MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

mercredi 6 mars 2013

p. 231. Marianne confond juifs (1942) et collabos (1944)


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Ainsi que l'atteste cette capture d'écran, le site de Marianne, publie depuis le 5 mars 2013, un article de Thomas Rabino.
Son titre : "Vel d'Hiv : la mairie de Paris inaugure une plaque à la mémoire de Rachel Muller".
En effet, dans le contexte de la Journée des femmes, c'est la mémoire de l'une des victimes de la rafle du Vel d'Hiv qui est perpétuée.

Seule gangrène touchant cet article : l'illustration d'introduction.
La photo en question ne montre pas des juifs raflés à partir du 16 juillet 1942. Ni des juifs enfermés à une quelconque autre date dans les mêmes lieux.


Ce cliché a servi de couverture à :
Claude Lévy et Paul Tillard,
La grande rafle du Vel d'Hiv,
Robert Laffont, 1967, 271 p.

Cette publication avait été accompagnée d'une pluie de démentis. En réalité, le document ne date pas de juillet 1942 mais bien de la Libération de Paris. Et ce sont des collabos, présumés ou non, qui ont été arrêtés dans l'attente d'un sort qui ne les conduira vers aucun camp d'extermination...


(Mont. JEA/DR).

Une simple juxtaposition montre que la couverture de 1967 propose un détail du document publié par Marianne ce 5 mars 2013 (hauteur droite de l'original).

La P. 164 de ce blog : 16 juillet 1942, premier jour de la Rafle, rappelait l'obstination d'aucuns à vouloir utiliser les silhouettes de persécuteurs pour soi-disant montrer des victimes de la Shoah !!!
Il n'y a point de place pour l'ombre d'un doute : en l'état actuel des recherches, aucune photo de l'intérieur du Vel d'Hiv lors de la rafle du "Vent printanier", aucune photo n'a été retrouvée.

Ce que rappelait encore Serge Klarsfeld l'an passé :
- "Il n'y a pas d'images de la rafle du Vel d'Hiv, il n'y a pas de photo de ces 4.000 enfants qui ont été raflés, pas de photo de la séparation…"
(ActuaLitté, les univers du livre, 7 mars 2012).

Et tandis que des sites - tel celui de France Inter - réservent au même document litigieux, cette légende :
- "Fausse photo de la rafle du Vel d'Hiv, Collection privée Claude Richard",
Marianne continue à paver la voie peu glorieuse des erreurs, des fautes journalistiques à répétition. Loin de la mission de la presse autrefois résumée par Hubert Beuve-Méry en ces termes :
- "Assurer au lecteur des informations claires, vraies..."

Ecrire à la médiation de Marianne fut inutile jusqu'ici.
De même, le Parisien, pourtant averti, s'obstina à faire débuter seulement à 1942 l'occupation allemande de la Belgique (P. 125 bis).
Ou Le Canard enchaîné persista à s'emmêler péniblement les pinceaux à propos du sort des Tziganes de France sous l'occupation (P. 114).
Ou encore la couverture de La Débâcle de César Faubrax montre-t-elle toujours une photo d'Oradour-sur-Glane en 1944, presque quatre après cette débâcle (P. 45).

Certaines de ces erreurs font grincer des dents, d'autres font monter des larmes aux yeux.