'arrêtent les autorités obéissant à Vichy. Condamné à la prison à vie par un tribunal français. Livré aux Allemands quand ils envahissent la zone dite "libre". Enfermé successivement à Orianenbourg puis à Buchenwald. Reconduit à la prison de la Santé à Paris pour être livré le 4 juillet 1944 à la Milice. Abattu par des miliciens en forêt de Fontainebleau le 7 juillet.
(2) La pagination est celle du compte-rendu sténographique.
(3) Avocats de la défense : Mes Barraduc, Joffrey et Naud.
(4) Dans une présentation tendancieuse, l'article de Wikipédia consacré à Laval affirme sans sourciller : "il [Laval] est de fait empêché de parler et de se défendre. Il est exclu de son procès." Les références demandées ne sont pas fournies, et pour cause. Le procès-verbal reproduit sous le nom même de l'un des avocats de la défense montre que celle-ci est volontairement absente, que Laval monopolise les débats en marquant son mépris aux magistrats et au jury. L'accusé ne cesse de se dérober aux questions puis il refuse de lui-même de comparaître. Par contre, il est insupportable d'entendre des jurés l'insulter en pleine audience et le condamner avant la fin du procès.
(5) L'opération Jubelee à Dieppe date plus exactement du 19 août 1942. 913 militaires venus d'Angleterre perdirent la vie dans cette tentative de tester les capacités du Mur de l'Atlantique qu'élevaient les Allemands.
(6) Allusion à la Rafle du Vel d'Hiv. Sans préciser que les victimes : 13.152 sont uniquement juives qui tombèrent dans les filets de ce "Vent printanier"...
(7) En réalité, près de 76.000 déportés raciaux dont environ 2.500 revinrent des camps.
(8) Sur un total de près de 66.000 déportés non raciaux, on dénombre 42.000 résistants reconnus. 23.000 de ces déportés étaient encore en vie à la Libération.
(9) Lors du colloque sur la Répression en France, 1940-1944, à Caen (2005), le chiffre de 4.549 fusillés a été retenu.
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jeudi 27 septembre 2012
P. 185. 1986-1997 : boules puantes et politiques entre Balladur, Chirac, Jospin, Juppé, Le Pen, Mitterrand etc...
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Michèle Cotta,
Carnets secrets de la Ve République ,
tome III 1986-1997,
fayard, 968 p., 2009.
Editeur
- "Cela fait bientôt quatre décennies que Michèle Cotta prend des notes dans les antichambres du pouvoir, les congrès des partis, les déambulatoires de l’Assemblée, les conférences de presse de chefs d’État et les déjeuners de notables. Cette matière première a déjà été la base des "Cahiers secrets de la Ve République" Tome I (1965-1977), paru en 2007, et Tome II (1977-1986), paru en 2008. Dans ce Tome III (1986-1997), on retrouve le talent de chroniqueuse de Michéle Cotta, sa gourmandise à observer les personnages du grand théatre de la politique, sa capacité à en dévoiler les coulisses, à analyser les stratégies et les caractères des acteurs. Et aussi, sa distance et parfois son regard amusé.
En France, dans les années 1986-1997, l’ère Mitterrand voit se succéder des Premiers ministres Rocard, Cresson, Bérégovoy dans le climat délétère né des « affaires », tandis que la rivalité entre Jacques Chirac et Edouard Balladur, « amis » de trente ans, divise la droite, sur fonds de règlements de comptes et chausse-trapes.
Ailleurs, nous assistons à la chute du mur de Berlin, à la disparition de l’URSS, en passant par l’élargissement de l’Europe ou l’engagement militaire des Occidentaux au Moyen-Orient.
Jamais le talent de chroniqueuse de Michèle Cotta n’aura mieux convenu qu’à cette saga riche en témoignages inédits, en portraits colorés et anecdotes épicées.
Journaliste politique (presse, radio, télévision), dirigeante de chaîne publique, Michèle Cotta a été présidente de la Haute Autorité de l’Audiovisuel (ancêtre du CSA). Elle est aujourd’hui directrice générale de la holding JLA, éditorialiste au Nouvel économiste et à Direct soir. Le deuxième volume de ces Cahiers secrets de la Ve République (1977-1986) a reçu le Prix du Livre politique 2009."
Angelina Jelis
- "Les carnets de Michèle Cotta, c’est le livre politique, plutôt sur la politique, le plus savoureux qu’il m’est été donné de lire. Une sucrerie. D’abord sur la forme, les amoureux du blogging ne seront pas dépaysé. Les billets sont courts, le style est dense, parfois drôle, et l’ensemble respire la sincérité.
Sur le fond, point de grandes idées, d’intérêt général, de trajectoire historique ou de mise en perspective dans ces carnets. Non, c’est très terre à terre. Le sujet, c’est la tactique des uns ou des autres, les positionnements, les coups bas, les non dits et les coulisses. J’ai eu l’impression d’entrevoir la politique telle qu’elle est, hors de champs de la communication léchée et des images maîtrisées. Les amateurs de off seront comblés."
(Ce que je lis, 30 juin 2012).
Sans respect de la chronologie, le Tome IV des Carnets de Michèle Cotta vous avait d'abord été présenté sur la page 142 de ce blog. Afin de se remémorer les élections présidentielles de 2002 et les affrontements de trois hommes politiques clefs : Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen et (déjà) Nicolas Sarkozy.
