MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

jeudi 4 juillet 2013

P. 245. Au panier, les crabes...



Cioran : "Lorsqu'on abuse de la tristesse, d'homme on se retrouve poète."


(Ph. JEA/DR).

Pour débuter la sixième cure
s’asseoir au bord d’un paysage vide
refuser de choisir entre midi et minuit
et ne pas confondre les sens uniques
avec des sorties de secours

se révolter
quand la plupart des pouparts
rongent la lune jusqu’à l’os
assèchent les sources solubles et
encerclent le passé avec leurs barbelés

apaiser la tristesse systématique
des prairies imprévisibles
aggraver les histoires de cœur
gravées sur des bancs publics
et par solidarité trembler avec les silences

qui regrettera le nacre du printemps ?
qui détournera les tirs sauvages
de plans sur la comète ?
qui sèmera à la folie
des herbes érudites ?

les passants perdent leur mémoire
goutte à goutte
l’horizon cherche le dernier des mots justes
les nuages ont trop de plomb dans l’aile mais
le musée des illusions recrute des guides...

.

26 commentaires:

  1. Entre midi et minuit, votre poésie, celle de la révolte et de la vie, de la fleur et de la solidarité.
    Et toutes ces voiles...un vent doux et constant vous/ nous porte, s’écartent les nuages.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. un nuage se surpasse
      en chaise roulante

      Supprimer
  2. ferme et beau poème...
    et belle conclusion, faute de mieux, que le musée des illusions

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. en Avignon : le festival des illusions... avec votre blog comme guide

      Supprimer
  3. voyage en bouteille? Poème de révolte? Gardons mémoire!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. les nuages lèvent le poing très loin
      et ressortent leurs mythiques drapeaux noirs
      leurs chiffons autrefois rouges
      pour manifester sur les grèves d'un fleuve complice...

      Supprimer
    2. les chiffons autrefois rouges, je risque de les voir sortis : nous partons demain pour la Grèce nous avons entendu leurs manifs au premier mai il y a quelques temps. Enfin, c'est un peu théorique parce qu'on se passerait des grèves pendant les vacances

      Supprimer
    3. flash back avant que ne décolle votre avion : octobre 1974, les colonels viennent enfin de battre en retraite, premier concert de la liberté avec Theodorakis et Maria Farantouri :
      http://www.youtube.com/watch?v=NLgerQJo7zM

      Supprimer
  4. Goutte à goutte
    métronome implacable
    glace déformante
    ou ...
    miroitement du rêve
    couleurs fugaces
    cris des enfants
    ...
    un instant
    immobile

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cioran :
      - "Chacun expie son premier instant..."

      NB : Christophe, cette citation fut une première fois proposée en réponse à ton commentaire. Puis disparition. Bizarre !!! Ces joyeux drilles de blogspot avaient déplacés ma réponse pour l'interner dans... les spams.

      Supprimer
  5. Bon courage JEA
    Je pense à vous.
    Malgré les éléments force 6 et le gros temps, je vous souhaite l'embellie, la fleur au fusil, celui qui sert à dégommer les nuages.
    Ah! Il valait mieux avoir l'opéra de Gluck en point de mire et surfer sur la musique.
    Donnez des nouvelles de temps en temps.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. promis, même si les nouvelles ne le sont pas vraiment...

      Supprimer
  6. C'est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau
    Hissez haut Santiano
    Dix-huit noeuds quatre cents tonneaux
    Je suis fier d'y être matelot
    (...)
    Tiens bon la vague et tiens bon le vent
    Hissez haut, Santiano !
    Sur la mer qui fait le gros dos,
    Nous irons jusqu'à San Francisco !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. autre trois mâts : la Cauhtémoc, toutes voiles enceintes du vent, les cales gorgées de tonneaux de bordeaux, obligeant même les ponts à se lever pour le saluer et dont Maïté/Aliénor a surpris l'évasion vers le large si grand :
      http://www.eclats-de-mots.fr/2013/07/03/la-fete-du-fleuve-et-le-depart-du-cauhtemoc-fin/

      Supprimer
    2. Merci pour le lien, JEA.
      Merci pour tout.

      Supprimer
  7. Alors comment trouver une issue de secours avec tous ces sens uniques ? suivre le guide ?...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. par exemple grâce à un tapis volant, garanti non polluant, ami des oiseaux migrateurs, ne fondant pas au soleil...

      Supprimer
  8. Ce bateau élégant trace sa voie sur une mer couleur d'espérance et ses multiples voiles se gonflent de courage. Etre homme avant d'être poète !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. évidemment, en reprenant la citation de Cioran, je lis "homme" au sens d'espèce humaine et non de "vir" excluant machistement les femmes...

      Supprimer
    2. C'est bien ce que j'avais compris et par solidarité, je tremble avec les silences et les bruits...

      Supprimer
  9. triste et beau, que dire de plus ? Je m'en vais aller suivre le guide.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Amos Oz :
      - "La souffrance est une île de certitude dans un océan d'incertitude..."

      Supprimer
  10. Un navire n'est que s'il vogue vers. Vers où n'intéresse que ses passagers. Vogue, Jean-Emile, vogue et vogue. C'est tout.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés dans la mesure où les spams ne sont pas vraiment les bienvenus (ils ne prennent pas de vacances)