MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

jeudi 14 mars 2013

P. 234. Abbaye de Saint-Michel en Thiérache : Festival 2013


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Sur ce blog : troisième présentation déjà de ce Festival de l'Abbaye de Saint-Michel en Thiérache, après les pages 25 - Festival 2011 - et 133 - Festival 2012 -.

Et toujours le même enthousiasme devant la perspective de vivre un mois de juin baignant dans la musique ancienne et baroque. Et pas un mot à retirer, à regretter des présentations précédentes :
- un lieu inspiré loin des autoroutes du snobisme et des parkings de supermarchés où se monnaie une musique passe-partout et prétexte à chloroformer l'esprit ;
- un Festival sans discours coquilles creuses ni places réservées à des sponsors vaniteux ;
- un programme élégant, recherché, original, avec un aspect phénix qui se renouvelle pour la XXVIIe fois ;
- des musiciens qui ont quitté régions prestigieuses et villes haut du col pour prendre le chemin de Saint-Michel et y donner à entendre leurs vocations, leurs talents ;
- un public mélangé (des extrémistes retiendront le mot "cosmopolite"), très respectueux des artistes mais en attendant des moments de bonheurs baroques ;
- des bénévoles dévoués, sympathiques et attentionnés, ils enluminent le Festival ;
- l'absence de barrières, de cordons de sécurité entre public et artistes, le cloître de l'Abbaye servant de cadre inspirant pour des rencontres, des échanges entre eux.
Bref, un Festival en marge - du moins géographique - de la France. La musique y embellit les moeurs, les coeurs...

Présentation officielle

- "La XXVIIe édition du Festival de musiquez ancienne et baroque de l'abbaye de Saint-Michel en Thiérache propose une nouvelle série de rendez-vous inscrits dans sa formule originale des dimanches complets de musique, au plus haut niveau d'exigence artistique.
Douze concerts jalonnent ainsi le programme 2013 au fil de cinq dimanches consécutifs, du 2 au 30 juin, avec deux ou trois programmes différents par journée (11h30, 14h30 et 16h30), encadrant le déjeuner susceptible d'être pris sur place (13h) et une rencontre conviviale dans le cloître avec les artistes (1(h ou 15h30).
Un thème spécifique oriente toujours chaque dimanche dans une direction historique ou esthétique particulière, ménageant une diversité instrumentale et vocale à travers des horizons contrastés.
(...)
Inscrit dans le cadre de l'action de développement musical mené par l'Association pour le Développement des Activités Musicales dans l'Aisne, avec le concours du Conseil général de l'Aisne, le festival constitue l'événement baroque du Nord de la France dans un site privilégié, en parfaite adéquation avec le répertoire dont il est l'écrin, à la faveur de journées mêlant plaisir artistique et détente touristique."


Les lumières de l'Aisne, mode rien et loin de toutes les modes, possèdent des grâces fragiles (Ph. JEA/DR).

Dimanche 2 juin 2013

A la Cour des Ducs de Mantoue.
L'aube d'une modernité musicale.
De l'insolite Salomone Rossi à son maître Monteverdi, la maison Gonzague protectrice d'un nouvel art européen.

11h30

Profeti Della Quinta
sous la direction musicale d'Elam Rotem

Salomone Rossi "Ebreo"
Madrigaux
Sinfonias, danses et sonates

16h30

Les Arts Florissants

sous la direction de Paul Agnew

Claudio Monteverdi
Cinquième livre de madrigaux




Dimanche 9 juin


Köthen-Paris-Venise.

Au carrefour des six concertos "Brandebourgeois".
L'intégrale en deux concerts du cycle le plus diversifié de concertos baroques, autour d'un troisième programme suggéré par la dédicace française de Jean Sébastien Bach.

11h30

Concerto Köln

Jean Sébastien Bach
Concertos Brandebourgeois
N° 6 en Si bémol majeur BWV 1051
N° 4 en Sol majeur BWV 1049

Evaristo Félice Dall'Abaco
Concerto en Ré majeur op. 5 n° 6.