Aujourd'hui, il vous est proposé une plongée dans les centaines de pages du Tome III, soit de 1986 à 1997. Le lecteur scaphandrier (masc. gram.) remontera à la surface avec quelques perles politiques. Pour les comparer. S'offusquer ou sourire. Se souvenir ou découvrir. En peser le poids de vérités, de cruautés, de haines, de privautés, de sincérité...
Encore heureux que la peine de mort soit abolie : voici comment se jugeaient les un(e)s les autres des politiques qui ont fait, à leur manière, l'histoire de France.
Chaque citation est complétée des références de l'auteur, de la date de retranscription dans les Carnets de Michèle Cotta et de la page dans ce T. III.
Cri du coeur d'Edouard Balladur (Caricature JEA/DR).
Edouard Balladur
A propos de lui-même : Vous trouvez que je ne fais pas assez le trottoir ?
(15 mars 1995, p. 742).
Alain Juppé : Il ne faut pas qu’il me gratouille, le camarade Edouard !
(20 mai 1997, p. 942).
Charles Millon : Ce serait un homme d’Etat à condition de lui ajouter un petit quelque chose.
(11 mai 1994, p. 650).
François Mitterrand : Balladur, un étrangleur ottoman.
(19 janvier 1995, p. 715).
Charles Pasqua : Regardez et racontez-le : Balladur serre les mains, il est capable de serrer des mains !
(15 mars 1995, p. 742).
Pierre Bérégovoy
Jacques Delors : Par son acharnement gestionnaire et sa vanité, il a mis la gauche dans l’état où elle est aujourd’hui.
(27 août 1994, p. 669).
Bernard Bosson
Jean-Pierre Chevènement : Bosson, c’est tout un programme !
(24 juin 1989, p. 196).
Jacques Chirac
Raymond Barre : Chirac est un volatile avec des couilles… pardon, Mesdames.
(8 mai 1997, p. 934).
François Bayrou : Chirac vasouille…
24 février 1997, p. 896).
Jacques Chirac : Et pourtant, il (lui-même) pense. Enfin, n’exagérons rien : il réfléchit.
(Fin juin 1994, p. 659).
Edgar Faure : Chirac est un roseau peint en fer.
(1 avril 1997, p. 904).
Gilles Martinet : Avec lui, le dernier qui parle a raison…
(16 octobre 1996, p. 857).
Georges Pompidou : Chirac, je ne sais pas ce que sera votre carrière politique, mais n’oubliez jamais ceci : ne vous prenez pas pour un ministre.
(29 mars 1994, p. 643).
Philippe Seguin : Il n’arrive pas à trouver sa vraie distance. Il est soit trop extérieur, soit trop impliqué.
(23 juin 1995, p. 780).
Edith Cresson
Pierre Mauroy : Lorsqu’elle avait été chargée en 1974 par Mitterrand des Jeunes socialistes, Edith Cresson, c’est un kapo !
(20 janvier 1990, p. 227).
André Santini : Elle descend si bas dans les sondages qu’elle va finir par découvrir le pétrole !
(14 décembre 1991, p. 349).
Jean-Louis Debré
Robert Badinter : Debré ? Ce n’est pas un aigle.
(6 novembre 1996, p. 859).
Philippe Douste-Blazy (Caricature JEA/DR).
Philippe Douste-Blazy
Lui-même : Pour moi, mon bleu de travail, c’est mon smoking.
(13 mai 1997, p. 937) ;
Laurent Fabius
Edith Cresson : Le fils de Dieu, ça ne marche pas. On ne fait pas n’importe quoi sous prétexte qu’on est fils de Dieu ! Fabius est un monstre politique.
(18 mars 1990, p. 240).
Georges Sarre : Quand Fabius me sourit et qu’il me dit des paroles gentilles, je suis gêné à l’idée du mal qu’il se donne pour être aimable.
(8 mars 1997, p. 901).
Valéry Giscard d’Estaing
Edouard Balladur : Ménager Giscard, vous n’y pensez pas ! C’aurait été un boulot à plein temps !
(19 mars 1995, p. 745).
Jean-Pierre Raffarin : Les décisions altruistes, chez Giscard, sont assez rares…
(19 juin 1995, p. 778).
Lionel Jospin
Alain Juppé : Il n’a aucune colonne vertébrale.
(20 mai 1997, p. 942).
Jean-Marie Le Pen : Il a une bonne tête, il est intègre et en plus, cela se voit !
(1er septembre 1994, p. 672).
Pierre Mauroy : Il a tué le père – Mitterrand – et perdu du même coup son centre de gravité.
(1er janvier 1992, p. 354).
Bernard Pons : Lionel Jospin n’est pas à la hauteur, il fait vieux, il réagit avec lenteur. Il s’est fait posséder comme un bleu dans ce débat sur l’immigration qui n’avait été fait que pour nuire au PS en montrant que sur ce sujet, il était minoritaire dans l’opinion publique.
(3 mars 1997, p. 898).
Dominique de Villepin : Lionel Jospin n’a pas la classe pour mener une grande campagne.
(4 février 1997, P. 884).
