MO(T)SAIQUES 2
"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."
Milosz
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."
Milosz
lundi 15 octobre 2012
P. 190. Pays des Montagnes du Matin : toponymie...
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Les Montagnes du Matin (Ph. JEA/DR).
Le chant des Alouettes
pour une Vieille Morte...
Les Alouettes,
Les Fonts de l’Ane, Bois Baudet,
Le Bœuf,
La Chèvre, La Goutte Chevreau,
Roche Coucou,
Les Grillons,
Crêt du Garde Lièvres,
Bois de Grippe Loup, Creux du Loup, Grataloup, Passe-Loup, Pin du Loup,
Chantemerle, Font Merle,
Chante-Perdrix, Chez Perdrix,
La Terre aux Pies,
Chez Poulet,
La Renardière,
Bois de la Vache,
L’Aubépin,
Crêt des Chênes, Plat du Chêne,
Châtaignier Bayard, Les Châtaigneraies,
La Croix du Frêne,
Bois du Noyer,
L’Orme,
Les Peupliers,
Au Sapin, Ferme du Pin, Pin du Sage, Les Pins Gantet, Pins du Monsu, Les Grands Sapins,
Bois du Sorbier,
Bois de Chenevoux, de Favasse, de Montchervet, de Ronfin,
de la Vétérine,
des Gouttes, des Lanières, des Tanières,
du Néron, du Nevert,
Bois Charrette, Pottier,
Bonnamour,
Bord d’Huile,
Bouchouchette,
Boussuivre,
Cache-Piou,
Chez Béroudiat,
Canne, Chapeau Rond, Clavel, Cœur, Coing, Cordonnier, Coton,
Fiotet, Frogel des Bois, Furin,
Gampaloup, Giroud, Goujat, Grampaloup, Grandgeard,
Legras, Ligue,
Marietton,
Paradis, Pardon, Pelousa, Pollon,
Remède, Rochand,
Terraillon, Trappe,
Chez Vermare, Viallon des Bois,
Les Trois Bornes, Trois Marterets, Fontaine des Trois Notaires, Trois Pierres,
Les Quatre Pierres,
Savigny-Trente Côtes
Champ Blanc, Croix Blanche, Font Blanc, Le Caillou Blanc, la Pierre Blanche, Places Blanches, Roches Blanches,
La Croix Jaune, Maison Jaune,
Terre Noire, les Gouttes Noires,
Barbe Rouge,
Le Moulin Vert, le Pré Vert,
Champs de Bost,
(JEA/DR).
Crêt de l’Ail, de Rochefort,
Cuissard, Fleur de Lys, Jacob, Midon, Néron,
Pélerat, Pioche,
Suchet,
Croix Armide, Chalus, Gravillon, Rochon, Salée,
de Bard, de Charmette, de Malle, de Monsieur Jean,
de la Main, de la Roue,
des Aliziés, des Cieux,
du Fol, du Sec,
Col de la Croix Casard,
Echansieux,
Goutte Fougère, Sourde,
Guigne-Queue,
Jeu de Quilles,
La Baratonière, la Barbarie, la Beauverdière,
La Charretière, la Chevrolière,
La Demi-Lune,
La Foi (ruines), la Font du Cercle, la Fouillat,
La Gailloudière, la Gandaillère, la Goutardière, la Grenade,
La Julianerie,
La Moissonnière, la Moussière,
La Parolière, la Pelleraie, la Perretière, la Philiponnière, la Pimpia, la Pontchonnière, la Poyée,
La Rouillère,
La Servageonne,
La Teissonière, la Tracole, la Tremblotte, la Truche,
La Verpille, la Voisinée Marsande,
La Petite Bigaudière, Petite Botte, Petite Roche,
Le Petit Panissières, Petit Robert,
Le Bar d’Huile, le Béroudiat, le Bigot, le Bossu, le Bras de Fer,
Le Chanasson, le Chapelier, le Chevalier,
Le Feuillata,
Le Grenouillat,
Le Martichon, le Millord, le Montmeterme,
Le Paillasson, le Pied de Vindry,
Le Radix,
Le Satinaire, le Souzy,
Le Vacheron,
Les Barges, les Barlètes, les Barricades, les Bonnêtes, les Bottières, les Brouilles,
Les Chaudures, les Chazottes, les Cornières, les Couteaux,
Les Egaux, les Entressières, les Envers, les Escurbins,
Les Flachisses,
Les Gourdes, les Granges d’Espagne,
Les Hébrons,
Les Odiberts, les Œufs,
Les Paturgées, les Pinachons, les Pinattes, les Planties,
Les Ratis, les Ronzières,
Malagoutte,
Mont du Crépier, Potu,
Pierre à Futte, Pierre Plantée, Pierre-sur-Autre,
Pirepoint,
Pré Monfou, Sury,
Réveille-Matin,
Taillis de Montchervet,
Tire-Cul,
Trinque-Barra,
Vieille Morte...
Vieille épicerie morte (Ph. JEA/DR).
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jeudi 11 octobre 2012
P. 189. Documentaires à l'affiche du Festival des Libertés
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Site internet ? Cliquer : ICI.
Thématique 2012 du Festival des Libertés
- "Politique et artistique, métissé et créatif, festif et subversif, le Festival des Libertés mobilise, chaque automne, toutes les formes d'expression pour se faire le témoin de la situation des droits et libertés dans le monde, alerter des dangers qui guettent, rassembler dans la détente, inciter à la résistance et promouvoir la solidarité."
"Political and artistic, intercultural and creative, festive and subversive...