14h30


Laurent Stewart à l'orgue historique Jean-Boizard (1714)
Hasnaa Bennani, soprano
Domitille Gillon et Stéphanie Pfister, violons

Un concert français
Marc-Antoine Charpentier - André Campra - Nicolas Lebègue - Louis Marchand - André Raison - Nicolas de Grigny...

16h30

Concerto Köln

Jean Sébastien Bach
Concertos Brandebourgeois
N°3 en Sol majeur BWV 1048
N°2 en Fa majeur BWV 1047
N° 5 en Ré majeur BWV 1046

Charles Avison
Concerto n° 6 d'après D. Scarlatti

Les six Brandebourgeois dans la version du Freiburg Baroque Orchestra :




Dimanche 16 juin

Un Empire méditerranéen.
Du creuset européen aux Amériques.
Entre colonisation espagnole et commerces méridionaux, les métissages musicaux d'une esthétique du soleil.

11h30

Françoise Atlan, chant
Eduardo Egüez, vihuela et guitare baroque

Conde claros
Le chant Renaissance et Baroque de l'Age d'Or espagnol
Luys Milan - Alonso Mudarra - Luys de Narvaes - Santiago de Murcia - José Marin - Gaspar Sanz - Juan Hidalgo

16h30

L'Arpeggiata
sous la direction de Christina Pluhar

Mediterraneo
Un voyage musical
Traditions savantes et populaires du berceau méditerranéen.




Dimanche 23 juin

Millésime 1685
Eisenach, Halle et Naples
Motes, Psaumes et Cantates. L'apogée des trois contemporains : Bach, Handel et Scarlatti.

11h30

Ensemble Vox Luminis
sous la direction de Lionel Meunier

Domenico Scarlatti
Stabat Mater à 10 voix
George Frideric Handel
Dixit Dominus HWV 232

16h30

Nathalie Stutzmann - Orfeo 55


Johann Sebastien Bach

Une cantate imaginaire
Sinfonias et airs extraits des plus fameuses cantates.

Le Stabat Mater de Scarlatti dans la version de Gérard Lesne et du Seminario Vocale :




Dimanche 30 juin

Lumières romaines
de Corelli à Handel

Autour du tricentenaire de la mort de Corelli, une incursion dans le parnasse romain des cordes et de la voix.

11h30


Ensemble Imaginarium
sous la direction d'Enrico Onofri

Apothéose de Corelli
De la sonate en trio à la sonate de soliste
G. Paolo Cima - Richardo Rognono - Dario Castello - G. Marco Uccelini - Arcangeo Corelli

14h30

Rinaldo Alessandrini
, clavecin


Les premiers maîtres italiens
Girolamo Frescobaldi - Bernardo Pasquini - Alessandro Scarlatt
i.

16h30


La Risonanza
sous la direction de Fabio Bonizzoni
Roberta Inverzini, soprano

Arcangelo Corelli
Concerti grossi op. 6
George Frideric Handel
Motets pour soprano, hautbois, cordes et basse continue
Salve Regina HWV 241
Saeviat tellus HWV 240
O qualis de coelo sonu HWV 239
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Sonates en trio de Corelli, version de Charles Modlam à la tête du London Baroque :




Pour revenir les pieds sur terre :


Tarifs (toutes les places sont numérotées) :
- 1 concert à 11h30 ou à 16h30 : soit 27 Euros - soit 22 Euros (pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans).
- 1 concert à 14h30 : 19 Euros.
- Forfait journée 2 concerts : soit 42 Euros, soit 35 Euros.
- Forfait journée complète (2 concerts + déjeuner) : soit 62 Euros, soit 55 Euros.
- Forfait journée 3 concerts : soit 56 Euros, soit 48 Euros.
- Forfait journée complète (3 concerts + déjeuner) : soit 76 Euros, soit 68 Euros.
- Déjeuner : 20 Euros.
Des accès gratuits aux concerts sont prévus pour les moins de 12 ans.