Alain Juppé
Marc Blondel : Le matin, le Premier ministre dit : « eh bien, aujourd’hui, je vais être plus généreux. En fait, il baisse culotte, mais il fait derrière un buisson. Il ne veut pas que ça se voie ! »
(14 décembre 1995, p. 794).
Jean-Marie Le Pen : Des tas de métaphores maritimes me viennent à l’esprit sur les bateaux qui coulent et les poids inutiles qu’il faut faire passer par-dessus bord…
(26 mai 1997, p. 947).
Nicolas Sarkozy : Je lui ai dit : pourquoi ne parles-tu davantage avec les gens ? Il m’a répondu : parce qu’ils n’y comprendraient rien.
(19 novembre 1996, p. 866).
Philippe de Villiers : Mes électeurs ont une allergie : Alain Juppé.
(20 mai 1997j, p. 943).
Jack Lang
Monique Lang : Lui au moins sait faire campagne ! avec des idées et des caméras, avec des jeunes pour bouger, et des vieux pour regarder…
(27-28 août 1994, p. 668).
François Léotard
François Copé : Lorsque Léotard déjeune avec Juppé, il ne dit pas : « Voilà le gouvernement qu’il faut faire. » Il dit : « Si vous faites un remaniement, pourquoi pas moi ? » C’est plus clair, non ?
(28 novembre 1996, p. 867).
Helmut Kohl : Je vois que vous écrivez des livres. Un conseil : n’écrivez pas, faites de la politique.
(14 novembre 1996, p. 865).
René Monory : A partie du moment où Juppé a tout dit à Léotard hier, on ne peut pas s’attendre à cve que le secret soit longtemps gardé.
(17 avril 1997, p. 915).
Jean-Marie Le Pen (Caricature JEA/DR).
Jean-Marie Le Pen
Jacques Chirac : Le Pen est dangereux pour la paix civile, dangereux pour l’unité nationale, les valeurs chrétiennes et humanistes.
(19 mai 1990, p. 248).
François Léotard : Le Pen, ce parachutiste de bistrot…
(16 mai 1997, p. 941).
André Rossinot : Face à Le Pen, les socialistes n’ont pas changé : pompiers côté pile, pyromanes côté face.
(5 mai 1997, p. 932).
Bernard Tapie : S’il dépasse les limites, moi, caméra ou pas, je me lève et je lui rentre dedans !
(8 décembre 1989, p. 215).
Miss France
Jacques Chirac : On aurait mieux fait de me l’amener ce soir…
(26-27 janvier 1987, p. 67).
François Mitterrand
Edouard Balladur : Lorsque je passe une heure avec François Mitterrand, je m’amuse beaucoup plus qu’avec Giscard d’Estaing.
(26 août 199 », p. 562).
Jacques Chirac : Comme il n’a rien fait pendant quatorze ans, il faudra bien qu’on parle de lui…
(25 janvier 1996, p. 810).
Charles Pasqua : Mitterrand ? Le capitaine qui s’attache au mat du navire pendant qu’il coule !
(24 mars 1993, p. 519).
Michel Rocard : Le PS a eu quatre cadavres dans son histoire : le congrès de Tours en 1920 ; le déshonneur, avec le vote des socialistes pour le Maréchal Pétain à Vichy en 1940 ; la honte, avec Guy Mollet et l’Algérie en 1956 ; et puis la prise du pouvoir par Mitterrand qui s’est terminée par la honte et le déshonneur.
(4 décembre 1996, p. 869).
Robert-André Vivien : C’est Ramsès II sans bandelettes.
(7 septembre 1992, p. 459).
Guy Mollet
François Mitterrand : Guy Mollet pense à m’abattre 23 heures sur 24. Il me suffit, à moi, de penser 24 heures sur 24 à être plus fort que lui.
(8 janvier 1996, p. 802).
Charles Pasqua (Caricature JEA/DR).
Charles Pasqua
Maurice Bennassayag : C’est un vieux parrain.
(15 novembre 1993, p. 594).
Alain Juppé : C’est un vieux schnock.
(30 avril 1997, p. 928).
Jeanne Pasqua : J’ai été blessée par les calomnies qui ont accablé le ministre. Il est bon, humain, courageux, solide. Si je le dis, c’est que je le sais : quarante ans, c’est un long chemin.
(4 mars 1987, p. 75).
Michel Rocard
Françoise Giroud : Il me semble que cela ne lui réussit pas mal, au petit Rocard, cette relation conflictuelle avec Mitterrand : cela le dope, l’émoustille !
(27 juin 1990, p. 256).
Iléana Rocard : Il n’a pas assez de cohérence intérieure pour pouvoir gagner dans l’action politique.
(7 mars 1997, p. 899).
Nicolas Sarkozy
Jean-François Probst : Sarkozy doit encore souffrir, rentrer par la petite porte, pas par la grande, pour faire oublier à Bernadette et à Claude Chirac son passage chez Balladur.
(12 novembre 1996, p. 863).
Nicolas Sarkozy : Je vous remercie d’avoir invité un traître (parlant de lui-même).
(16 avril 1997, p. 912).
Philippe Séguin
Alain Juppé : Les journalistes ont peur de lui, ont peur de ses grosses colères. Ils ne sont pas les seuls.
