.Un premier film. Comme un feu allumé dans la neige mais qui parvient néanmoins à prendre. Tout arrive. Sans éclats de voix et dans le respect des ombres. Les séquences ? Fragiles et fécondes. A ne pas confondre avec des images d'Epinal ni avec un documentaire folklorique ni avec un tract stéréotypé. Une pure création.
"Hiver nomade" honorerait l'affiche de notre fictif Festival : "Blanches Ardennes et les 7 Neiges" ! (Cliquer : ICI).
Synopsis
- "Carole et Pascal partent pour leur transhumance hivernale avec trois ânes, quatre chiens et 800 moutons. Pour la nuit, une bâche et des peaux de bête comme seul abri. Un film d'aventure au coeur d'un territoire en mutation."
Michel Bertrou
- "Leur périple se déroule sur 600 km à travers les beaux paysages (souvent enneigés) de la Suisse romande. Quand le vaste troupeau longe une autoroute ou paît l’herbe d’une zone pavillonnaire, nous sommes pourtant loin des clichés
pastoraux.
Simple dans sa forme, le film accompagne le quotidien atypique de ce couple de bergers, dormant dehors sous une bâche près de ses animaux, quotidiennement aux prises avec les difficultés d’une vie nomade que l’évolution des territoires ne fait qu’accentuer. Le travail est rude, mais ils l’ont choisi et la satisfaction qu’ils en tirent a peu à voir avec l’argent et le confort matériel. Là est le mérite de ce documentaire qui, loin de l’évocation élégiaque d’un métier en sursis, s’attache plutôt à sa dimension de liberté. Une liberté d’aujourd’hui."
(La semaine vétérinaire, 1 février 2013).
Anne de Malleray
- "Ces deux bergers hors norme traversent des zones pavillonnaires et fascinent les habitants. Mais ils ne relèvent pas du folklore. Contrairement au documentaire Sweetgrass, sorti en 2011, qui capturait la dernière transhumance, celui-ci filme un modèle agricole en résistance, respectueux des écosystèmes et qui perdure malgré l’urbanisation qui mord sur les zones de pâturage. Rares sont ceux qui s’y destinent. Pourtant, ce film narre l’histoire d’une initiation, entre deux bergers qu’apparemment tout sépare."
(terra eco, février 2013).
Arnaud Schwartz
- "Pour Pascal, la cinquantaine, qui a appris le métier à 20 ans avec d’âpres bergers bergamasques, pour Carole qui découvre la rudesse de la vie qu’elle a décidé d’embrasser (elle est la seule femme en Europe à exercer cette activité), chaque jour est une aventure pleine de rencontres, où les déconvenues succèdent à de beaux mais rares moments d’apaisement. L’émerveillement béat de riverains très urbains s’oppose parfois à l’hostilité de paysans inquiets à l’idée que leurs terres soient foulées par la horde (…).
Nulle nostalgie antimoderne dans ce voyage-là, mais une expérience de nomadisme toute simple, riche d’enseignements et – cela ne gâche rien – souvent très drôle. Il faut courir voir Hiver nomade, et prendre son temps en revenant."
(La Croix, 5 février 2013).
Carole, originaire du Finistère, et Pascal, Corrézien (DR).
Christophe Kantcheff
- "Il n’y a rien de métaphysique ou de mystique dans le regard du cinéaste sur ses personnages (humains ou bêtes). Mais Manuel von Stürler montre que ces quatre mois de nomadisme dépassent une simple occupation de travail. C’est une expérience de vie, qui déplace les rapports avec la nature et les animaux, avec l’autre, et engage même ce qui se joue entre soi et soi. La transhumance est un rite (qui a ses rendez-vous, avec l’éleveur qui vient prélever des moutons pour les vendre, avec des amis situés sur le parcours) et en même temps une voie de ressourcement intérieur.
Quand approche la fin de la traversée, Pascal dit ne plus trouver le sommeil. Le retour proche à la vie normale est perturbant. Hiver nomade, ou le récit d’une aventure plus intense que la course du Vendée Globe."
(Politis, 7 février 2013).