Réservations

- Par téléphone au 03 23 58 23 74 (hors de France : 00 33 323 582 374).
- Par courrier : BP 18 à 02830 Saint-Michel
- Par courriel : festival.saintmichel@laposte.net
- Par internet : http://festival-saint-michel.fr

Seules remarques personnelles :

- Ainsi que les autres pages de ce blog, celle-ci est libre, y compris de toute publicité payée.
- Il ne nous a pas été répondu, pour s'en tenir aux deux dernières années, aux courriels demandant une prise en considération des problèmes spécifiques de parking liés à un handicap attesté par une carte officielle. Autant en être averti. Le vaste espace devant l'Abbaye reste fermé aux H.
- Cette année, le site internet du Festival permet de procéder directement aux réservations souhaitées et de régler celles-ci. Hélas, lors de ces opérations, Paypal s'impose. Et même si vous préférez votre carte de crédit habituelle, Paypal - possédant votre adresse internet - vous relancera ensuite pour continuer à solliciter votre inscription auprès d'eux.



Que votre mois de juin soit aux couleurs de l'Aisne (Ph. JEA/DR).


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lundi 11 mars 2013

P. 233. Photos : cimetières en Thiérache


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Servion (Ph. JEA/DR).

Jacques Prévert :


- "Tous les soirs
la mort m'invite à dîner
et la vie me sert à boire
et la mort se marre."




Lavaqueresse (Ph. JEA/DR).

Pouchkine :


- "Ils ne savent aimer que les morts."




Quand les paupières deviennent trop lourdes (Ph. JEA/DR).

T. Tranströmer :

- "C'était un enterrement
Et je sentais que la mort
Devinait mes pensées mieux que moi-même."




Grésil (Ph. JEA/DR).

Sylvia Baron Supervielle :

- "Le temps écrit la mort sans la connaître ; il en sort indemne."




Tavaux, village martyr (Ph. JEA/DR).

Milosz :

- "J'ai tourné la roue d'épouvante de ceux qui partent..."




Leschelles (Ph. JEA/DR).

René Char :


- "Si tu meurs, tu aimes toujours."



Landouzy : urne de Défuntes laïques (Ph. JEA/DR).

Christian Bobin :


- "La mort n'efface ni la musique, ni les roses ni les livres."



Tombe maçonnique à Landouzy (Ph. JEA/DR).

Jules Renard :

- "Ne la fais pas au saint laïc. Sois modeste. Si tu te crois supérieur, demande pardon à ton idéal. Fais le bien si tu le peux, mais dis toujours : "Pardonnez-moi, même si je fais le bien, je ne sais jamais ce que je fais."



Cimetière de mon village, en Thiérache ardennaise (Ph. JEA/DR).

Victor Hugo :


- "Ta mort serait une formidable menace jetée à la nuit."


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jeudi 7 mars 2013

P. 232. Naissance de Ravel le 7 mars 1875


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Ravel et la partition de sa Pavane (Mont. JEA/DR).

Maurice Ravel : né le 7 mars 1875 à Ciboure, d’un père originaire de Suisse et d’une mère aux racines basques, tous deux musiciens amateurs. Comme tous les bébés venant au monde, il porte en lui sa mort : lors de l'échec d'une opération au cerveau, le 28 décembre 1937.

Anne Genette

- "Musicien raffiné et pudique au plus haut point (…).
On ne peut pas à proprement parler d'évolution dans l'écriture de Ravel : dès les premières pièces, il affirme le style qui est le sien. Musicien-orfèvre, toujours à la recherche de la perfection, il déchaînera les passions pendant toute sa carrière : amitiés ou animosités, Ravel restera une énigme à bien des points de vue, un mystère."
(Médiathèque de Belgique).

Paul Danblon

- "La ravelophilie est un bonheur !"

Manuel de Falla

- "L'art de Ravel n'est pas "tout de finesse et d'esprit" comme l'affirment certains. Il atteste au dehors la force occulte qui l'anime. Art audacieux, de distinction suprême et de rare perfection, dont les procédés d'écriture, strictement liés au choix des moyens sonores, obéissent toujours à l'intention créatrice."