(20 mai 1997, p. 942).
Pierre Mazeaud : Interrogez le personnel du Palais-Bourbon : dans la vie quotidienne, Seguin est insupportable.
(13 novembre 1996, p. 864).
Nicolas Sarkozy : Philippe Seguin, il est mort. Il ne nous a pas léché les bottes.
(27 janvier 1995, p. 718).
Philippe de Villiers : Après la bataille, Philippe Seguin est retourné à son caractère, la lâcheté.
(2 avril 1997, p. 905).
Robert-André Vivien : C’est Astérix sans potion magique !
(7 septembre 1992, p. 459).
Bernard Tapie
Jean-Marie Le Pen : un Tartarin, un bluffeur, un hâbleur, un pitre grotesque.
(8 décembre 1989, p. 215).
Pierre Mauroy : Tapie n’est pas ma tasse de thé.
(24 mai 1992, p. 430).
Bruno Mégret : Bernard, Tapie, à Marseille, nous l’appelons Pinocchio tellement il est menteur. A cette différence près que lui, quand il ment, ce n’est pas son nez qui grossit, c’est sa tête.
(13 mars 1992, p. 388).
Margaret Tatcher (Caricature JEA/DR).
Margaret Tatcher
François Mitterrand : Elle a un charme fou !
(29 octobre 1993, p. 592).
Jacques Toubon
Michel Debré : Je ne suis pas sûr qu’il réfléchisse toujours à ce qu’il dit… Et ce que je viens de dire la est un euphémisme !
Philippe de Villiers
Olivier Guichard : Villiers ? C’est le Front national à particule !
(2 avril 1997, p. 905).
François Léotard : Ce Le Pen de sacristie…
(16 mai 1997, p. 941).
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Michèle Cotta,
Carnets secrets de la Ve République ,
tome III 1986-1997,
fayard, 968 p., 2009.
Editeur
- "Cela fait bientôt quatre décennies que Michèle Cotta prend des notes dans les antichambres du pouvoir, les congrès des partis, les déambulatoires de l’Assemblée, les conférences de presse de chefs d’État et les déjeuners de notables. Cette matière première a déjà été la base des "Cahiers secrets de la Ve République" Tome I (1965-1977), paru en 2007, et Tome II (1977-1986), paru en 2008. Dans ce Tome III (1986-1997), on retrouve le talent de chroniqueuse de Michéle Cotta, sa gourmandise à observer les personnages du grand théatre de la politique, sa capacité à en dévoiler les coulisses, à analyser les stratégies et les caractères des acteurs. Et aussi, sa distance et parfois son regard amusé.
En France, dans les années 1986-1997, l’ère Mitterrand voit se succéder des Premiers ministres Rocard, Cresson, Bérégovoy dans le climat délétère né des « affaires », tandis que la rivalité entre Jacques Chirac et Edouard Balladur, « amis » de trente ans, divise la droite, sur fonds de règlements de comptes et chausse-trapes.
Ailleurs, nous assistons à la chute du mur de Berlin, à la disparition de l’URSS, en passant par l’élargissement de l’Europe ou l’engagement militaire des Occidentaux au Moyen-Orient.
Jamais le talent de chroniqueuse de Michèle Cotta n’aura mieux convenu qu’à cette saga riche en témoignages inédits, en portraits colorés et anecdotes épicées.
Journaliste politique (presse, radio, télévision), dirigeante de chaîne publique, Michèle Cotta a été présidente de la Haute Autorité de l’Audiovisuel (ancêtre du CSA). Elle est aujourd’hui directrice générale de la holding JLA, éditorialiste au Nouvel économiste et à Direct soir. Le deuxième volume de ces Cahiers secrets de la Ve République (1977-1986) a reçu le Prix du Livre politique 2009."
Angelina Jelis
- "Les carnets de Michèle Cotta, c’est le livre politique, plutôt sur la politique, le plus savoureux qu’il m’est été donné de lire. Une sucrerie. D’abord sur la forme, les amoureux du blogging ne seront pas dépaysé. Les billets sont courts, le style est dense, parfois drôle, et l’ensemble respire la sincérité.
Sur le fond, point de grandes idées, d’intérêt général, de trajectoire historique ou de mise en perspective dans ces carnets. Non, c’est très terre à terre. Le sujet, c’est la tactique des uns ou des autres, les positionnements, les coups bas, les non dits et les coulisses. J’ai eu l’impression d’entrevoir la politique telle qu’elle est, hors de champs de la communication léchée et des images maîtrisées. Les amateurs de off seront comblés."
(Ce que je lis, 30 juin 2012).
Sans respect de la chronologie, le Tome IV des Carnets de Michèle Cotta vous avait d'abord été présenté sur la page 142 de ce blog. Afin de se remémorer les élections présidentielles de 2002 et les affrontements de trois hommes politiques clefs : Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen et (déjà) Nicolas Sarkozy.
Aujourd'hui, il vous est proposé une plongée dans les centaines de pages du Tome III, soit de 1986 à 1997. Le lecteur scaphandrier (masc. gram.) remontera à la surface avec quelques perles politiques. Pour les comparer. S'offusquer ou sourire. Se souvenir ou découvrir. En peser le poids de vérités, de cruautés, de haines, de privautés, de sincérité...