Elke herfst doet het Festival van de Vrijheid een beroep op alle mogelijke uitdrukkingsvormen om een situatieschets te geven van de rechten en vrijheden van de mens in de wereld. Hierbij wordt gewaarschuwd voor gevaren die op de loer liggen.
Het festival wil aanzetten tot verzet en beoogt solidariteit te bevorderen."
Thème 2012 : L'Antécrise
- "Le Festival des Libertés 2012 invite les citoyens à voir dans les crises multiples, non plus des catastrophes paralysantes et aveuglantes, mais des opportunités d'affiner la critique, de prendre conscience de l'essoufflement de nos systèmes économiques, politiques, sociaux et culturels pour ouvrir le champ des possibles à d'autres façons de voir, de faire et d'articuler les libertés, les solidarités et l'égalité. Une invitation à prendre le risque de la nouveauté, de la complexité et de l'incertitude afin de sortir des impasses, des crispations et des replis."
Du jeudi 18 au samedi 27 novembre 2012, ce Festival alchimiste et cosmopolite rassemble, mélange, orchestre, propulse, transfigure 16 concerts, 4 spectacles de la scène, 30 documentaires, 18 débats et 2 expositions.
Cette page se "limitera" à la "Compétition internationale de documentaires". Non pour l'aspect "compétition" et les 5 prix à décerner, mais pour saluer les organisateurs et illustrer leur projet :
- "La programmation a retenu les trente documentaires qui paraissent les plus pertinents tant par leur propos proche des préoccupations du Festival que par leur qualité cinématographique et par la démarche investigatrice, engagée et humaine de leur auteur. Couvrant les cinq continents, ces films primés par d'autres festivals, reflètent l'état d'une planète en crise et la détermination de celles et de ceux qui tentent de lui donner un avenir. Dans la mesure du possible, les films sont suivis d'une rencontre avec le réalisateur ou des personnes ressources."
Four Horsemen de Ross Aschroft (DR)
JEUDI 18 novembre, 19h, Théâtre National, salle J. Huisman
Four Horsemen de Ross Ashcroft, USA, 2011, 97'
- "Terrorisme, réchauffement climatique, pauvreté et monde de la finance... Kes crises sont-elles liées ? Vingt-trois penseurs invitent à comprendre les noeuds d'un systèle élitiste (...). Les cavaliers de l'apocalypse nous invitent à l'espoir en nous expliquant les éléments clés de "la machine".
21h30
The tiniest place de Tatiana Hueso Sanchez, Mex, 2011, 104'
- "En 1979, une terrible guerre civile éclate au Salvador, faisant 80.000 morts et disparus en douze ans. De nombreux villages furent à l'époque abandonnés. Des années plus tard, les survivants font renaître ces lieux des cendres.
Vendredi 19, 16h
De Charybde en Scylla d'enlignedirecte.be, Be, 2012, 26'
- "Début mai 2012, le Délégué général aux droits de l'enfant a pris la direction de la Serbie sur les traces d'une famille rom éloignée de Belgique (...). A partir de ce cas concret, le documentaire fait état des persécutions, des violences et des discriminations dont sont victimes les Roms."
19h
A people uncounted de Aaron Yeger, Ca, 2011, 99'
- "L'histoire des Oms, quand elle n'est pas romancée, s'étale sur des siècles de rejets, d'incompréhensions et de massacres. 500 000 Roms ont été tués par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ce film traverse onze pays à la rencontre de leur histoire, passée et présente."
22h15
Solo andata, il viaggio di un Tuareg de Fabio Caramaschi, It, 2010, 52'
- "Le jeune Sidi est touareg mais il a grandi en Italie, où son père a trouvé du travail. Sidi agrippe une caméra et interroge les membres de sa famille, les passants, les Italiens... La migration vue de l'intérieur, par ceux qui la vivent."
Hell ans back again de Dennis Danfung (DR).
Samedi 20, 14h
Hell and back again de Dennis Danfing, UK/USA, 2011, 88'
- "Embarqué au sein d'une compagnie de Marines US en Afghanistan, le réalisateur révèle l'impact dévastant de la présence militaire américaine sur les populations locales prises entre deux feux, mais également la charge psychologique subie par les soldats américains."
16h
In my mother's arms de Mohamed Al-Daradji, UK/Iq, 2010, 86'
- "Après avoir découvert l'horreur des orphelinats gouvernementaux à Bagdad, Husham a créé sa propre maison d'accueil pour garçons exclusivement. Le propriétaire décide de les expulser. Ce film suit en particulier le parcours de deux de ses pensionnaires..."
17h45
Los Herederos d'Eugène Poglovsky, Mex, 2009, 79'
- "Dans les campagnes mexicaines, la pauvreté se transmet le plus souvent par héritage. De génération en génération, le jeunes reproduisent les gestes des anciens dans un même combat pour survivre."
19h15
Generation Kunduz de Martin Gerner, De/Af, 2011, 80'
- "A Kunduz, rencontre d'une génération afghane tiraillée entre la peur des attaques talibanes et les conséquences de la présence militaire étrangère. Mirwais, Nazanin, Hasib, Ghulam et Khatera au milieu du conflit armé."
Dimanche 21, 14h
Taste the waste de Valentin Thurn, De, 2011, 88'
- "Incroyable mais vrai : entre le lieu où ils sont produits et celui où ils sont consommés, la moitié des aliments finissent à la poubelle. Quelles sont les initiatives mises en place à travers le monde pour tenter de parer à cette aberration ?"
16h
Malta Radio de Manuel Menchon, Es, 2009, 60'
- "Dans les eaux internationales, au large des côtes de Malte, un bateau de pêche se rapproche d'une embarcation en difficulté. Cinquante et un migrants sénégalais sont à la dérive..."