Un non conformiste cible des académismes !
Ravel le paya de ce record humiliant : il fut refusé à cinq reprises pour le Prix de Rome (bourse d'étude pour les étudiants en art). Dernière gifle : 1905.
Bien que réformé, son obstination le conduit à porter l’uniforme et à participer comme volontaire à la guerre 14-18 (chauffeur de camion à Verdun).
Il refusa la Légion d’honneur (1920) et ne dévia jamais de deux choix fondamentaux : Dreyfusard convaincu et fidèle à ses choix philosophiques (enterrement civil).


Quatre enregistrements parmi une discographie débordante (Mont. JEA/DR).

MusicMe

- "Éclectique par excellence tout en s'inscrivant dans une esthétique indiscutablement française, Ravel sut tirer profit de son intérêt pour les musiques de toutes origines. L’influence notoire jouée sur son imaginaire musical par le Pays basque (Trio en la mineur) et surtout l’Espagne (Habanera, Pavane pour une infante défunte, Rapsodie espagnole, Boléro, Don Quichotte à Dulcinée) participe beaucoup à sa popularité internationale, mais conforte aussi l’image d’un musicien toujours épris de rythme et de musiques folkloriques. L’Orient (Shéhérazade, Introduction et Allegro, Ma mère l’Oye), la Grèce (Daphnis et Chloé, Chansons populaires grecques) et les sonorités Tziganes (Tzigane) l’inspirèrent également."

Symphozik.info

- "Une entrevue avec Emmanuel Chabrier en 1893 influencera fortement Ravel qui composera ainsi sur des rythmes espagnols (Sérénade grotesque). Son père lui présentera aussi en 1893 un pianiste excentrique : Erik Satie. Satie a une grande influence sur de nombreux musiciens de l’époque. Il est le chef de file de plusieurs courants d’avant-garde. Les œuvres écrites par Ravel gardent une trace importante de cette période. Mais il se lasse des cours du Conservatoire, trop classiques à son goût, et est renvoyé en 1895 des classes d’harmonie et de piano. Il revient cependant deux ans plus tard pour suivre les cours de Gédalge et de Gabriel Fauré. Ravel compose un début d’opéra, Shéhérazade, dont la seule ouverture provoquera un tollé. Ravel est définitivement classé dans les compositeurs modernes. Cependant son œuvre Pavane pour une infante défunte lui apporte la célébrité et reste de nos jours très jouée."

La Pavane

- "Il semble que la pavane soit apparue en Italie du Nord dans la région de Padoue, au début du XVI° siècle, comme une danse de cour de tempo modérément rapide. Plus tard, elle fut largement adoptée en France, en Angleterre et en Espagne. Les plus fameuses pavanes de la Renaissance espagnole restent conservées dans le recueil en tablature intitulé El maestro (1536) dû à Luis de Milan (env. 1500 - env. 1561). La pavane connut un déclin au XVII° siècle, malgré un regain de faveur en Allemagne dans sa période tardive. A cette époque, elle était devenue une danse lente et grave, au caractère cérémonieux. Totalement oubliée pendant près de deux siècles, cette danse ancienne réapparaît dans les opéras de Camille Saint-Saëns comme Etienne Marcel (1879) ou Proserpine (1887), puis chez Gabriel Fauré, Ernest Chaussons et... Ravel."
(HarpeBudin).



La pavane pour une infante défunte

- "Ecrit alors que Ravel étudiait la composition dans la classe de Gabriel Fauré au Conservatoire de Paris. Cette Pavane fut composée pour la princesse Edmond de Polignac (Winaretta Singer, 1865-1943), mécène responsable de nombreuses commandes auprès des plus célèbres compositeurs du début du XXe siècle (Debussy, Fauré, Ravel, Stravinsky, Falla, Poulenc, etc.).
Création de la version pour piano le 5 avril 1902.
L'orchestration de cette première version pour piano suivit en 1910. A Paris, aux Concerts Hasselmans, le 25 décembre 1911 et sous la baguette d'Alfredo Casella."