Encore heureux que la peine de mort soit abolie : voici comment se jugeaient les un(e)s les autres des politiques qui ont fait, à leur manière, l'histoire de France.
Chaque citation est complétée des références de l'auteur, de la date de retranscription dans les Carnets de Michèle Cotta et de la page dans ce T. III.
Cri du coeur d'Edouard Balladur (Caricature JEA/DR).
Edouard Balladur
A propos de lui-même : Vous trouvez que je ne fais pas assez le trottoir ?
(15 mars 1995, p. 742).
Alain Juppé : Il ne faut pas qu’il me gratouille, le camarade Edouard !
(20 mai 1997, p. 942).
Charles Millon : Ce serait un homme d’Etat à condition de lui ajouter un petit quelque chose.
(11 mai 1994, p. 650).
François Mitterrand : Balladur, un étrangleur ottoman.
(19 janvier 1995, p. 715).
Charles Pasqua : Regardez et racontez-le : Balladur serre les mains, il est capable de serrer des mains !
(15 mars 1995, p. 742).
Pierre Bérégovoy
Jacques Delors : Par son acharnement gestionnaire et sa vanité, il a mis la gauche dans l’état où elle est aujourd’hui.
(27 août 1994, p. 669).
Bernard Bosson
Jean-Pierre Chevènement : Bosson, c’est tout un programme !
(24 juin 1989, p. 196).
Jacques Chirac
Raymond Barre : Chirac est un volatile avec des couilles… pardon, Mesdames.
(8 mai 1997, p. 934).
François Bayrou : Chirac vasouille…
24 février 1997, p. 896).
Jacques Chirac : Et pourtant, il (lui-même) pense. Enfin, n’exagérons rien : il réfléchit.
(Fin juin 1994, p. 659).
Edgar Faure : Chirac est un roseau peint en fer.
(1 avril 1997, p. 904).
Gilles Martinet : Avec lui, le dernier qui parle a raison…
(16 octobre 1996, p. 857).
Georges Pompidou : Chirac, je ne sais pas ce que sera votre carrière politique, mais n’oubliez jamais ceci : ne vous prenez pas pour un ministre.
(29 mars 1994, p. 643).
Philippe Seguin : Il n’arrive pas à trouver sa vraie distance. Il est soit trop extérieur, soit trop impliqué.
(23 juin 1995, p. 780).
Edith Cresson
Pierre Mauroy : Lorsqu’elle avait été chargée en 1974 par Mitterrand des Jeunes socialistes, Edith Cresson, c’est un kapo !
(20 janvier 1990, p. 227).
André Santini : Elle descend si bas dans les sondages qu’elle va finir par découvrir le pétrole !
(14 décembre 1991, p. 349).
Jean-Louis Debré
Robert Badinter : Debré ? Ce n’est pas un aigle.
(6 novembre 1996, p. 859).
Philippe Douste-Blazy (Caricature JEA/DR).
Philippe Douste-Blazy
Lui-même : Pour moi, mon bleu de travail, c’est mon smoking.
(13 mai 1997, p. 937) ;
Laurent Fabius
Edith Cresson : Le fils de Dieu, ça ne marche pas. On ne fait pas n’importe quoi sous prétexte qu’on est fils de Dieu ! Fabius est un monstre politique.
(18 mars 1990, p. 240).
Georges Sarre : Quand Fabius me sourit et qu’il me dit des paroles gentilles, je suis gêné à l’idée du mal qu’il se donne pour être aimable.
(8 mars 1997, p. 901).
Valéry Giscard d’Estaing
Edouard Balladur : Ménager Giscard, vous n’y pensez pas ! C’aurait été un boulot à plein temps !
(19 mars 1995, p. 745).
Jean-Pierre Raffarin : Les décisions altruistes, chez Giscard, sont assez rares…
(19 juin 1995, p. 778).
Lionel Jospin
Alain Juppé : Il n’a aucune colonne vertébrale.
(20 mai 1997, p. 942).
Jean-Marie Le Pen : Il a une bonne tête, il est intègre et en plus, cela se voit !
(1er septembre 1994, p. 672).
Pierre Mauroy : Il a tué le père – Mitterrand – et perdu du même coup son centre de gravité.
(1er janvier 1992, p. 354).
Bernard Pons : Lionel Jospin n’est pas à la hauteur, il fait vieux, il réagit avec lenteur. Il s’est fait posséder comme un bleu dans ce débat sur l’immigration qui n’avait été fait que pour nuire au PS en montrant que sur ce sujet, il était minoritaire dans l’opinion publique.
(3 mars 1997, p. 898).
Dominique de Villepin : Lionel Jospin n’a pas la classe pour mener une grande campagne.
(4 février 1997, P. 884).
Alain Juppé
Marc Blondel : Le matin, le Premier ministre dit : « eh bien, aujourd’hui, je vais être plus généreux. En fait, il baisse culotte, mais il fait derrière un buisson. Il ne veut pas que ça se voie ! »
(14 décembre 1995, p. 794).
Jean-Marie Le Pen : Des tas de métaphores maritimes me viennent à l’esprit sur les bateaux qui coulent et les poids inutiles qu’il faut faire passer par-dessus bord…
(26 mai 1997, p. 947).