17h30
They call it Myanmar. Lifting the curtain de Robert H. Lieberman, USA, 2011, 85'
- "La Birmanie est isolée du monde par la junte militaire au pouvoir depuis les années 1960. Avec audace et discrétion, R. H. Lieberman lève une partie du voile à la rencontre de ce peuple étouffé (et aussi de Aung San Suu Kyi)."
19h30
Bitter seeds de Micha X. Peled, USA, 2011, 88'
- "L'Inde connait une crise sans précédent dans son histoire. Toutes les trente minutes, un fermier s'y suicide sous le poids des exigences de la multinationale Monsanto. Après le suicide de son frère, une jeune Indienne prend la caméra et mène son enquête."
21h15
My land de Nabil Ayouch, Fr/Ma, 2011, 90'
- "De vieux réfugiés palestiniens qui ont fui en 1948 et ne sont jamais retournés sur leur terre, se livrent à la caméra. L'enregistrement est ensuite montré à de jeunes israéliens de vongt ans qui habitent sur cette terre sans vraiment connaître l'histoire qui les a précédés en ces lieux."
Voices of transition de Nils Aguilar (DR).
Lundi 22, 16h
Voices of transition de Nils Aguilar, Fr/De, 2012, 65'
- "En France, des agriculteurs et des agronomes soulignent le potentiel énorme des techniques dites d'agroforesterie. Autre solutions innovantes en Angleterre (les "villes de transition") et à Cuba..."
21h15
Access to danger zone de Eddie Gregoor et de Peter Casaer, Be, 2012, 70'
- "Les travailleurs humanitaires vont sur tous les terrains et même dans les zones de guerre es plus dangereuses. Comment gèrent-ils le risque ? Quelles limites posent-ils à leur action dans des contextes politiques comme l'Afghanistan, la RDC, la Somalie ou le Kenya ?"
Mardi 23, 19h
Russian libertine d'Ari Matikainen, Fi, 2012, 75'
- "Construit sur le mode du "thriller" et narré par l'écrivain russe dissident Victor Erofeyev, ce documentaire révèle les nombreux mensonges dissimulés par l'Etat russe afin de se construire une image officielle attrayante."
20h45
Better this world de Katie Galloway et de Kelly Duane de la Vega, USA, 2011, 89'
- "L'histoire de deux jeunes Etasuniens, accusés d'avoir planifié un attentat à l'occasion de la conversion nationale républicaine en 2008, est un conte dramatique sur l'idéalisme, la radicalisation, la loyauté, le crime et la trahison dans l'Amérique post 11 septembre."
Mercredi 24, 19h
Call me Kuchu de Malika Zouhali-Worrall et de Katherine Fairfax Wright, USA, 2012, 87'
- "En Ouganda, une nouvelle loi menace de faire de l'homosexualité un délit punissable de mort. David Kato, le premier Ougandais à assumer publiquement son homosexualité, et d'autres luttent pour abriger cette loi..."
20h45
Mama illegal d'Ed Moschitz, At, 2011, 95'
- "La Moldavie, sinistrée économiquement, voit ses femmes quitter leurs enfants et risquer leur vie pour aller travailler en Europe de l'Ouest."
Speed - In search of lost time de Florian Opitz (DR).
Jeudi 25, 19h
Speed - In search of lost time de Florian Opitz, De, 2012, 97'
- "Jamais la technologie qui nous entoure ne nous a fait gagner autant de temps et pourtant nous sommes sans cesse pressés jusqu'à n'avoir plus le temps rien. Sommes-nous devenus des esclaves de nos machines et de leur vitesse ? A moins que ce rapport au temps ne soit symptomatique d'une société en crise ?"
21h
Le piège de Dublin de Bryan Carter, Be, 2011, 51'
- "L'histoire d'un demandeur d'asile afghan défendu par un avocat belge qui a remporté une victoire historique à la Cour européenne des droits de l'homme, sert de point de départ à une mise en perspective et en question des politiques d'asile..."
Vendredi 26, 19h
My Neighbourhood de Judith Bacha et de Rebekah Wingert, Il/USA, 2012, 25'
- "Le jeune Mohamed, 11 ans, vit avec sa grand-mère dans Jérusalem-Est. Une loi israélienne permet aux colons juifs de jeter des familles palestiniennes à la rue et de s'approprier leur maison. Mais le jeune Mohamed rencontre aussi pour la première fois des Israéliens qui luttent pour la paix."
21h
The Argentina experiment de Yorgos Avgeropoulos, Gr, 2011, 100'
- "Dix ans après y avir tourné au plus fort d'une grave crise économique, le réalisateur grec retourne en Argentine pour y autopsier la situation économique, sociale, et politique actuelle. Les leçons de la crise ont-elles été retenues ?"
Samedi 27, 15h15
Facebook follies de Geoff D'Eon, Ca, 2011, 52'
- "Le partage d'informations privées sur des réseaux sociaux peut avoir des conséquences inattendues. Certaines personnes en ont perdu leur travail, leur conjoint, voire leur liberté. "Vous cherchez le produit sur Facebook, ne cherchez plus, vous êtes le produit !"
17h30
Crises en vues.
- "Deux courts métrages à l'initiative du Bureau International Jeunesse avec des jeunes provenant des cinq continents."
19h
Forbidden voices de Barbara Millet, Ch, 2012, 96'
- "Bravant la censure, trois femmes hors du commun se sont emparées d'Internet pour dénoncer les exactions de leur gouvernement et faire avancer la démocratie dans leur pays : Cuba, l'Iran et la Chine."