Ravel et la musique

- "Je me refuse simplement mais absolument à confondre la conscience de l’artiste, qui est une chose, avec sa sincérité, qui en est une autre [...]. Cette conscience exige que nous développions en nous le bon ouvrier. Mon objectif est donc la perfection technique. Je puis y tendre sans cesse, puisque je suis assuré de ne jamais l’atteindre. L’important est d’en approcher toujours davantage. L’art, sans doute, a d’autres effets, mais l’artiste, à mon gré, ne doit pas avoir d’autre but."

- "Mais la musique peut tout entreprendre, tout oser et tout peindre pourvu qu'elle charme et reste enfin, et toujours, de la musique…"

Ravel et sa Pavane

- "Il ne faut pas attacher de l'importance au titre : Pavane pour une infante défunte. Je l'ai choisi seulement pour ses qualités euphoniques. Il importe donc de ne pas dramatiser. Ce n'est pas une lamentation funèbre sur un enfant mort mais plutôt une évocation de la pavane qui aurait pu être dansée par une petite princesse peinte par Velasquez."

- "J’en perçois fort bien les défauts : l’’influence de Chabrier, trop flagrante, et la forme assez pauvre. L’interprétation remarquable de cette œuvre incomplète et sans audace a contribué beaucoup, je pense, à son succès."

John Anthony Cheek

- "L'œuvre témoigne de l'attrait de Ravel pour les vieilles danses (…). Le compositeur décrivait son style mélodique comme résultant de "l'influence excessive de Chabrier". Cependant, connaissant l'admiration qu'il portait envers Chabrier, l'on peut croire que le ton lugubre de la Pavane ne devait pas lui déplaire. Ravel décrivait une interprétation du pianiste Charles Oulmont en ces termes, suite à une série de concerts où le tempo choisi lui semblait beaucoup trop lent : "J'ai écris une pavane pour une princesse morte, pas une pavane morte pour une princesse."
(ANALEKTA).





mercredi 6 mars 2013

p. 231. Marianne confond juifs (1942) et collabos (1944)


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Ainsi que l'atteste cette capture d'écran, le site de Marianne, publie depuis le 5 mars 2013, un article de Thomas Rabino.
Son titre : "Vel d'Hiv : la mairie de Paris inaugure une plaque à la mémoire de Rachel Muller".
En effet, dans le contexte de la Journée des femmes, c'est la mémoire de l'une des victimes de la rafle du Vel d'Hiv qui est perpétuée.

Seule gangrène touchant cet article : l'illustration d'introduction.
La photo en question ne montre pas des juifs raflés à partir du 16 juillet 1942. Ni des juifs enfermés à une quelconque autre date dans les mêmes lieux.


Ce cliché a servi de couverture à :
Claude Lévy et Paul Tillard,
La grande rafle du Vel d'Hiv,
Robert Laffont, 1967, 271 p.

Cette publication avait été accompagnée d'une pluie de démentis. En réalité, le document ne date pas de juillet 1942 mais bien de la Libération de Paris. Et ce sont des collabos, présumés ou non, qui ont été arrêtés dans l'attente d'un sort qui ne les conduira vers aucun camp d'extermination...


(Mont. JEA/DR).

Une simple juxtaposition montre que la couverture de 1967 propose un détail du document publié par Marianne ce 5 mars 2013 (hauteur droite de l'original).

La P. 164 de ce blog : 16 juillet 1942, premier jour de la Rafle, rappelait l'obstination d'aucuns à vouloir utiliser les silhouettes de persécuteurs pour soi-disant montrer des victimes de la Shoah !!!
Il n'y a point de place pour l'ombre d'un doute : en l'état actuel des recherches, aucune photo de l'intérieur du Vel d'Hiv lors de la rafle du "Vent printanier", aucune photo n'a été retrouvée.

Ce que rappelait encore Serge Klarsfeld l'an passé :
- "Il n'y a pas d'images de la rafle du Vel d'Hiv, il n'y a pas de photo de ces 4.000 enfants qui ont été raflés, pas de photo de la séparation…"
(ActuaLitté, les univers du livre, 7 mars 2012).

Et tandis que des sites - tel celui de France Inter - réservent au même document litigieux, cette légende :
- "Fausse photo de la rafle du Vel d'Hiv, Collection privée Claude Richard",
Marianne continue à paver la voie peu glorieuse des erreurs, des fautes journalistiques à répétition. Loin de la mission de la presse autrefois résumée par Hubert Beuve-Méry en ces termes :
- "Assurer au lecteur des informations claires, vraies..."