Nicolas Sarkozy : Je lui ai dit : pourquoi ne parles-tu davantage avec les gens ? Il m’a répondu : parce qu’ils n’y comprendraient rien.
(19 novembre 1996, p. 866).
Philippe de Villiers : Mes électeurs ont une allergie : Alain Juppé.
(20 mai 1997j, p. 943).
Jack Lang
Monique Lang : Lui au moins sait faire campagne ! avec des idées et des caméras, avec des jeunes pour bouger, et des vieux pour regarder…
(27-28 août 1994, p. 668).
François Léotard
François Copé : Lorsque Léotard déjeune avec Juppé, il ne dit pas : « Voilà le gouvernement qu’il faut faire. » Il dit : « Si vous faites un remaniement, pourquoi pas moi ? » C’est plus clair, non ?
(28 novembre 1996, p. 867).
Helmut Kohl : Je vois que vous écrivez des livres. Un conseil : n’écrivez pas, faites de la politique.
(14 novembre 1996, p. 865).
René Monory : A partie du moment où Juppé a tout dit à Léotard hier, on ne peut pas s’attendre à cve que le secret soit longtemps gardé.
(17 avril 1997, p. 915).
Jean-Marie Le Pen (Caricature JEA/DR).
Jean-Marie Le Pen
Jacques Chirac : Le Pen est dangereux pour la paix civile, dangereux pour l’unité nationale, les valeurs chrétiennes et humanistes.
(19 mai 1990, p. 248).
François Léotard : Le Pen, ce parachutiste de bistrot…
(16 mai 1997, p. 941).
André Rossinot : Face à Le Pen, les socialistes n’ont pas changé : pompiers côté pile, pyromanes côté face.
(5 mai 1997, p. 932).
Bernard Tapie : S’il dépasse les limites, moi, caméra ou pas, je me lève et je lui rentre dedans !
(8 décembre 1989, p. 215).
Miss France
Jacques Chirac : On aurait mieux fait de me l’amener ce soir…
(26-27 janvier 1987, p. 67).
François Mitterrand
Edouard Balladur : Lorsque je passe une heure avec François Mitterrand, je m’amuse beaucoup plus qu’avec Giscard d’Estaing.
(26 août 199 », p. 562).
Jacques Chirac : Comme il n’a rien fait pendant quatorze ans, il faudra bien qu’on parle de lui…
(25 janvier 1996, p. 810).
Charles Pasqua : Mitterrand ? Le capitaine qui s’attache au mat du navire pendant qu’il coule !
(24 mars 1993, p. 519).
Michel Rocard : Le PS a eu quatre cadavres dans son histoire : le congrès de Tours en 1920 ; le déshonneur, avec le vote des socialistes pour le Maréchal Pétain à Vichy en 1940 ; la honte, avec Guy Mollet et l’Algérie en 1956 ; et puis la prise du pouvoir par Mitterrand qui s’est terminée par la honte et le déshonneur.
(4 décembre 1996, p. 869).
Robert-André Vivien : C’est Ramsès II sans bandelettes.
(7 septembre 1992, p. 459).
Guy Mollet
François Mitterrand : Guy Mollet pense à m’abattre 23 heures sur 24. Il me suffit, à moi, de penser 24 heures sur 24 à être plus fort que lui.
(8 janvier 1996, p. 802).
Charles Pasqua (Caricature JEA/DR).
Charles Pasqua
Maurice Bennassayag : C’est un vieux parrain.
(15 novembre 1993, p. 594).
Alain Juppé : C’est un vieux schnock.
(30 avril 1997, p. 928).
Jeanne Pasqua : J’ai été blessée par les calomnies qui ont accablé le ministre. Il est bon, humain, courageux, solide. Si je le dis, c’est que je le sais : quarante ans, c’est un long chemin.
(4 mars 1987, p. 75).
Michel Rocard
Françoise Giroud : Il me semble que cela ne lui réussit pas mal, au petit Rocard, cette relation conflictuelle avec Mitterrand : cela le dope, l’émoustille !
(27 juin 1990, p. 256).
Iléana Rocard : Il n’a pas assez de cohérence intérieure pour pouvoir gagner dans l’action politique.
(7 mars 1997, p. 899).
Nicolas Sarkozy
Jean-François Probst : Sarkozy doit encore souffrir, rentrer par la petite porte, pas par la grande, pour faire oublier à Bernadette et à Claude Chirac son passage chez Balladur.
(12 novembre 1996, p. 863).
Nicolas Sarkozy : Je vous remercie d’avoir invité un traître (parlant de lui-même).
(16 avril 1997, p. 912).
Philippe Séguin
Alain Juppé : Les journalistes ont peur de lui, ont peur de ses grosses colères. Ils ne sont pas les seuls.
(20 mai 1997, p. 942).
Pierre Mazeaud : Interrogez le personnel du Palais-Bourbon : dans la vie quotidienne, Seguin est insupportable.
(13 novembre 1996, p. 864).
Nicolas Sarkozy : Philippe Seguin, il est mort. Il ne nous a pas léché les bottes.
(27 janvier 1995, p. 718).
Philippe de Villiers : Après la bataille, Philippe Seguin est retourné à son caractère, la lâcheté.
(2 avril 1997, p. 905).