21h
Five broken cameras d'Emad Burnat et de Guy David, Pal, 2011, 90'
- "Emad vit avec sa famille dans le petit village de Bil'in, en Cisjordanie. En 2004, pour la naissance de son quatrième fils, ses amis lui offrent sa première caméra. Sept années de témoignages intenses... et cinq caméras brisées."
Le Festival des Libertés est porté par
Bruxelles Laïque asbl - deMens.nu.
Adresse : Théâtre National, Bd Emile Jacqmain 111-115, B 1000 Bruxelles.
Billetteries du Théâtre National : du mardi au samedi, de 12h à 18h.
Par téléphone : TN 32 (0)2 203 53 03.
FILMPAS à 30 Euros : Bruxelles Laïque, 32 (0)2 289 69 00.
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lundi 8 octobre 2012
P. 188. "Después de Lucia", le film
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Synopsis
- "Lucia est morte dans un accident de voiture il y a six mois ; depuis, son mari Roberto et sa fille Alejandra, tentent de surmonter ce deuil. Afin de prendre un nouveau départ, Roberto décide de s’installer à Mexico. Alejandra se retrouve, nouvelle, dans une classe. Plus jolie, plus brillante, elle est rapidement la cible d’envie et de jalousie de la part de ses camarades. Refusant d’en parler à son père, elle devient une proie, un bouc émissaire.
Michel Franco
- "Je n’ai pas étudié le cinéma à l’école, je suis un autodidacte, ma carrière dans la com et dans la pub a été cinq années de loisirs. Ça m’a permis d’avoir le matériel et le temps pour faire deux ou trois courts métrages. J’essayais des trucs, bien et moins bien, peu importe."
(Interview dans Libération, 2 octobre 2012).
- "J’ai voulu bâtir un scénario avec plusieurs couches de récit. Un scénario que l’on ne peut pas résumer en quelques mots, ce qui, à mon sens, est toujours mauvais signe. Le point de départ, c’est le deuil d’un homme et sa cohabitation silencieuse avec sa fille. Ensuite, sont apparus les thèmes du bullying et de la violence. Ce qui m’intéresse en premier lieu dans “Después de Lucia”, ce n’est pas tant le harcèlement dont est victime Alejandra que le fait qu’elle choisisse de ne pas se défendre. L’acceptation et jusqu’où l’acceptation : telles sont les questions centrales posées par le film
(…)
Dans “Después de Lucia”, il n’y a ni glorification de la violence, ni dénonciation moralisatrice, ni discours pédagogique. Je tente de montrer objectivement un processus et ses conséquences. Ma démarche est aux antipodes de la représentation pseudo-réaliste de la violence telle qu’on peut la voir quotidiennement à la télévision, sans recul ni distance et qui suscite une fascination aussi suspecte que dangereuse."
(Rue 89).
Isabelle Regnier
- "Alejandra : victime expiatoire de toutes les frustrations [qui] sont celles de la société tout entière, envisagée ici comme une cocotte minute au bord de l'explosion, tiraillée entre une modernité imposée par la mondialisation et les nouveaux moyens de communication, et la prégnance dans ce pays catholique des structures patriarcales et autoritaires."
(Le Monde, 2 octobre 2012).
Alejandra - Tessa Ia (DR).
Arnaud Schwartz
- "L’itinéraire d’Alejandra est terrible. L’issue sera tragique – quoique inattendue. Michel Franco, qui signe aussi le scénario du film, décrit avec justesse la mécanique infernale qui mène de la fragilité du deuil à une forme de mutisme, d’une douleur à une autre, du jeu pervers à l’entreprise de déshumanisation.
Le cinéaste n’a pas voulu faire du harcèlement l’unique sujet – mais plutôt le contexte – de son film. Il offre au spectateur une salutaire distance, qui évite tout voyeurisme et préserve d’une brutalité trop crue.
Très bien maîtrisé, d’une remarquable sobriété, ce film – certes éprouvant – ouvre sur un vertigineux abysse. Interprété avec force par de jeunes comédiens non professionnels (à commencer par l’actrice principale, Tessa Ia)."
(La Croix, 2 octobre 2012).
Jacques Morice
- "Il arrive que le cinéma soit un calvaire en même temps qu'une traversée palpitante. Le second long métrage de Michel Franco, cinéaste mexicain remarqué avec Daniel et Ana (2009), procure cette double sensation, avec un art très maîtrisé de la mise en scène. Un homme, qui a perdu sa femme dans un accident de voiture, tente désespérément de refaire surface. On le voit souvent allongé, le corps lourd, fatigué, déprimé. Auprès de lui, il a sa fille, Alejandra (Tessa Ia), une quinzaine d'années, visage avenant. Il semble qu'elle surmonte mieux l'épreuve. C'est presque elle qui soutient son père. Leur relation est touchante, faite de complicité et d'attention tendre — on dirait parfois un couple. Ils ont l'air de bien s'entendre. Mais se parlent-ils vraiment ?
Des cadrages à la durée des plans, du jeu des comédiens au scénario, tout est précis, dense, déroutant, mais de manière étonnamment fluide. On ne sait jamais ce que réservera la séquence suivante, le genre lui-même (une chronique, un drame, un polar ?) demeurant incertain un long moment. Ce qui est certain, en revanche, c'est la tension extrême quoique souterraine, créée par Michel Franco, de la première à la dernière minute. Une tension qui dit à la fois la souffrance, le tumulte intérieur et l'éloignement progressif. Tandis que le père s'enfonce dans la dépression, la fille, elle, subit une série d'agressions physiques et psychologiques perpétrées par des élèves de son lycée."