Ecrire à la médiation de Marianne fut inutile jusqu'ici.
De même, le Parisien, pourtant averti, s'obstina à faire débuter seulement à 1942 l'occupation allemande de la Belgique (P. 125 bis).
Ou Le Canard enchaîné persista à s'emmêler péniblement les pinceaux à propos du sort des Tziganes de France sous l'occupation (P. 114).
Ou encore la couverture de La Débâcle de César Faubrax montre-t-elle toujours une photo d'Oradour-sur-Glane en 1944, presque quatre après cette débâcle (P. 45).

Certaines de ces erreurs font grincer des dents, d'autres font monter des larmes aux yeux.


lundi 4 mars 2013

P. 230. Pascal Quignard : Toponymie Sens dessus dessous...


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Portrait de Pascal Quignard en bandeau pour "Les désarconnés",
Grasset, 2012, 352 p. (DR).

Jérôme Garcin


- "Il fait beau à Sens, c'est l'été, l'air sent la vase tiède et l'herbe coupée. On est assis dans un jardinet oblong, où fleurissent des rosiers roses et des hortensias blancs, au bout duquel coule un bras mort de l'Yonne sur lequel ne glissent que des pagayeurs en kayaks et, parfois, des escrocs en canots. Des trois maisons basses qui encadrent la pelouse, Pascal Quignard, tout de noir vêtu, dit que c'est son «petit Port-Royal-des-Granges». C'est là que, en 1994, lorsqu'il démissionna de ses fonctions chez Gallimard, à Versailles, au Concert des Nations, pour se consacrer à la littérature, à l'étude, à l'érudition, l'écrivain janséniste est venu se réfugier: "Ici, je me suis senti protégé. J'étais à la fois au coeur d'une ville de province et hors d'atteinte. J'aime habiter sous un pont, qui s'appelle le pont du Diable, et dans la seule compagnie des chauves-souris."
(BibliObs, 6 septembre 2012).


Sens avant l'invasion des automobiles (Doc. JEA/DR).

Toponymie de tous les matins
sur le monde de Pascal Quignard


Le Buisson aux Anes, le Chemin des Anes, Vallée des Anes
Les Champs de la Biche
La Tête de Boeuf, le Puits aux Bœufs, Touche-Boeuf
Bois de la Caille, le Trou à la Caille
Bois des Canards
Buisson du Chat, la Pierre au Chat
La Mare aux Cerfs
Francs Chevaux, le Cheval Banc
Barbe de Bique, Buisson de la Chèvre, la Queue de Chèvre, la Rue Chèvre
Les Prés des Chiens
Ferme le Cochon, la Côte aux Cochons
Les Monts Faucons
Vallée de Grenouille
Bois des Grives
Le Champ des Juments
Bois des Lapins
Bois de la Limace
La Fosse de Lion
Bois de Champ-Loup, Chanteloup, Ferme de Pèteloup, la Cave au Loup, la Côte au Loup, la Fontaine aux Loups, la Mardelle aux Loups, la Peau du Loup, Queue de Loup
Bois des Merles, Chante Merle
Bois de la Mésangerie
Bois de la Mouche, Ferme de la Mouche, la Marnière aux Mouches, Pièce des Mouches
La Croix des Oies, le Gué aux Oies
Côte aux Pigeons
Côte aux Poules, la Juque à la Poule
Bois aux Renards, La Renardière, Vau Renard
La Mardelle à Sangliers
Champs de Pâme-Souris
Les Tortues
La Vallée à la Truite
La Fosse aux Vaches, la Tête de Vache, Vallée de la Voie aux Vaches