Robert-André Vivien : C’est Astérix sans potion magique !
(7 septembre 1992, p. 459).
Bernard Tapie
Jean-Marie Le Pen : un Tartarin, un bluffeur, un hâbleur, un pitre grotesque.
(8 décembre 1989, p. 215).
Pierre Mauroy : Tapie n’est pas ma tasse de thé.
(24 mai 1992, p. 430).
Bruno Mégret : Bernard, Tapie, à Marseille, nous l’appelons Pinocchio tellement il est menteur. A cette différence près que lui, quand il ment, ce n’est pas son nez qui grossit, c’est sa tête.
(13 mars 1992, p. 388).
Margaret Tatcher (Caricature JEA/DR).
Margaret Tatcher
François Mitterrand : Elle a un charme fou !
(29 octobre 1993, p. 592).
Jacques Toubon
Michel Debré : Je ne suis pas sûr qu’il réfléchisse toujours à ce qu’il dit… Et ce que je viens de dire la est un euphémisme !
Philippe de Villiers
Olivier Guichard : Villiers ? C’est le Front national à particule !
(2 avril 1997, p. 905).
François Léotard : Ce Le Pen de sacristie…
(16 mai 1997, p. 941).
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jeudi 14 juin 2012
P. 154. André Villeboeuf honnit Picasso et bénit Salazar...
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Picasso : Deux femmes courant sur la plage - La course (DR).
Picasso : Deux femmes courant sur la plage - La course (DR).
Dans "Gringoire" : le 6 avril 1939
Villeboeuf ridiculise Picasso
Villeboeuf ridiculise Picasso
et encense Salazar
le 15 juin 1939...
le 15 juin 1939...
Jusqu'à 650.000 exemplaires (1) à l'époque ! Ils sont légion (2), les lecteurs de "Gringoire", à se régaler des pages résolument extrémistes de ce journal dont l'édorialiste, Béraud, traçait ainsi sa vision du journalisme : une guerre civile. Cette stratégie poussera non seulement "Gringoire" dans une collaboration totale mais en fera l'un des vecteurs les plus abjects de l'antisémitisme.
Mais revenons aux choix journalistiques de Béraud en 1939 :
- "Blâmer, railler, noircir, révéler, dégonfler, remettre à son rang, couvrir de ridicule" mais surtout avoir "quelques ENNEMIS" (3).
Si vous ouvrez le "Gringoire" du 6 avril 1939, vous y lirez une critique des "Deux femmes courant sur la plage" de Picasso. Enfin, plutôt qu'une critique... une vengeance d'un artiste se sentant nain de jardin devant un génie et appliquant à la lettre la tactique de son éditorialiste.
Mais revenons aux choix journalistiques de Béraud en 1939 :
- "Blâmer, railler, noircir, révéler, dégonfler, remettre à son rang, couvrir de ridicule" mais surtout avoir "quelques ENNEMIS" (3).
Si vous ouvrez le "Gringoire" du 6 avril 1939, vous y lirez une critique des "Deux femmes courant sur la plage" de Picasso. Enfin, plutôt qu'une critique... une vengeance d'un artiste se sentant nain de jardin devant un génie et appliquant à la lettre la tactique de son éditorialiste.
André Villeboeuf :
- "Immense toile (...) représentant deux énormes dondons aux formes éléphantines, mères putatives des bébés Cadum et qui semblent, d'elles-mêmes, fuir le peintre."
Cette volonté de ridiculiser annonce les articles (de bas fond) que la droite de la droite va pouvoir cultiver sur le fumier de l'occupation. Trois exemples pour se rafraîchir la mémoire ?
Voici Picasso "obscène", "coupable" et, excusez du peu, "ordure" bonne pour la "poubelle".
Et pour conclure, le ricanement judéophobe du SS responsable de la mise en application de la Shoah à Paris.
Voici Picasso "obscène", "coupable" et, excusez du peu, "ordure" bonne pour la "poubelle".
Et pour conclure, le ricanement judéophobe du SS responsable de la mise en application de la Shoah à Paris.
L’Ordre :
- "On n'encourage pas l'ordure!" s'écrie pathétiquement le député Charles Bauquier. "L'ordure", c'est le cubisme qui, violemment s'est affirmé au Salon des Indépendants, l'année précédente, et qui récidive et persiste. Les peintres obscènes ? Picasso, jargeur de titres bus, algébriste des pipes ; Fernand Léger amoureux des cylindres ; Delaunay dont Apollinaire rapporte les "grincheux" propos."
(2 mars 1940).
Maurice Vlaminck :
- "Picasso est coupable d'avoir entrainé la peinture française dans la plus mortelle impasse, dans une indescriptible confusion. De 1900 à 1930, il l'a conduite à la négation, à l'impuissance faite homme. La nature lui ayant totalement refusé tout caractère propre, il a employé toute son intelligence, toute sa malice à se fabriquer une personnalité. Il emprunte aux maîtres du passé ; sans excepter ses contemporains, l'âme de création qui ne lui a pas été départie... Picasso a étouffé pour plusieurs générations d'artistes, l'esprit de création, la foi, la sincérité dans le travail et dans la vie."
(Comoedia, 6 juin 1942).