Louis Séguin
- "Hiver nomade tient à la fois du Voyage d’hiver apaisé, et du Wanderer (« le voyageur », littéralement) les deux célèbres cycles de Schubert. Pascal est un berger comme on n'oserait en rêver, un berger de toujours dont le chef est recouvert d'un grand chapeau mou et dont le corps s'enveloppe dans une cape sombre. Un modèle de nomadisme romantique, convoquant le souvenir du propre à rien d'Eichendorff, de Liszt et de ses Années de pèlerinage (dont la première partie est suisse), de Caspar David Friedrich et de tant d'autres. Une puissante allégorie de la liberté naît de l'image de ces moutons non parqués dans des périmètres à rendement agroalimentaire, image assez rare pour être belle."
(TRANSFUGE, février 2013).
Laure Noualhat
- "Au fil des kilomètres, le spectateur se cale sur le rythme de la marche, écoute
les silences, savoure l'accomplissement d'une journée. Le troupeau s'amenuise.
Avec la régularité d'un métronome, le propriétaire vient prélever la commande des bouchers du coin. Ignorant leur destin, les bêtes embarquent dans la remorque, délestant d'autant la charge des bergers. On ne sait qu'une chose tout cela recommencera l'année prochaine."
(Libération, 6 février 2013).
32.000 pattes de moutons en transumance (DR).
Oscar Ranzani et Manuel von Stürler
- "O. R. : Los pastores Pascal y Carole están acostumbrados a este tipo de trabajo, pero, ¿cómo vivió usted esta experiencia? Es de suponer que debe haber sido un rodaje difícil. ¿Fue así?
– MvS. : Eso es lo interesante. Por supuesto que el rodaje fue muy difícil, pero yo quería representar la riqueza de esta dificultad y la pasión por hacer esto. Entonces, las dificultades que encontramos a lo largo del rodaje las compartimos con ellos. Por ejemplo, un día hubo una lluvia terrible con viento. Los pastores sufrieron y nosotros también, pero siempre en el contexto de querer representar esa realidad. Y eso es lo interesante en el documental."
(Página 12, 23/10/2012).
Silvia Hallensleben
- "Packesel Figaro macht irgendwann schlapp. Auch die charakterlich bewährten Leitschafe sind höchstpersönlich mit Namen bekannt.
Achthundert Schafe insgesamt hat die Herde, mit der Carole und Pascal durch die verschneite Westschweiz gen Süden ziehen. Anfangs jedenfalls, denn im späteren Verlauf der Wanderung wartet immer öfter der Transporter am Straßenrand, der die fleischigsten Tiere rechtzeitig fürs Weihnachtdinner zum Schlachthof bringt. Pascal ist ein altgedienter Lohnschäfer, die junge Carole Novizin im Gewerbe. Die Arbeit ist entbehrungsreich und schwer, von der bukolischen Entspannung, die Städter gerne aufs Hirtenleben projizieren, gibt es
hier kaum eine Spur: Schnell muss man auch sein, um die hungrige Herde am Abnagen landwirtschaftlich verwertbarer Grünflächen zu hindern. So ist die sogenannte Transhumanz ein feiner Indikator für die Veränderungen, denen Landschaften, Wirtschafts- und Lebensweisen unterworfen sind. Nach Erich Langjahrs „Hirtenreise ins dritte Jahrtausend“ vor zehn Jahren und dem US-amerikanischenSchafswestern „Sweetgrass“ 2009 ist Manuel von Stürlers „Hiver nomade“ ein neues rund erzähltes Exemplar des Genre Schafsfilm und sinnlich erfahrbare topografische Bestandsaufnahme einer Schweiz, deren ländliche Regionen längst von den Autobahnen und Industrievorstädten geprägt sind. Sie liefern hier den Hintergrundsound."
(der tagesspiegel.de, 10/02/2013).
Jay Wessberg
- "When tradition-minded Eguisier and Noblanc set out in November, they're faced with unusually heavy snowdrifts on top of the ever-increasing problem of diminishing open pasture. There's something incongruous about seeing such a large flock crossing a highway overpass, the sound of rushing traffic below, before they arrive at fields where the shepherds set up sleeping tents each night. What's so unusual is that Eguisier and Noblanc don't come from shepherd families, but chose this profession; Noblanc's independent streak adds an extra layer to the journey. Visuals don't skimp on the adorable."
(Variety, 12/02/2013).
.


