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"L'éternité et un jour", 1998 (DR).Theo Angelopoulos :
- "Peut-être que c’est triste, mais mon ancêtre Aristote disait que la mélancolie est la source de la création."
Nul n'avait filmé comme lui et personne ne pensera même à l'imiter.
Son cinéma était solaire dans la mesure où il cultivait aussi les ombres.
Il avait beaucoup de courages et c'était bien plus que la rage qui le rendait fertile comme un torrent de pellicules, ce cinéma que des prêtres promettaient aux enfers, que des polices politiques rêvaient de piétiner et pour lequel des juges auraient volontiers inventé la peine de vitriolage...
La Grèce était son studio de tournage et tous les Grecs (masc. gram.) au moins ses figurants si pas ses acteurs. Mais une Grèce redevenant un berceau de la culture et des personnages échappant aux carcans de leur âge et de leur temps. Un univers où la poésie pouvait entrer en politique et la politique ne pas empoisonner la poésie. Des histoires pour adultes pas sages, quand les échecs, les désillusions, les utopies défaites composent un fleuve ne trouvant même pas son océan. Et puis, mais encore, un cinéma de la renaissance des paysages et de la reconnaissance des silences...
Angelopoulos renversé par une moto ! On croirait un remake soft de Z. Mais ce n'était pas et ce ne sera jamais une statue.
Plus il nous a offert de souvenirs et moins nous risquons d'oublier.
Ces jours prochains, il va pleuvoir des nécrologies noires. Et des filmographies vont être réchauffées dans les micro-ondes des médias.
En hommage, voici à l'affiche du ciné rural de ce blog, quelques séquences des six premiers longs métrages d'Angelopoulos, ceux qui seront sans doute le moins évoqués dans le brouhaha actuel...
Αυτό είναι μόνο μια "αντίο"
1970 : "La reconstitution - Αναπαράσταση".
Synopsis :
- "Avec la complicité de son amant, une femme assassine son mari de retour au foyer après une longue absence. Soupçonnés, les criminels finissent par avouer. Un juge procède à la reconstitution du meurtre. Y assistent des journalistes et Theo Angelopoulos qui prépare un film sur ce sujet. Le film s’inspire d’un fait divers sur lequel Angelopoulos a brodé un canevas de film policier qu’il désamorce aussitôt pour s’intéresser au traitement du fait divers."
Premiere.fr :
- "Salué par la critique internationale, La Reconstitution pose les bases de l'œuvre à venir d'Angelopoulos. A partir d'un fait-divers, l'assassinat d'un émigré grec à son retour d'Allemagne par sa femme et l'amant de cette dernière, le jeune cinéaste se livre à une véritable enquête sociologique, déjà très empreinte de formalisme."
"La reconstitution".1972 : "Jours de 36 - Μέρες του ’36".
Synopsis :
- "Mai 1936. Alors que la Grèce est bouleversée par de nombreux attentats politiques, un député est retenu en otage par un jeune prisonnier, Sofianos, indicateur de police, accusé du crime d'un syndicaliste."
Art et « poïèsis » :
- "Angelopoulos s’intéresse aux origines de la dictature, au moment du basculement (la séquence où les prisonniers ont un sursaut de liberté, en tapant leur timbale contre les barreaux des fenêtres, semant une totale confusion dans le personnel de la prison obligé de faire appel aux militaires, représente à elle seule, magistralement, ce basculement). Tourné sous le régime des colonels, le film ne fait pas explicitement référence au pouvoir en place, mais c’est l’atmosphère du film, faite d’oppression, de non-dits, de violence sourde, de murmures et de chuchotements, qui évoque sans confusion possible l’étranglement d’un pays par la dictature.
(2 juin 2011).
"Jours de 36".
1975 : "Le Voyage des comédiens - Ο Θίασος".
Synopsis :
- "Au début du film, à l'automne 1952, neuf hommes et femmes arrivent dans une petite gare du Péloponnèse. Près de quatre heures de projection plus tard, et treize ans plus tôt, les comédiens, plus jeunes et plus nombreux, apparaissent tout aussi fatigués, dans la même gare. Entre ce point d'arrivée et ce point de départ, le film s'articule sur trois plans : la représentation fragmentaire et sans cesse interrompue d'un drame pastoral, la vie d'une troupe de comédiens dont les aventures individuelles et collectives recoupent le mythe des Atrides et enfin l'histoire de la Grèce, de la dictature de Métaxas à l'arrivée au pouvoir du maréchal Papagos, en passant par l'occupation nazie et la guerre."
Larousse :
- "Le Voyage des comédiens est à la fois une des œuvres marquantes du cinéma des années 1970, le film qui a définitivement établi Theo Angelopoulos comme l'un des grands réalisateurs de son temps, et une fresque épique exemplaire, aboutissement des recherches esthétiques jointes à une interrogation politique qui ont caractérisé toute une tendance du cinéma contemporain éprise de modernité.