(Télérama).
Le cercle des agresseurs se refermant sur leur victime (DR).
Didier Péron
- "Il s’agit d’une dramaturgie tendue qui puise sa force d’attraction d’un processus inexorable. Ici, Alejandra subit brimades, insultes, gifles. Elle est de plus en plus isolée, enfermée dans sa condition de paria. Les adultes autour ne voient rien et les ados rigolards paraissent dénués de tout sens moral, de toute empathie. On a beau savoir que la réalité nous abreuve de faits divers sordides où se coalisent des individus dans le seul but de faire souffrir quelqu’un par le harcèlement moral ou sexuel, on en veut quand même au film de nous attacher à une fiction qui se nourrit de l’éclat révoltant du supplice de la jeune fille (…)
Tel quel, le film demeure étrangement opaque et persistant, une fable contemporaine qui agace les nerfs et laisse pantois grâce à un long dernier plan séquence particulièrement réaliste dans sa brutalité."
(Libération, 2 octobre 2012).
Serge Kaganski
- "Comme son aîné Pasolini, Franco (aucun lien de parenté avec le défunt caudillo) regarde la barbarie en face pour mieux nous en faire ressentir la perversité, mais en restant toujours du côté de la victime : impossible de jouir en compagnie des lycéens tortionnaires, de ne pas être révulsé par leur comportement.
(…)
Pas besoin d’aller chercher les repoussoirs nazis ou fascistes, les graines du mal sont potentiellement au bout du couloir, ou en nous.
Thème qui n’est certes pas nouveau, mais que Michel Franco traite avec clarté et frontalité, sans en rajouter dans le spectaculaire, allant jusqu’au fond de son sujet et d’un dénouement dont on ne dévoilera rien, si ce n’est qu’il nous laisse au bord d’un abîme de réflexion, sonné et songeur."
(les inRocKs, 2 octobre 2012).
Stéphane Argentin
- "Dire que Après Lucia va loin dans le registre du harcèlement (sans pour autant sombrer dans le voyeurisme) serait un doux euphémisme tant le spectateur aura littéralement envie d'exploser et / ou de se rebeller aux côtés / à la place de l'adolescente. D'autant que, pour son deuxième long-métrage, Michel Franco va jusqu'au point de non retour, ne laissant à ses protagonistes aucun échappatoire possible. C'est donc littéralement sonné que le spectateur ressort lui-aussi de ce brillant et cruel Après Lucia."
(Ecranlarge).
Romain Le Vern
- "Pour raconter cette trajectoire effrayante de beauté ruinée (une adolescente maltraitée par ses camarades de classe et son père à sa recherche pour la défendre), Michel Franco recompose un puzzle en le compliquant de différents niveaux chronologiques et propose une incroyable étude de cas sur les thèmes de la culpabilité et de la vengeance. Au-delà du sujet qui peut faire peur, "Despues de Lucia" se révèle l'alliance d'une mise en scène viscérale et d'un script raisonné. Le spectateur peut avoir la sensation d'être pris en otage et pour peu que l'on ne soit pas amateur des expériences malaisantes du réalisateur autrichien Michael Haneke ("Funny Games"), on peut trouver ça insoutenable. Pourtant, c'est du vrai et grand cinéma, pas un énième reportage racoleur sur la violence à l'école.
Tragique et puissant, "Despues de Lucia" témoigne de la vision du monde noire de son auteur et dresse un constat cruel, très contemporain (l'alienation des adolescents aux réseaux sociaux, la vindincte envers le marginal dans un groupe de monstres) qui ne sombre jamais dans la démonstration, la putasserie ou la mélodramatisation. La dernière image - terrible - prend à la gorge et hante longtemps après la projection."
(TF1 news).
Claire dans les salles obscures ? Cliquer : ICI.
jeudi 4 octobre 2012
P. 187. Le carrousel est gratuit...
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Honfleur (Ph. JEA/DR).
Mots-croisiste acharné le coucou
demanda à l’arbre dans le pré :
quel est votre nom ?
en échange je lirai votre passé
dans les génocides de votre généalogie
très combinard et trop snobinard
un parapluie phallocrate
se prenait pour un machaon
avant qu’une baleine ne l’épingle
au revers de son smoking bleu
sur l'horizon opale devenu odéon
la fanfare œcuménique du soleil
donne en la baillant belle
un concert des nations en perdition
très rares sont
les fleuves noyant des romans
les nuages souffrant de vertiges
les fourmis rouges de honte
et les carpes verbeuses
acrobate et bateleur cet ours
marche sur des oeufs
mais ne donne son spectacle
qu'en des cirques montagneux
le carrousel est gratuit
pour les chats laissés en rade
les chiens tombés d'un lit vide
les chimères en chimiothérapie
et les chevaux qui n'iront plus au bois…
Chat broyant du noir... (Ph. JEA/DR).
Si vous n'êtes pas saturé(e), d'autres poèmes sur ce blog ? Cliquer : ICI.
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Honfleur (Ph. JEA/DR).
Mots-croisiste acharné le coucou
demanda à l’arbre dans le pré :
quel est votre nom ?
en échange je lirai votre passé
dans les génocides de votre généalogie
très combinard et trop snobinard
un parapluie phallocrate
se prenait pour un machaon
avant qu’une baleine ne l’épingle
au revers de son smoking bleu
sur l'horizon opale devenu odéon
la fanfare œcuménique du soleil
donne en la baillant belle
un concert des nations en perdition
très rares sont
les fleuves noyant des romans
les nuages souffrant de vertiges
les fourmis rouges de honte
et les carpes verbeuses
acrobate et bateleur cet ours
marche sur des oeufs
mais ne donne son spectacle
qu'en des cirques montagneux
le carrousel est gratuit
pour les chats laissés en rade
les chiens tombés d'un lit vide
les chimères en chimiothérapie
et les chevaux qui n'iront plus au bois…
Chat broyant du noir... (Ph. JEA/DR).
