MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

jeudi 17 janvier 2013

P. 216. 17 janvier 1734 : naissance de F-J Gossec


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Si la photographie avait déjà été inventée... F-J Gossec (Graph. JEA/DR).

François-Joseph Gossec.
Né à Vergnies, le 17 janvier 1734 — mort à Passy, le 16 février 1829.
Son nom de famille se prête à moultes variétés orthographiques : Gaussé, Gossé, Gossée, Gossei, Gossey ou encore Gossez.

Présenté par la Médiathèque de Belgique :

- "Musicien wallon, François-Joseph Gossec se forme dans les maîtrises de la Collégiale de Walcourt et de la Cathédrale d’Anvers avant de gagner Paris où il se fait rapidement connaître. En 1760, il compose son Grand Requiem, dont l’influence sera non négligeable sur certaines œuvres sacrées de Mozart, mais aussi de Schubert. Ce Requiem sera par ailleurs exécuté lors des funérailles de Grétry."

Et par l’Orchestre Philarmonique Royal de Liège :

- "François-Joseph Gossec, compositeur hennuyer, est le protégé de Rameau. Directeur de l’Opéra de Paris, Gossec est aussi un révolutionnaire convaincu et un amoureux des grandes masses orchestrales qui ouvre la voie à Berlioz."

François-Joseph Fétis :


- "Gossec est un exemple remarquable de ce que peuvent produire le travail et l’étude. Fils d'un laboureur, dénué des avantages de la fortune et du secours des maîtres, il s'est formé seul, et s'est acheminé vers une route pure et classique, dont il semblait devoir être écarté par tout ce qui l'environnait. Placé dans une école imbue des préjugés les plus nuisibles, il a su se préserver de ses erreurs, et a jeté les bases de la splendeur où la musique française est parvenue. L'étude des modèles classiques et je ne sais quel pressentiment de la science, qui en est le génie, lui avaient fait devancer l’époque où cette science devait s'organiser et prendre de la consistance en France ; et lorsque les circonstances vinrent seconder ses vœux et ses efforts, on le vit, bravant les atteintes de l’âge, prodiguer à une jeunesse studieuse l'instruction qu'il ne devait qu'à lui-même, et qui était le fruit d'un travail constant."
(Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique,
Paris, Firmin Didot, t. IV, 1866, pp. 60-63).


Jeton pour "Le Concert des amateurs", créé en 1769 par Gossec. Entre deux lyres, le symbole du flambeau illustre la devise : "Le même feu les anime" (Graph. JEA/DR).

Henri Radiguer

- "En 1789, Gossec avait acquis, par ses œuvres et par son zèle artistique, assez de gloire pour immortaliser son nom et mériter l'admiration reconnaissante des musiciens. Il avait ouvert la voie à ses successeurs, en donnant les premiers modèles de symphonie, en créant des concerts, en développant l'orchestre par l'introduction des clarinettes, des cors, des trombones à l'opéra, par la recherche d'effets, comme le chœur invisible de l'oratorio la Nativité, chantant dans la coupole, qu'on retrouve dans Parsifal de Richard Wagner, comme l'orchestre de trompettes, cors, trombones, clarinettes et bassons, placé dans une tribune élevée et répondant pour le « Tuba mirum » de la Messe des Morts, à l'orchestre occupant la place habituelle, exemple dont s'inspireront Lesueur et Berlioz.
On a oublié ses symphonies depuis Haydn, ses opéras depuis le triomphe de ceux de Gluck, la Messe des Morts, depuis le Requiem de Mozart, et toutes ses initiatives depuis les heureuses imitations qui en furent faites. Mais il reste à Gossec une gloire qui n'a point été éclipsée : celle d'avoir été le plus grand musicien de la Révolution."
(La musique française de 1789 à 1815, Librairie Delagrave, Paris, 1931).

Marie-Claire Lemoigne-Mussat

- "Par sa production symphonique, son rôle dans l'élargissement de l'orchestre et la constitution d'ensembles d'instruments à vent, son goût pour les effets de spatialisation du son, Gossec a exercé une grand influence sur le développement de la musique instrumentale en France. Beethoven l'a admiré. Berlioz sera son héritier."
(Dictionnaire Napoléon, p. 811).