Bouleaux des Glands
La Cave aux Cerisiers, Cerisier Enté, Réserve des Cerisiers
La Pièce des Charmes, les Trois Charmes
Bois des Châtaigniers
Chêne de la Danse, Chêne du Haut-Pied, Etang du Chêne, la Mardelle des Chênes, le Chêne Bourbon, le Chêne des Butteaux, le Gros Chêne, les Chênes Bertin, les Chênes Secs
La Fontaine à l'Erable
Le Gros Hêtre
Le Noyer Bisset, le Noyer aux Femmes, le Noyer du Loup, le Noyer Genot, le Noyer Vicomte, les Noyers Pompon, les Petits Noyers
La Croix de l'Orme, la Porte des Ormes, les Champs de l’Orme, l'Orme au Rat
Etang du Pin, le Petit Pin
Le Poirier Crapeau, le Poirier des Femmes, le Poirier Jean Meunier, le Poirier Sauvage, les Poiriers Colas
Le Sapin Rallu
Mare des Tilleuls


Almanach de 1789 (Doc. JEA.DR).

Bois Binoche, Cerceau, Dieu les Rapés
Bois de Chaltat, de Chatenoy, de Chèmeteau, d’Heurtebise, de la Cave, de la Corde, de la Croix Noire, de la Fosse Rouge, de la Martinière, de la Noue Chevalier, de la Tête Noire, de l’Oreille, de Passemé, de St-Bond
Bois des Boucheries, des Brûlis, des Cendres, des Folies, des Gêvenets, des Grands Arbres, des Mitois, des Potages, des Potdevines, des Quatre Deniers, des Souches
Bois du Chesnoy, du Cognot

Carême Prenant

Château Miroir

Chemin des Ragots

Croix au Père Bon

Etang de Môlu

Ferme l’Univers

Fontaine d’Azon

Fond des Gillebertes

Haut de la Rue Creuse, des Beautés

Glands de la Rensonnière

La Belle Etoile, La Bougauderie
Le Bouchon Creux
La Chapelle de Belle Mort, La Centaine Carrée, La Côte aux Moines
La Dame Canne

La Grande Mer
La Haie Pélerine
La Mardelle de la Justice, La Mare de la Tête Simon, La Mer Noire
La Plaine d’Herbier, La Plante des Pierres, La Polonnerie
La Tante à Moreau, La Terre aux Pots

Coche à Sens, 1789 (Voir les plafonds de l'Hötel de Ville / DR).

Le Bosquet du Lys, Le Bout du Monde, Le Buisson Carré
Le Camp de César, Le Champ de l’Epine, Le Chapeau Rouge, le Cul Gelé
Le Fromage Mou
Le Machefer, Le Marchais Charbonnier, La Mauvais Pas
Le Pont Bruant, Le Port au Vin
Le Soleil levé
Le Tourne Broche
Le Rû Couvert

Les Aubues
Les Bons Hommes
Les Chaillots
Les Champs Pluvier, Ribeaux
Les Contrechats, Les Côtes Enverses, Les Croissants
Les Gauguins, Les Grains d'Argent, Les Grahuches d’Heuré, Les Gratte-Cul

Les Grands Nains
Les Grosses Pierres
Les Hauts Glaciers
Les Longs Fréteaux
Les Longues Hâtes
Les Petites Roues, les Petits Souliers

Les Hennequineries
Les Mouillères
Les Pains Chauds, Les Pierreries, Les Pierres à l'Eau, Les Plantes Polies, Les Pommes Darc
Les Prés Baignés, Guillaumets, Pendus
Les Provendiers
Les Quinquerlets
Les Roifils
Les Sainfoins, Les Sublaines
Les Tombelles, Les Triboulets, Les Truffiers
Les Vignes des Boulins

Mardelle des Brouillards

Mare du Marchais Plumé

Montagne des Dix-Sept Villes

Moque Bouteille

Mouille Pain

Petit Villecul

Rince-Godets

Ronge Fer

Siphon de Saligny

Temps Perdu

Terres Douces de Flandre

Vallée de Vaumarot
Vallée des Foins, des Gondelin, des Ronces, des Roulards, des Sabots
Vallée du Ladre, du Marchais
Vaux de Croix

Vent de bise.





Pascal Quignard,
Tous les matins du monde,
Gallimard, 1991, 144 p.

Alain Corneau,
film héponyme,
1991.


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