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lundi 1 octobre 2012
P. 186. Le 1er octobre 1733 : première d'Hippolyte et Aricie de J-P Rameau
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Rameau et la partition d'Hippolyte et Aricie (Mont. JEA/DR).
David Le Marrec
- "Hippolyte & Aricie constitue le premier essai à l'opéra d'un compositeur cinquantenaire, mais disposant d'une longue carrière théâtrale à venir. Sa réputation est flatteuse dans les histoires de la musique, et souvent chez les amateurs du genre. Je me garderai bien de porter un jugement sur les goûts de ces derniers, en revanche pour ce qui est de l'histoire, c'est à tort et à raison.
Incontestablement, lorsque cette oeuvre apparaît sur la scène de l'Académie Royale de Musique, le 1er octobre 1733, elle rompt avec tout ce qui pouvait être entendu jusqu'alors. Le succès est considérable, et les remaniements par Rameau durent jusqu'en 1757, tandis que les reprises se poursuivent tout au long du XVIIIe siècle."
(Carnet sur sol, 10 juin 2012).
Pascale Besses-Boumard
- "Lorsqu'il écrit ce premier opéra, Jean-Philippe Rameau a 50 ans. Ce n'est pas faute d'avoir eu envie d'en écrire un plus tôt, mais le compositeur déjà reconnu par ses contemporains n'avait jamais réussi à trouver le librettiste idéal. Grâce à sa rencontre avec l'abbé Pellegrin, ce sera chose faite. Rencontre qui se révèlera plus que fructueuse puisque grâce à cet érudit, Rameau créera donc Hippolyte et Aricie, mais aussi Platée, les Indes Galantes ou Castor et Pollux pour ne citer que les œuvres les plus connues. Ces opéras appartiennent à la tragédie lyrique, c'est-à-dire un genre créé par Lully et Quinault qui place sur un pied d'égalité la musique, le texte et la danse (…).
L'œuvre de Rameau met en musique l'Hippolyte et Aricie d'Euripide et le Phèdre de racine, le musicien ayant choisi de mêler les deux histoires afin d'en retenir ce qui lui plaisait le plus : le côté épique du récit d'Euripide et l'aspect tragique de Phèdre. L'intrigue retrace les amours contrariés d'Hippolyte et d'Aricie par la passion coupable de Phèdre vis-à-vis de son beau-fils, Hyppolyte. Contrairement à l'œuvre racinienne, l'opéra se terminera bien, les deux tourtereaux finissant par se retrouver grâce à l'aide de la bienveillance des dieux."
(La Tribune, 19 juin 2012).
Château de Versailles Spectacles
- "En 1733, le premier opéra de Rameau transforma d'un coup le paysage musical français:
orchestration d’exception, invention mélodique de chaque instant, magnificence des voix... Une révolution musicale s’accomplit dans cette tragédie lyrique. Premier essai de Rameau dans le genre opera, premier coup de maître, révélant une oeuvre de maturité d’une grande richesse musicale, résultat de recherches menées pendant une bonne partie de la vie du compositeur. Le livret remarquable prend sa source dans la Phèdre de Jean Racine : l’histoire de Phèdre et son amour impossible pour son beau-fils Hippolyte, l’un des plus beaux thèmes du théâtre classique. Hippolyte, héros du drame, épris d’Aricie, permet au compositeur d’introduire des épisodes merveilleux : les aventures de Thésée aux enfers, l’intervention d’un monstre horrible qui vient enlever Hippolyte avant que de gracieux zéphirs ne le ramènent à Aricie dans un char céleste. Lors de la reprise de 1757, le compositeur, selon son habitude, a procédé à diverses modifications, supprimant notamment le prologue. André Campra se serait exclamé : «Il y a dans cet opéra assez de musique pour en faire dix ; cet homme nous éclipsera tous»; de fait cet opéra fut joué 123 fois entre 1733 et 1767 !"
(13 février 2012).
Benjamin François
- "Avec Hippolyte et Aricie, Rameau se situait délibérément dans une tradition qui prend sa source avec Lully, sous le règne de Louis XIV.
Mais le temps de Louis XIV n’est plus. Rameau l’a compris, et n’en a pas moins transcendé le genre de la tragédie lyrique pour l’adapter au goût du public de son époque, en lui donnant "plus de douceur, plus de sensualité, plus de grâce à l’opéra, beaucoup plus de science de l’harmonie, sans remettre en question l’univers mythologique, romanesque, baroque qui a présidé à sa création" (Philippe Beaussant)."
(le jardin des critiques, 8 janvier 2012).
André Tuboeuf
- "Derrière Hippolyte et Aricie il y a Racine : une autre dimension, malgré le happy end et mille distorsions. Et dans le livret comme dans la musique, partout la passion. Leurs airs en portent la preuve, airs caractérisés, projetés, violents, les personnages ont un accent individuel, du format et du relief. Ils appellent un chant soutenu, sur lequel il faudra bien que s’alignent les divinités secondaires, silhouettes qui interviennent çà et là (ex machina, évidemment)."
(L’œil et l’oreille).
Enregistrements de M. Minkowsky avec les Musiciens du Louvre et de la Petite Bande avec S. Kuijken (Mont. JEA/DR).