Angelopoulos n'a pas caché ses admirations de cinéphile – Antonioni, Jancsó, Oshima – et son style – mise en scène frontale, utilisation systématique du plan-séquence, espace off – en témoigne, mais l'œuvre n'en est pas moins unique dans sa volonté totalisante qui mêle le passé et le présent, l'imaginaire et le réel, le fantasme et le politique."
"Le voyage des comédiens".
1977 : "Les Chasseurs - Οι Κυνηγοί".
Synopsis :
- "Au cours d'une partie de chasse, un couple de grands bourgeois grecs retrouve dans la neige le cadavre d'un maquisard révolutionnaire de la guerre civile. Groupés autour du cadavre, les chasseurs et leurs femmes se remémorent peu à peu les évènements politiques de ces trente dernières années."
Jacques Mandelbaum :
- "Tout l'arsenal poétique d'Angelopoulous se précise ici. Le refus de l'héroïsation, la parcimonie du dialogue, le goût de l'épure et de la distanciation, de l'ellipse et de l'allégorie. S'il fallait retenir un mot-clé, ce serait celui de voyage."
(Le Monde, 26 janvier 2012).
"Les chasseurs".
1980 : "Alexandre le Grand - Ο Μεγαλέξανδρος".
Synopsis :
- "Au début du XXème siècle, en Grèce. Un bandit de grands chemins, Alexandre, devient le héros du peuple pour avoir su répondre à ses besoins de justice et de vérité. Mais il se prend au sérieux, recherche la déification, et trouve les bons moyens pour y parvenir. Il abandonne ainsi ses projets initiaux et devient un tyran. Contesté, puis répudié, le despote est éliminé par le peuple."
Cinémathèque française :
- "Alexandre le Grand (1981) est une réflexion sur l'idéologie, s'appuyant sur le portrait d'un brigand grec dont le destin de héros populaire puis de tyran n'est pas sans rappeler celui de Staline."
(Fiche personnalité).
Parole citoyenne :
- «On est arrivé à la fin du siècle avec un goût amer», regrette le cinéaste. «Un siècle qui a pourtant commencé avec quelques promesses». En 1980, Angelopoulos tourne Alexandre le Grand, réflexion sur le pouvoir à travers le destin d'un libérateur devenu tyran."
"Alexandre le Grand".
1984 : "Voyage à Cythère - Ταξίδι στα Κύθηρα".
Synopsis :
- "Après trente-deux ans d'exil en URSS, un émigré communiste rentre au pays et découvre une Grèce différente. Spyros retrouve son village, sa femme, sa maison et ses anciens amis, mais le temps a passé et a balayé les idées. Étranger dans son propre pays, il sera refoulé sur un radeau dans les eaux internationales."
Sylvie Rollet :
- "A l'instar des grandes œuvres poétiques ou romanesques de ce siècle qui mêlent prose et poésie, réflexion historique et remémoration, c'est une véritable poétique de la mémoire qu'élabore, de film en film, le cinéaste grec. Voyage à Cythère (1984), film charnière dans l'œuvre du cinéaste, oppose ainsi à l'amnésie collective de la Grèce moderne un récit dont la construction élabore une " histoire des vaincus de l'Histoire ". S'y révèle la dynamique propre au cinéma d'Angelopoulos qui allie tradition populaire et tradition savante, en agglomérant tous les matériaux de l'hellénisme, de l'épopée homérique à la poésie de Seféris ou de Baudelaire, des mythes antiques aux chansons démotiques et au rébétiko."
(La poétique de la mémoire d’Angelopoulos, L’Harmattan, 2003, 373 p.)
"Voyage à Cythère".
Deux pages du blog Mo(t)saïques proposaient ces films de Theo Angelopoulos :
- P. 40, "Le pas suspendu de la cigogne", cliquer : ICI.
- P. 83. "L'apiculteur", cliquer : ICI.
Pour se rendre en Avignon sur le blog de brigetoun rendant un bel hommage au cinéaste, cliquer : ICI.
Et lire l'In memoriam choisi par l'Astragale de Cassiopée, cliquer : ICI.
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"Jours de 36".
1975 : "Le Voyage des comédiens - Ο Θίασος".
Synopsis :
- "Au début du film, à l'automne 1952, neuf hommes et femmes arrivent dans une petite gare du Péloponnèse. Près de quatre heures de projection plus tard, et treize ans plus tôt, les comédiens, plus jeunes et plus nombreux, apparaissent tout aussi fatigués, dans la même gare. Entre ce point d'arrivée et ce point de départ, le film s'articule sur trois plans : la représentation fragmentaire et sans cesse interrompue d'un drame pastoral, la vie d'une troupe de comédiens dont les aventures individuelles et collectives recoupent le mythe des Atrides et enfin l'histoire de la Grèce, de la dictature de Métaxas à l'arrivée au pouvoir du maréchal Papagos, en passant par l'occupation nazie et la guerre."