Au Pilori (dans une piètre imitation de Céline) :
- "Faudrait tout de même pas confondre les serviettes et les torchons avec les lavettes ! Chacun sa place s'il vous plaît. Rubens avec Vinci et le Gréco, d'accord ! Un tout petit peu moins haut, Monet, Cézanne, Van Gogh. Mais Braque, Picasso et Matisse, tout en bas. Dans la poubelle !!! Avec les raclures de carottes, les peaux d'oignons et les épluchures de rutabagas !"
(1 avril 1943).
SS Obergruppenführer Dannecker (affaires juives au SD de Paris ) :
- " [Picasso] ce communiste a fait toute sa carrière grâce à des Juifs : Weil, Baër, Kahnweiler, Rosenberg..." (4).
SS Obergruppenführer Dannecker (affaires juives au SD de Paris ) :
- " [Picasso] ce communiste a fait toute sa carrière grâce à des Juifs : Weil, Baër, Kahnweiler, Rosenberg..." (4).
Un bol d'air et revenons à André Villeboeuf.
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André Villeboeuf : Danse macabre - 1944 (DR).
Né en 1893, André Villeboeuf a laissé sa signature sur des peintures, des gravures et des écrits, y compris ses articles dans "Gringoire". Il mourut à Séville en mai 1956, en cette Espagne de Franco qu'il considérait comme étant sa "seconde patrie". A la même enseigne qu'un Darquier de Pellepoix ou un Degrelle, pour ne citer qu'eux, ...
Quand il ne déversait pas ses sarcasmes pour des formes d'art ne correspondant pas à ses canons, Villeboeuf se piquait d'analyses politiques. Celles-ci se placent dans le contexte de la répulsion éprouvée par les fascistes français vis-à-vis du suffrage universel, de la démocratie et donc de la République accusée de tous les maux (5).
André Villeboeuf, Visite à Oliveira Salazar :
- "La république parlementaire clabaude ses cornettes dans le marais électorat. Grenouille croassante, elle trouve vite ses adulateurs. Au gouvernement, de ternes imbéciles se disputent les portefeuilles ; de plus voraces les leur arrachent pour se les laisser prendre, quelques semaines plus tard, par de plus rusés. Les grèves fleurissent telles pâquerettes d'avril, les mutineries pétaradent, et, sur Lisbonne, l'orage des coups d'état tonne hiver comme été. Dans les ruelles, on dévalise à tire-larigot ; sur les chaussées, on assomme, révolvérise et poignarde à bras raccourcis. Doux pays ! Gaiement, la légion rouge danse au son des 325 bombes qui, en cinq années de temps, explosent dans la capitale.
(…)
Encore quelques sursauts et le malade va entrer dans le coma, lorsqu'un beau jour le maréchal Gomes da Costa suivi d'une poignée de patriotes, républicains et monarchistes marche sur Lisbonne et prend le pouvoir qui s'écrase dans ses mains comme nèfle pourrie. Dans le tunnel, c'est une lueur, un espoir, mais c'est encore le tunnel".
(Gringoire, 15 juin 1939).
Les archives sont là, elles ne (se) reposent pas... André Villeboeuf passait la brosse à reluire sur les bottes d'un apprenti dictateur dont le régime ne tombera qu'au temps des oeillets. Pour cette plume de "Gringoire", la démocratie n'est qu'un "tunnel" et seul le fascisme en représente la sortie...
Mais pour paraphraser Raoul Hilberg, l'Histoire est l'Histoire.
Les ennemis des libertés finissent aux champs des déshonneurs.
Et si l'histoire des arts n'a pas vraiment accordé à André Villeboeuf une renommée comparable à celle de Pablo Picasso, ce n'est que par absence de grand talent du premier...
NOTES :
Les ennemis des libertés finissent aux champs des déshonneurs.
Et si l'histoire des arts n'a pas vraiment accordé à André Villeboeuf une renommée comparable à celle de Pablo Picasso, ce n'est que par absence de grand talent du premier...
NOTES :
(1) Henri Dubiel, Tirage des journaux en France en mars 1939.
3) Cahier VII, 2002.
2) Un nombre aussi élevé et constant de lecteurs, avant guerre et sous l'occupation, est en contradiction avec les tentatives de minimiser l'influence des articles - notamment antisémites - publiés dans "Gringoire". Malgré les manoeuvres des blanchisseurs de collaborateurs, les signatures qui alimentèrent ce journal-là, restent marquées par le déshonneur.
A noter qu'Henri Béraud dédicace à André Villeboeuf ses "Emeutes en Espagne", Les Editions de France, 1931, 278 p.
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(Arch. JEA/DR).
(4) "Le Petit Picasso illustré", Le Crapouillot, n° 25 mai 1973, 90 p., p. 18.
(5) Henri Béraud : "Si la France s'est écroulée en 1940, c'est à la République qu'elle le doit, c'est elle qui nous a conduits aux abîmes."
(Le Pilori, 10 juillet 1942).
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(4) "Le Petit Picasso illustré", Le Crapouillot, n° 25 mai 1973, 90 p., p. 18.
(5) Henri Béraud : "Si la France s'est écroulée en 1940, c'est à la République qu'elle le doit, c'est elle qui nous a conduits aux abîmes."
(Le Pilori, 10 juillet 1942).
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