Scène première, Aricie en Chasseresse
- "Temple sacré, séjour tranquille,
Où Diane aujourd’hui doit recevoir mes vœux,
À mon cœur agité daigne servir d’asile
Contre un amour trop malheureux.
Et toi, dont malgré moi je rappelle l’image,
Cher Prince, si mes vœux ne te sont pas offerts,
Du moins, j’en apporte l’hommage
À la Déesse que tu sers.
Temple sacré, séjour tranquille,
Où Diane aujourd’hui doit recevoir mes vœux,
À mon cœur agité daigne servir d’asile
Contre un amour trop malheureux."
Fin de la Scène cinq, Aricie
- "Rossignols amoureux, répondez à nos voix ;
Par la douceur de vos ramages ,
Rendez les plus tendres hommages.
À la Divinité qui règne dans nos bois."
(Un Ballet général termine le Divertissement.)
Bruno Maury et Viet-Linh Nguyen
- "L'argument est assez complexe. Lors du prologue, Diane et l'Amour se disputent pour savoir qui régnera sur le cœur des habitants des bois. Jupiter met fin à leur querelle. L'acte I se déroule dans un temple consacré à Diane, où Aricie se prépare à présenter ses vœux. Hippolyte tente de la dissuader en lui avouant son amour. Par jalousie, Phèdre ordonne la destruction du temple, mais Diane protège les amoureux. Après que Phèdre ait laissé éclater sa rage, un messager lui apprend que son époux, Thésée, est descendu aux Enfers.
L'acte II est celui des Enfers. Thésée s'y est rendu pour secourir son ami Pirithoüs. Il doit d'abord affronter la furie Tisiphone. Il implore ensuite la clémence de Pluton et de sa cour infernale. Insensible, Pluton le condamne à partager le sort de son ami. Mais Thésée bénéficie de la protection de son père Neptune, qui a promis de l'aider à trois reprises. Mercure vient rappeler à Pluton le serment de Neptune. Avant de quitter les Enfers, les trois Parques révèlent à Thésée que son sort sur terre n'y sera pas plus heureux.
A l'acte III, Phèdre révèle à Hippolyte son amour. Celui-ci est effrayé par l'aveu de sa belle-mère, et réclame un châtiment divin. De retour des Enfers, Thésée croît son fils coupable, il demande son sang à Neptune.
L'acte IV se déroule dans un décor champêtre : Hippolyte se lamente, suivie par Aricie. Les deux jeunes gens supplient Diane de bénir leur amour. Un monstre marin surgit et engloutit Hippolyte. Phèdre, en proie aux remords, regrette sa faute.
A l'acte V, Phèdre s'est suicidée. Thésée, ayant appris l'innocence de son fils, veut aussi mettre fin à ses jours. Neptune l'en dissuade, et lui révèle qu'Hippolyte a été sauvé par Diane. Mais son père ne pourra plus le revoir. L'opéra s'achève sur l'union d'Hippolyte et Aricie, bénie par Diane."
(Muse Baroque).
Version du Concert d'Astrée sous la direction d'Emmanuelle Haïm.
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Rameau et la partition d'Hippolyte et Aricie (Mont. JEA/DR).
David Le Marrec
- "Hippolyte & Aricie constitue le premier essai à l'opéra d'un compositeur cinquantenaire, mais disposant d'une longue carrière théâtrale à venir. Sa réputation est flatteuse dans les histoires de la musique, et souvent chez les amateurs du genre. Je me garderai bien de porter un jugement sur les goûts de ces derniers, en revanche pour ce qui est de l'histoire, c'est à tort et à raison.
Incontestablement, lorsque cette oeuvre apparaît sur la scène de l'Académie Royale de Musique, le 1er octobre 1733, elle rompt avec tout ce qui pouvait être entendu jusqu'alors. Le succès est considérable, et les remaniements par Rameau durent jusqu'en 1757, tandis que les reprises se poursuivent tout au long du XVIIIe siècle."
(Carnet sur sol, 10 juin 2012).
Pascale Besses-Boumard
- "Lorsqu'il écrit ce premier opéra, Jean-Philippe Rameau a 50 ans. Ce n'est pas faute d'avoir eu envie d'en écrire un plus tôt, mais le compositeur déjà reconnu par ses contemporains n'avait jamais réussi à trouver le librettiste idéal. Grâce à sa rencontre avec l'abbé Pellegrin, ce sera chose faite. Rencontre qui se révèlera plus que fructueuse puisque grâce à cet érudit, Rameau créera donc Hippolyte et Aricie, mais aussi Platée, les Indes Galantes ou Castor et Pollux pour ne citer que les œuvres les plus connues. Ces opéras appartiennent à la tragédie lyrique, c'est-à-dire un genre créé par Lully et Quinault qui place sur un pied d'égalité la musique, le texte et la danse (…).
L'œuvre de Rameau met en musique l'Hippolyte et Aricie d'Euripide et le Phèdre de racine, le musicien ayant choisi de mêler les deux histoires afin d'en retenir ce qui lui plaisait le plus : le côté épique du récit d'Euripide et l'aspect tragique de Phèdre. L'intrigue retrace les amours contrariés d'Hippolyte et d'Aricie par la passion coupable de Phèdre vis-à-vis de son beau-fils, Hyppolyte. Contrairement à l'œuvre racinienne, l'opéra se terminera bien, les deux tourtereaux finissant par se retrouver grâce à l'aide de la bienveillance des dieux."
(La Tribune, 19 juin 2012).