Larousse :
- "Le Voyage des comédiens est à la fois une des œuvres marquantes du cinéma des années 1970, le film qui a définitivement établi Theo Angelopoulos comme l'un des grands réalisateurs de son temps, et une fresque épique exemplaire, aboutissement des recherches esthétiques jointes à une interrogation politique qui ont caractérisé toute une tendance du cinéma contemporain éprise de modernité.
Angelopoulos n'a pas caché ses admirations de cinéphile – Antonioni, Jancsó, Oshima – et son style – mise en scène frontale, utilisation systématique du plan-séquence, espace off – en témoigne, mais l'œuvre n'en est pas moins unique dans sa volonté totalisante qui mêle le passé et le présent, l'imaginaire et le réel, le fantasme et le politique."
"Le voyage des comédiens".
1977 : "Les Chasseurs - Οι Κυνηγοί".
Synopsis :
- "Au cours d'une partie de chasse, un couple de grands bourgeois grecs retrouve dans la neige le cadavre d'un maquisard révolutionnaire de la guerre civile. Groupés autour du cadavre, les chasseurs et leurs femmes se remémorent peu à peu les évènements politiques de ces trente dernières années."
Jacques Mandelbaum :
- "Tout l'arsenal poétique d'Angelopoulous se précise ici. Le refus de l'héroïsation, la parcimonie du dialogue, le goût de l'épure et de la distanciation, de l'ellipse et de l'allégorie. S'il fallait retenir un mot-clé, ce serait celui de voyage."
(Le Monde, 26 janvier 2012).
"Les chasseurs".
1980 : "Alexandre le Grand - Ο Μεγαλέξανδρος".
Synopsis :
- "Au début du XXème siècle, en Grèce. Un bandit de grands chemins, Alexandre, devient le héros du peuple pour avoir su répondre à ses besoins de justice et de vérité. Mais il se prend au sérieux, recherche la déification, et trouve les bons moyens pour y parvenir. Il abandonne ainsi ses projets initiaux et devient un tyran. Contesté, puis répudié, le despote est éliminé par le peuple."
Cinémathèque française :
- "Alexandre le Grand (1981) est une réflexion sur l'idéologie, s'appuyant sur le portrait d'un brigand grec dont le destin de héros populaire puis de tyran n'est pas sans rappeler celui de Staline."
(Fiche personnalité).
Parole citoyenne :
- «On est arrivé à la fin du siècle avec un goût amer», regrette le cinéaste. «Un siècle qui a pourtant commencé avec quelques promesses». En 1980, Angelopoulos tourne Alexandre le Grand, réflexion sur le pouvoir à travers le destin d'un libérateur devenu tyran."
"Alexandre le Grand".
1984 : "Voyage à Cythère - Ταξίδι στα Κύθηρα".
Synopsis :
- "Après trente-deux ans d'exil en URSS, un émigré communiste rentre au pays et découvre une Grèce différente. Spyros retrouve son village, sa femme, sa maison et ses anciens amis, mais le temps a passé et a balayé les idées. Étranger dans son propre pays, il sera refoulé sur un radeau dans les eaux internationales."
Sylvie Rollet :
- "A l'instar des grandes œuvres poétiques ou romanesques de ce siècle qui mêlent prose et poésie, réflexion historique et remémoration, c'est une véritable poétique de la mémoire qu'élabore, de film en film, le cinéaste grec. Voyage à Cythère (1984), film charnière dans l'œuvre du cinéaste, oppose ainsi à l'amnésie collective de la Grèce moderne un récit dont la construction élabore une " histoire des vaincus de l'Histoire ". S'y révèle la dynamique propre au cinéma d'Angelopoulos qui allie tradition populaire et tradition savante, en agglomérant tous les matériaux de l'hellénisme, de l'épopée homérique à la poésie de Seféris ou de Baudelaire, des mythes antiques aux chansons démotiques et au rébétiko."
(La poétique de la mémoire d’Angelopoulos, L’Harmattan, 2003, 373 p.)
"Voyage à Cythère".
Deux pages du blog Mo(t)saïques proposaient ces films de Theo Angelopoulos :
- P. 40, "Le pas suspendu de la cigogne", cliquer : ICI.
- P. 83. "L'apiculteur", cliquer : ICI.
Pour se rendre en Avignon sur le blog de brigetoun rendant un bel hommage au cinéaste, cliquer : ICI.
Et lire l'In memoriam choisi par l'Astragale de Cassiopée, cliquer : ICI.
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