Stéphane Guy

- "Joseph Gossec est né sous Louis XV et mort sous Charles X, fondateur du Conservatoire de Paris avec André-Modeste Grétry, et compositeur ayant connu quatre rois, la tourmente révolutionnaire, le Directoire, le Consulat et l’Empire, favorable aux idées nouvelles et contraint à la retraite lors de la seconde Restauration. On se souvient à peine de sa Missa Pro Defunctis (1760), qui annonce pourtant le Requiem (1791) de Mozart, dont il fut un proche.
(…) Son oeuvre constitue un rare témoignage musical de l’époque révolutionnaire et d’une période charnière entre classicisme et romantisme français; au surplus, elle est remarquablement bien écrite."
(ConcertoNet, 28 février 2010).


Un Requiem composé à l'âge de... 25 ans ! (DR).

Claude Role

- "Gossec passe pour le tenant parisien de cette nouveauté qu’est l’orchestre, dont les profondes mutations en cours tendent à l’établissement définitif de celui connu à partir du XIXe siècle. Effectivement, l'un des premiers en France, il en
accroît les pupitres (surtout les vents), utilisant les ressources nouvelles
d’une palette orchestrale élargie dont la Messe des Morts sera l’aboutissement provisoire. Composée vers 1758-1760 par un Gossec à peine âgé de vingt-cinq ans, exécutée pour la première fois en mai 1760, elle constitue un indéniable chef-d’oeuvre dont Mozart, à Vienne, chez le baron Van Swieten (vers 1781), aura certainement en main la partition gravée par souscription. Dès 1760 paraît cette oeuvre originale dont les échos semblent se retrouver beaucoup plus tardivement dans les Requiem de Berlioz et de Verdi."
(Une biographie de Gossec, Philidor).

Bruno Bouckaert

- "Datée de 1760 et exécutée à maintes cérémonies funèbres de grands hommes de l'époque (notamment aux obsèques du compositeur André-Ernest-Modeste Grétry en 1813), la "Grande Messe des Morts" fut particulièrement célèbre en ces temps révolutionnaires.
L'on y ressent les derniers feux du Baroque tardif ainsi que l'influence du motet versaillais, vivifiée par une sensibilité novatrice, annonçant un romantisme dont Gossec, disparu en sa vénérable quatre-vingt quinzième année, connut d'ailleurs les prémices.
Plus encore que par sa force ou sa ferveur, cette Missa pro Defunctis se caractérise par ses élégants contrepoints, son imagination (le chromatisme harmonique de la fugue « Lux perpetua ») et sa poésie touchante.
Le « Tuba mirum » recourt à un groupe instrumental (clarinettes, trompettes, cors, bassons) jouant à distance : un effet de spatialisation dont se souviendra Berlioz dans son propre Requiem".
(Blog musique.arabe, 11 janvier 2009).

Gossec, préface de la partition gravée de la Messe des Morts, dédicace à ses mécènes :

- "Des encouragements que vous donnez aux musiciens, le plus puissant, je ne crains pas de le dire, est la noble distinction avec laquelle vous les traitez. Élever l'âme des artistes, c'est travailler à l'agrandissement des arts. Voilà ce que n'ont jamais senti ceux qui usurpent le titre de protecteurs, plus soigneux de l'acheter que de le mériter."
(1780).




I. Introduzione ; II. Introitus ; III. Te decet hymnus ; IV. Exaudi ; V. Requiem aeternam ; VI. Fuga Lux perpetua ; VII. Dies Irae ; VIII. Tuba mirum ; IX. Mors stupebit ; X. Quid sum Miser ; XI. Recordare ; XII. Inter Oves ; XIII. Confutatis ; XIV. Oro supplex ; XV. Lacrimosa ; XVI. Judicandus ; XVII. Pie Jesu ; XVIII. Vado et non revertar ; XIX. Spera in Deo ; XX. Cedant ; XXI. Sanctus ; XXII. Pie Jesu ; XXIII. Agnus Dei ; XXIV. Requiem aeternam.