Château de Versailles Spectacles
- "En 1733, le premier opéra de Rameau transforma d'un coup le paysage musical français:
orchestration d’exception, invention mélodique de chaque instant, magnificence des voix... Une révolution musicale s’accomplit dans cette tragédie lyrique. Premier essai de Rameau dans le genre opera, premier coup de maître, révélant une oeuvre de maturité d’une grande richesse musicale, résultat de recherches menées pendant une bonne partie de la vie du compositeur. Le livret remarquable prend sa source dans la Phèdre de Jean Racine : l’histoire de Phèdre et son amour impossible pour son beau-fils Hippolyte, l’un des plus beaux thèmes du théâtre classique. Hippolyte, héros du drame, épris d’Aricie, permet au compositeur d’introduire des épisodes merveilleux : les aventures de Thésée aux enfers, l’intervention d’un monstre horrible qui vient enlever Hippolyte avant que de gracieux zéphirs ne le ramènent à Aricie dans un char céleste. Lors de la reprise de 1757, le compositeur, selon son habitude, a procédé à diverses modifications, supprimant notamment le prologue. André Campra se serait exclamé : «Il y a dans cet opéra assez de musique pour en faire dix ; cet homme nous éclipsera tous»; de fait cet opéra fut joué 123 fois entre 1733 et 1767 !"
(13 février 2012).
Benjamin François
- "Avec Hippolyte et Aricie, Rameau se situait délibérément dans une tradition qui prend sa source avec Lully, sous le règne de Louis XIV.
Mais le temps de Louis XIV n’est plus. Rameau l’a compris, et n’en a pas moins transcendé le genre de la tragédie lyrique pour l’adapter au goût du public de son époque, en lui donnant "plus de douceur, plus de sensualité, plus de grâce à l’opéra, beaucoup plus de science de l’harmonie, sans remettre en question l’univers mythologique, romanesque, baroque qui a présidé à sa création" (Philippe Beaussant)."
(le jardin des critiques, 8 janvier 2012).
André Tuboeuf
- "Derrière Hippolyte et Aricie il y a Racine : une autre dimension, malgré le happy end et mille distorsions. Et dans le livret comme dans la musique, partout la passion. Leurs airs en portent la preuve, airs caractérisés, projetés, violents, les personnages ont un accent individuel, du format et du relief. Ils appellent un chant soutenu, sur lequel il faudra bien que s’alignent les divinités secondaires, silhouettes qui interviennent çà et là (ex machina, évidemment)."
(L’œil et l’oreille).
Enregistrements de M. Minkowsky avec les Musiciens du Louvre et de la Petite Bande avec S. Kuijken (Mont. JEA/DR).
Scène première, Aricie en Chasseresse
- "Temple sacré, séjour tranquille,
Où Diane aujourd’hui doit recevoir mes vœux,
À mon cœur agité daigne servir d’asile
Contre un amour trop malheureux.
Et toi, dont malgré moi je rappelle l’image,
Cher Prince, si mes vœux ne te sont pas offerts,
Du moins, j’en apporte l’hommage
À la Déesse que tu sers.
Temple sacré, séjour tranquille,
Où Diane aujourd’hui doit recevoir mes vœux,
À mon cœur agité daigne servir d’asile
Contre un amour trop malheureux."
Fin de la Scène cinq, Aricie
- "Rossignols amoureux, répondez à nos voix ;
Par la douceur de vos ramages ,
Rendez les plus tendres hommages.
À la Divinité qui règne dans nos bois."
(Un Ballet général termine le Divertissement.)
Bruno Maury et Viet-Linh Nguyen
- "L'argument est assez complexe. Lors du prologue, Diane et l'Amour se disputent pour savoir qui régnera sur le cœur des habitants des bois. Jupiter met fin à leur querelle. L'acte I se déroule dans un temple consacré à Diane, où Aricie se prépare à présenter ses vœux. Hippolyte tente de la dissuader en lui avouant son amour. Par jalousie, Phèdre ordonne la destruction du temple, mais Diane protège les amoureux. Après que Phèdre ait laissé éclater sa rage, un messager lui apprend que son époux, Thésée, est descendu aux Enfers.
L'acte II est celui des Enfers. Thésée s'y est rendu pour secourir son ami Pirithoüs. Il doit d'abord affronter la furie Tisiphone. Il implore ensuite la clémence de Pluton et de sa cour infernale. Insensible, Pluton le condamne à partager le sort de son ami. Mais Thésée bénéficie de la protection de son père Neptune, qui a promis de l'aider à trois reprises. Mercure vient rappeler à Pluton le serment de Neptune. Avant de quitter les Enfers, les trois Parques révèlent à Thésée que son sort sur terre n'y sera pas plus heureux.
A l'acte III, Phèdre révèle à Hippolyte son amour. Celui-ci est effrayé par l'aveu de sa belle-mère, et réclame un châtiment divin. De retour des Enfers, Thésée croît son fils coupable, il demande son sang à Neptune.
L'acte IV se déroule dans un décor champêtre : Hippolyte se lamente, suivie par Aricie. Les deux jeunes gens supplient Diane de bénir leur amour. Un monstre marin surgit et engloutit Hippolyte. Phèdre, en proie aux remords, regrette sa faute.
A l'acte V, Phèdre s'est suicidée. Thésée, ayant appris l'innocence de son fils, veut aussi mettre fin à ses jours. Neptune l'en dissuade, et lui révèle qu'Hippolyte a été sauvé par Diane. Mais son père ne pourra plus le revoir. L'opéra s'achève sur l'union d'Hippolyte et Aricie, bénie par Diane."
(Muse Baroque).
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